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Implanté à Boulogne, Etaples, Calais et Saint-Malo, Socarenam connait actuellement une activité soutenue, notamment dans le secteur militaire. Alors que la construction des six nouveaux patrouilleurs d’outre-mer (POM) de la Marine nationale monte en puissance, avec l’arrivée à Boulogne, pour armement, de la coque du premier de la série produite à Saint-Malo, le chantier boulonnais va mettre à l’eau, mi-novembre, les trois nouvelles vedettes côtières de surveillance maritime (VCSM) de la Gendarmerie maritime. Des unités de 22 mètres qui seront livrées au printemps 2022.

 

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© PIERRE DELION ARCHITECTURE

Les futures VCSM de la Gendarmerie maritime (© PIERRE DELION ARCHITECTURE - SOCARENAM)

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© MAURIC / SOCARENAM

Les futurs POM de la Marine nationale (© MAURIC - SOCARENAM)

 

A Saint-Malo, en plus des coques des POM (qui doivent être livrés entre 2023 et 2025), le site breton du groupe travaille aussi sur le programme des nouveaux engins de débarquement amphibie standards (EDA-S). Des unités de 28.8 mètres appelées à remplacer les chalands de transport de matériel (CTM) de la marine française. Les deux premiers EDA-S, qui font office de prototypes, ont rejoint Toulon cet été et ont réalisé depuis de multiples essais : enradiages sur porte-hélicoptères amphibie (PHA), opérations d’embarquement et débarquement dans un port, plageages…

 

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© GIORGIO ARRA

L'un des deux premiers EDA-S en essais à Toulon en septembre (© GIORGIO ARRA)

 

Des tests réalisés avec les principaux véhicules de l’armée de Terre, dont le char Leclerc et les nouveaux engins du programme Scorpion (Griffon, Jaguar, Serval). Ces prototypes, en phase de qualification, seront bientôt livrés. A l’issue du retour d’expérience des campagnes d’essais et d’éventuelles modifications à apporter, la production en série doit débuter en 2022. En tout, quatorze EDA-S doivent être construits d’ici 2025 afin de renouveler la batellerie des trois PHA du type Misral basés à Toulon et les moyens amphibies stationnés à Djibouti, Mayotte, Nouméa, Fort-de-France et Dégrad-des-Cannes en Guyane.

 

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© SOCARENAM / ARCHI DELION

Les futures vedettes de la police fédérale belge (© PIERRE DELION ARCHITECTURE - SOCARENAM)

 

Patrouilleur et vedettes pour la Pologne et la Belgique

Alors que Socarenam espère participer au programme des futurs patrouilleurs océaniques (PO) français, le groupe a aussi remporté de beaux succès à l’export. Etaples et Boulogne produisent ainsi cinq vedettes de 16 mètres pour la police fédérale belge. Et puis il y a bien sûr le patrouilleur hauturier de 70 mètres commandé pour les garde-côtes polonais. Sa coque, produite en Pologne afin de générer de la charge de travail dans le pays, arrivera à Boulogne en février pour être achevée, en vue d’une livraison fin 2022.

 

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© SOCARENAM / MAURIC

Le futur patrouilleur polonais (© MAURIC - SOCARENAM)

 

Ralentissement du marché de la pêche suite au Brexit

Au final, le segment des navires militaires et de sécurité soutient largement, actuellement, le plan de charge de l’entreprise qui, pour autant, n’a pas l’intention de délaisser le marché civil. « C’est vrai que les bateaux gris prennent de la place en ce moment mais on ne s’arrête pas au militaire. C’est le contexte aujourd’hui qui fait que l’on accroche surtout du miliaire. La pêche, qui est notre secteur d’activité historique, est un marché clairement plus calme actuellement, du fait notamment des incertitudes liées au Brexit qui engendrent un temps d’arrêt dans les investissements des armements, qui ont moins de perspectives », explique à Mer et Marine Mathieu Gobert, chargé d’affaires chez Socarenam. Le dernier chalutier mis à l’eau à Boulogne fut en juin dernier le Daniel Auguste II, bateau de 15 mètres commandé par l’armement Dieppe Marée.

Des opportunités avec la nécessaire transition écologique du secteur maritime

En attendant des jours meilleurs à la pêche, et parallèlement au marché actif du militaire, Socarenam mise aussi sur la transition écologique du secteur maritime, qui va imposer la construction de navires de nouvelle génération plus respectueux de l’environnement. Dans ce domaine, la livraison en 2020 de la drague L’Ostrea, premier navire doté d’une propulsion fonctionnant au gaz naturel liquéfié (GNL) sorti d’un chantier naval français, a marqué une étape importante. « L’Ostrea a créé une référence très importante depuis que nous avons commencé à diversifier l’activité. Ce qui fait monter en gamme, ce sont les références et là nous en avons une très belle en matière de propulsion innovante et décarbonnée. Elle nous permet de bénéficier d’une image, d’une capacité technique et d’une expertise dont on se sert pour travailler sur de nouveaux projets et pour aborder d’autres marchés. Nous ne nous intéressons en effet pas seulement au GNL, mais aussi à d’autres types de propulsion, comme l’hydrogène ou autres ».

 

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© FABIEN MONTREUIL

La drague GNL L'Ostrea (© FABIEN MONTREUIL)

 

Conversion du nouveau patrouilleur des Affaires maritimes

En plus des constructions neuves, Socarenam est toujours bien présent sur le marché de la réparation navale et des refits. Le chantier Boulogne travaille par exemple en ce moment sur la conversion en patrouilleur du Jeanne Barret (ex-Aquarius G), ex-navire de support aux opérations sismiques acquis par les Affaires maritimes pour renouveler ses moyens sur la façade Manche – mer du Nord. Il sera livré courant novembre.

 

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© MICHEL PLAYOUT

Le Jeanne Barret peu après son arrivée à Boulogne pour conversion (© MICHEL PLAYOUT)

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© MICHEL PLAYOUT

Le Jeanne Barret peu après son arrivée à Boulogne pour conversion (© MICHEL PLAYOUT)

 

Une entreprise qui embauche

Fort d’un beau plan de charge, Socarenam emploie aujourd’hui 250 salariés et continue d’embaucher, pour les métiers de production notamment, mais aussi en ingénierie. « Plusieurs ingénieurs nous ont récemment rejoint et globalement les recrutements se poursuivent même si nous rencontrons toujours des difficultés pour embaucher, comme tout le monde dans le secteur d’ailleurs ». La navale, comme de nombreuses industries françaises, rencontre en effet des difficultés persistantes pour trouver des personnels qualifiés. Mathieu Gobert note cependant que de grands programmes comme les patrouilleurs d’outre-mer de la Marine nationale constituent un certain levier : « Ces contrats prestigieux incitent de jeunes ingénieurs à nous rejoindre. Pour la production, nous continuons les formations internes. Nous avons actuellement une vingtaine d’apprentis, ce qui est important au regard de nos effectifs globaux, mais ça ne suffit pas à répondre aux besoins. Nous avons donc embauché une responsable RH pour trouver des solutions en local et plus largement nous réfléchissons avec d’autres chantiers ainsi que le GICAN (groupement des industries de construction et activités navales, ndlr) pour réalimenter en forces vives les métiers sous tension ».

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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