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Le projet s’appelle ZEST, comme Zero Emission & Safe Transfer. Porté par un consortium français réunissant l’armement Louis Dreyfus Armateurs (LDA), le cabinet d’architecture Mauric, l’électricien Barillec, mais aussi le spécialiste des foils SEAir et la start-up spécialisée dans la propulsion ADV Propulse, il vise à développer un navire de transport de personnel (crew tranfer vessel – CTV) de nouvelle génération qui « tende vers le "zéro émission" », indiquent les partenaires. Ils promettent que le projet générera « plusieurs dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaires » et créera près d’une centaine d’emplois d’ici 2030 pour la filière maritime française.

Les études de conception du navire et des briques technologiques nécessaires sont lancées, en parallèle d’une étude technico-économique. Celles-ci terminées, un démonstrateur pourrait être construit pour le tester pendant 6 mois afin de valider le concept. Toutefois, le projet en est encore à ses tout débuts et le consortium, qui aimerait construire une unité de l’ordre de 30 mètres d’ici 2025, n'a pas encore réalisé de basic design, ni déterminé la solution retenue pour fournir l’énergie nécessaire à la propulsion sans émettre de gaz à effets de serre.

Foils et propulseurs trochoïdaux

Les partenaires ont cependant annoncé plusieurs innovations qui permettront de réduire la consommation et donc les émissions. A commencer par un système de foils qui sera conçu par SEAir. Il permettra d’améliorer la tenue à la mer ainsi que le confort de l’équipage et des techniciens se rendant sur les parcs éoliens puisque le bateau ne tapera plus dans la houle et le clapot. Mais, surtout, les foils diminueront la surface mouillée du navire en marche et donc sa consommation et ses émissions. « Comme un bateau pousse beaucoup de mètres cubes d’eau, ce qui consomme de l’énergie, l’idée est d’élever la carène », explique à Mer et Marine Richard Forrest, cofondateur de la start-up lorientaise SEAir, qui est « de plus en plus sollicitée sur des unités de 20-30 mètres ».

Autre particularité, le navire aura des propulseurs trochoïdaux à axe vertical développés par ADV Propulse, un bureau d’études girondin. Le mouvement des pales verticales de ce système évoque celui des nageoires caudales des poissons, tout en le combinant avec la rotation d’un tambour. Comparé aux hélices classiques, il réduit les bruits sous-marins, et améliore l’efficacité énergétique ainsi que la manoeuvrabilité, selon ADV Propulse.

Par ailleurs le futur CTV intégrera des systèmes de management des consommations énergétiques, de monitoring des vagues et de détection d’objets flottants (l’accent a été mis sur la tenue à la mer et la sécurité), voire de positionnement dynamique si besoin. Enfin, il intégrera le cycle de vie du navire en utilisant des matériaux composites recyclables, alors que l’impact environnemental est une préoccupation des développeurs des projets éoliens offshore.

Des CTV Mauric pour LDA

Il y a un an, LDA, associé à la société britannique Tidal Transit, avait commandé ses deux premiers CTV au chantier vendéen Ocea après avoir décroché l’appel d’offres de de General Electric pour la mise à disposition de moyens nautiques destinés à la maintenance des éoliennes offshore du futur parc de Saint-Nazaire. Un troisième a été commandé depuis. Actuellement en construction, leur conception avait déjà été confiée au bureau d'architecture navale Mauric. Ces navires longs de 26.7 mètres pour une largeur de 9.4 mètres et un tirant d’eau de 1.8 mètres, pouvant embarquer 24 techniciens, ont une coque « semi-SWATH » conçue pour accroître la tenue à la mer et faciliter le transfert, ainsi qu’un plan porteur T-Foil pour réduire la consommation en carburant.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

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