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10ème jour de blocage pour les terminaux de Fos et Lavéra

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10ème jour de blocage pour les terminaux de Fos et Lavéra

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Le conflit aux terminaux pétroliers du Grand Port Maritime de Marseille entre dans sa 10ème journée. Hier encore, les négociations n'ont pas abouti avec la CGT, qui dénonce la création par le GPMM d'une filiale pour les activités pétrolières. Lundi, la direction du port a indiqué que toutes les garanties avaient été données aux personnels, insistant sur le fait que ladite filiale, créée dans le cadre de loi portant réforme des anciens ports autonomes, serait majoritairement détenue par le GPMM (à 60%). Mais rien n'y a fait et le trafic est resté paralysé, hier encore, sur les terminaux de Fos et Lavéra. On comptait, dans la journée, pas moins de 44 navires en attente, dont 30 pétroliers, 8 méthaniers et 4 chimiquiers.
Le terminal marchandises de Fos et les bassins de Marseille. Conséquence directe de ce mouvement : les stocks des dépôts de carburant s'épuisent. La Corse, ravitaillée d'habitude depuis Marseille, se trouve même dans une situation très délicate. Chargé de ravitailler les dépôts de l'île, un navire affrété a été envoyé en Sardaigne pour remplir ses soutes. Mais les mauvaises conditions météorologiques ont retardé le chargement. Du coup, le bateau, initialement attendu aujourd'hui, ne devrait pas arriver en Corse avant demain soir.

« Si on veut tuer le port de Marseille, on ne s'y prendra pas autrement »

Hier, à l'assemblée nationale, le secrétaire d'Etat aux Transports a déploré cette situation. « Si on veut tuer le port de Marseille, on ne s'y prendra pas autrement », a estimé Dominique Bussereau. Selon lui : « Ce qui se passe à Marseille actuellement se fait naturellement au bénéfice des ports italiens, espagnols, marocains, et la perte de trafic à Marseille est grave pour toute l'économie de notre pays et l'économie de Marseille en particulier ». Pas question pour autant, selon le secrétaire d'Etat, de revenir sur la réforme portuaire. « La réforme des ports a été votée par le parlement. Elle s'applique et elle s'appliquera », a-t-il dit. Si le conflit s'éternise, le gouvernement pourrait néanmoins se retrouver confronté à des problèmes d'approvisionnement en carburant. L'Union française des industries pétrolières estime entre 2 et 3 semaines le délai durant lequel les stocks sont suffisants pour éviter la pénurie. On redoute toutefois en hauts lieux que la situation ne s'aggrave si les personnels des raffineries se décidaient à rejoindre le mouvement. Transporteurs, logisticiens, armateurs, organisations comme le Cluster Maritime Français... Face à cette situation, les professionnels, très inquiets des conséquences économiques de la grève, appellent à un dénouement rapide du conflit.

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