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Le démonstrateur du nouveau système de propulsion vélique pour grands navires développé par les Chantiers de l’Atlantique est désormais complet. Après l’achèvement de l’assemblage de la mâture AeolDrive à la fin de l’été, la voile rigide SolidSail a été hissée sur le mât de 37 mètres de haut, a constaté Mer et Marine.

 

Diaporama orphelin : container

 

Implanté sur un site d’essais aménagé sur la base vie des chantiers nazairiens, au bord de l’estuaire de la Loire, ce démonstrateur est pour mémoire constitué d’une mâture avec une base et un balestron en acier, ainsi qu’un mât en carbone de 37 mètres de haut, supportant une voile de 550 m².

L’objectif est maintenant de tester en conditions réelles de vent, notamment durant la rude période hivernale, ce concept de mât orientable et rétractable équipé d’une voile rigide sous forme de panneaux repliables les uns sur les autres. Le retour d’expérience permettra de valider le design et d’optimiser le système final, qui verra ensuite la réalisation d’un prototype à l’échelle 1. Ce dernier doit être érigé sur la même base en 2022, avec un mât culminant à 95 mètres de haut et supportant une voile SolidSail de 1200 m².

 

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© CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE

Le démonstrateur qui est en train de voir le jour (© CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

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© CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE

Le prototype final attendu en 2022 (© CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

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© CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE

Le gréement pourra s'incliner à 70° (© CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

 

Pour mener à bien ce programme, les Chantiers de l’Atlantique travaillent en partenariat avec différentes sociétés du monde de la voile, y compris pour la production du gréement. Ainsi, alors que les pièces métalliques ont été fabriquées à Saint-Nazaire, la réalisation du mât en carbone a été confiée à un consortium d’entreprises bretonnes comprenant Lorima, Multiplast, CDK technologies, SMM Technologies et Avel Robotics, qui fournira également les panneaux rectangulaires en composite constituant la voile rigide Solid Sail, également développée par les Chantiers de l’Atlantique. Une dizaine d'autres entreprises sont impliquées, comme Wichard, en charge de systèmes permettant la manœuvre des voiles du gréement (rails, chariots de grand-voile et de foc enrouleurs de foc et diverses pièces d’accastillage).

Cette solution de mât à balestron capable de pivoter à 360 degrés et de s’incliner à 70 degrés pour permettre aux navires qui en seront équipés de passer sous les ponts, a pour but de réduire sensiblement la consommation en carburant. Le constructeur nazairien vise d’abord, avec cette technologie, le marché des paquebots à voiles de 200 à 250 mètres. Il a pour cela développé Silenseas, une gamme de navires spécialement conçus pour intégrer le concept AeolDrive/Solid Sail ainsi que des carburants plus respectueux de l’environnement. L’un d’eux, long de 210 mètres pour une largeur de 25, une jauge de 23.000 GT et 150 cabines passagers, est par exemple équipé de trois mâts supportant 4350 m² de voilure pour un tirant d’air de 103 mètres. Le prototype qui va voir le jour au bord de l’estuaire de la Loire sera représentatif des mâts devant équiper un tel bateau.

Les Chantiers de l’Atlantique, qui sont en discussions avec des armateurs, dont MSC Cruises, espèrent voir le premier Silenseas naviguer à partir de 2025. Mais le constructeur vise aussi avec son concept de propulsion vélique d’autres marchés, comme celui des navires de charge.

- Voir notre article détaillé sur AeolDrive et Solid Sail

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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