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Une paix des braves ou, tout du moins, un pacte de non-agression. C’est ce que semblent avoir conclu après des années de relations difficiles CMN et, via Kership, Piriou et DCNS. En compétition pour la reprise du chantier STX Lorient, situé au Rohu, sur la commune de Lanester, les deux sociétés ont annoncé hier qu’elles s’étaient entendues pour travailler ensemble, quel que soit le vainqueur. « Après une discussion ouverte, les deux directions sont arrivées à la conclusion que l’accentuation d'échanges et de coopérations ciblées pourrait être bénéfique pour chacune d'elles ainsi que pour l'ensemble de la filière navale française. A l'issue de cette réunion de travail, CMN et Kership ont décidé de maintenir leurs offres en l'état et que, dès que l'une d'elles aura été retenue, un accord d'utilisation partagée des capacités industrielles du site du Rohu sera mis en place », ont expliqué dans un communiqué commun Pierre Balmer et Patrick de Leffe, présidents de CMN et Kership (filiale à 55% de Piriou et à 45% de DCNS).   

Laurent Castaing doit se prononcer demain

Une initiative qui évite une surenchère entre candidats à la reprise de STX Lorient. Et qui est intervenue à l'avant veille du Comité d’entreprise extraordinaire convoqué demain matin au Rohu. Laurent Castaing, directeur général de STX France, annoncera à cette occasion sa décision de vendre ou non le site et, si oui, à qui.

Faire cohabiter deux modèles industriels très différents

Si le Rohu est cédé, il conviendra ensuite de voir comment Kership et CMN pourraient s’organiser pour faire cohabiter leurs projets, ce qui ne serait pas forcément simple puisque chacun a affiché une vision différente de l’utilisation du site. Le premier compte se servir de STX Lanester comme atelier complémentaire aux moyens de Piriou et DCNS à Concarneau et Lorient. Il s’agirait notamment d’y réaliser des blocs destinés aux second, troisième et quatrième bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH) commandés par la Marine nationale, mais aussi la coque du nouveau ferry de l’île de Groix et de futurs contrats à l’export, comme un bâtiment hydro-océanographique en discussion avec le Maroc. De plus, DCNS s’est engagé à apporter via son établissement de Lorient au moins 50.000 heures de travail par an.

CMN, de son côté, a une autre approche. Le constructeur normand souhaite en effet refaire du Rohu un véritable chantier, capable de produire des bateaux complets. L’industriel, qui compte avec Lorient compléter son outil industriel à Cherbourg, souhaite notamment y faire construire des corvettes de plus de 70 mètres. Alors que STX emploie actuellement sur place 42 personnes, la CGT est depuis le début favorable au projet de CMN, qui prévoit plus d’embauches et le retour à un chantier tel qu’il était avant sa transformation en 2015 en simple atelier travaillant au profit de Saint-Nazaire.

Plus de charge et des relations pacifiées entre industriels ? 

Le rapprochement de CMN et Kership sur ce dossier offre néanmoins l’avantage de multiplier les sources potentielles d’activité du Rohu, qui pourrait alors tourner rapidement à plein régime. Et il faut aussi probablement voir, dans l’annonce d’hier, un signal d’apaisement envoyé par les candidats aux politiques. Avec en toile de fond, peut être, la fin de certaines luttes fratricides et le début de relations pacifiées entre industriels. 

 

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