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Construction Navale

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20 entreprises ligériennes prêtes à entrer au capital des chantiers nazairiens

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Dans le cadre des évolutions à venir dans le capital de STX France, 20 entreprises sous-traitantes des chantiers de Saint-Nazaire ont confirmé leur volonté de prendre une participation. Cette opportunité est née lors des négociations entre la France et l’Italie autour du rachat des 66.66% détenus depuis 2008 par le groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding. Une petite partie du capital doit être ouverte aux salariés (jusqu’à 2.4%) et aux entreprises cotraitantes (1.5%).

Le 22 mai, vingt PME et ETI (*), pour la plupart membres du réseau Neopolia, ont concrétisé leur engagement en ce sens avec la création d’une société commune, COFIPME. Cette SAS au capital de 1.9 million d’euros est désormais prête à investir pour acquérir 1.5% de STX France. « Nous sommes prêts à finaliser notre voeux dès que l’État Français concrétisera le rachat des Chantiers de l’Atlantique.

Cet engagement effectif illustre plus que tout discours la volonté de consolider à long terme notre engagement pour contribuer à assurer le développement et la performance des Chantiers de l’Atlantique. Il traduit aussi une volonté de renforcer la performance du tissu économique de notre région, pérenniser les emplois du bassin, et assurer le développement durable de l’activité navale et des énergies maritimes renouvelables. Cet engagement souligne aussi notre confiance dans le management des Chantiers » précise Bruno Hug de Larauze, Président de COFIPME.

Cette annonce intervient au moment où l’Agence des Participations de l’Etat s’apprête à acquérir les 66.66% détenus par STX O&S. Une opération qui doit être conclue d’ici le 30 juin, date butoir fixée par la justice à Séoul, chargée de vendre les actifs du groupe sud-coréen, démantelé en raison de ses dettes abyssales.

Normalement, l’Etat doit ensuite revendre 50% des parts à Fincantieri, porté sa participation (actuellement de 33.34%) à 34.34%, et prêter 1% au groupe public italien pour lui permettre d’avoir le contrôle opérationnel de l’entreprise. En dehors des salariés et des entreprises sous-traitantes, le reste du capital doit être vendu à Naval Group.

Des accords ont été conclus en ce sens entre la France et l’Italie en septembre 2017. Le SPA (Share Purchase Agreement) portant sur le rachat des parts de STX O&S par la France a bien été signé début février et, dans la foulée, l’APE a paraphé avec Fincantieri le contrat de cession des parts revenant au groupe italien. Mais ces contrats ne sont pas entrés en vigueur. 

Pour cela, il fallait notamment attendre le feu vert de l’Europe ainsi que l'avis de commissions nationales indépendantes en France et en Allemagne, pays concernés par cette consolidation. Alors que rien n’a été officialisé de ce point de vue, et que dans le même temps le projet d’alliance entre Naval Group et Fincantieri dans le militaire rencontre des difficultés et de sérieuses oppositions, les relations entre Paris et Rome se sont brusquement envenimées, en particulier cette semaine sur la question des migrants.

Au point que le rapprochement des activités navales des deux pays, qui passait pour acquis il y a encore quelques mois, semble aujourd’hui très incertain. Quoiqu'il arrive, l'Etat pourra toujours rester, un certain temps au moins, actionnaire à 100% des chantiers nazairiens, pour lesquels il n'y a aucune urgence, le carnet de commandes étant plein jusqu'en 2026. 

(*) Aris Services, Bretagne Oxy Coupage, Agencement Paul Champs, Charier, SMRSA, Consilio, Europe Technologies, Gestal, IDEA Groupe, MAPAC Panel, Marper, Mecachrome Atlantique, Mecasoud, Media6, Navtis, Ocea, PMO, SCTMI, Socomore, Videlio HMS.

 

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)