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22 millions d'euros pour les criées de Concarneau et du Guilvinec
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22 millions d'euros pour les criées de Concarneau et du Guilvinec

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22 millions d'euros… C’est le coût total d’un vaste projet de restructuration porté par le Syndicat mixte Ports de pêche et plaisance de Cornouaille, la CCI Métropolitaine Bretagne Ouest, et la Région, qui a été dévoilé mercredi soir. « Il s’agit là des deux projets majeurs pour les années à venir dans les ports de Cornouaille, pour ce qui est la première place de pêche fraîche en France », a souligné Michaël Quernez, le président du syndicat mixte.

Dans les deux cas, tant au Guilvinec qu’à Concarneau, certains objectifs sont communs. Comme l’adaptation de l’outil aux besoins et aux quantités de poissons débarquées et vendues, la mise en valeur du produit (avec notamment un gros travail sur la chaîne du froid, la vente et l’expédition), et la volonté d’améliorer les conditions de travail de tous les professionnels, ainsi que de prendre en compte certains enjeux environnementaux. Avec, sur les deux bâtiments, la nécessité de les adapter à ces nouveaux process, et un rattrapage dans le retard pris en matière d’entretien.

Concarneau, criée côtière

Reste que pour chacune des criées, la problématique est différente. Ainsi, à Concarneau, cette restructuration s’effectue dans un contexte de baisse énorme des tonnages. « Cette criée a été dimensionnée pour un maximum de 30 000 à 32 000 tonnes de poissons traités. Actuellement, c’est plutôt 6 000 tonnes », a ainsi rappelé Yves Simon, directeur adjoint du Syndicat mixte, rappelant la disparition de la pêche hauturière à Concarneau.

Prenant acte de la vocation côtière de cette criée (dont 50 % de l’activité est consacrée au poisson bleu et à la flottille de bolincheurs), les différents acteurs ont entrepris de ne plus consacrer que 11 000 m² de surface à cette activité, les 4 000 m² restants étant libérés pour d’autres projets non définis. Là, pêche côtière et bolinche seront cloisonnées.

Pour la première, un nouveau process sera mis en œuvre, que ce soit pour la préparation, la pesée et la vente, avec notamment un gros travail d’automatisation. Un renforcement de la production de froid, avec un glaçage automatisé bac par bac, est également programmé.

Pour le process, le montant des travaux s’élève à près de 4,4 millions d'euros HT, auxquels il convient d’ajouter 7,7 millions d'eurospour l’adaptation du gros œuvre. Les chantiers devraient commencer en 2020 et prendre fin en 2023, pour les ultimes travaux de voirie.

Le Guilvinec, criée hauturière et côtière

Au Guilvinec, l’esprit est identique, mais le contexte est différent. « Là, on est à 18 000 tonnes, a expliqué Christophe Hamel, le directeur des criées de Cornouaille à la CCIMBO. On a une pêche à 75 % hauturière, et à 25 % côtière, avec des horaires de ventes différents. Mais nos objectifs sont les mêmes qu’à Concarneau ». Côté froid, automatisation et process, les travaux seront comparables.

Quelques spécificités propres au port bigouden sont prises en compte, toutefois. Comme la nécessité de moderniser la gare de marée, du fait de la hausse du trafic par l’apport de poisson par camion ; celle de prendre en compte le tourisme industriel, avec un cheminement spécifique ; ou bien encore un espace plus contraint qu’à Concarneau, qui va obliger à construire une petite extension technique de 300 m².

Le financement est ici estimé à 5,6 milllions d'euros pour le process (CCI), et 4,2 millions d'euros pour le gros œuvre (Syndicat mixte). Au Guilvinec, le chantier pourrait commencer en octobre 2019 (pour le froid et l’isolation), et se poursuivre en mars 2020 pour le process.

Système de vente revu dans tous les ports

À noter que des projets complémentaires sont également programmés : le puçage des bacs, et une modernisation du système de vente, qui sera totalement revu et informatisé, dans l’ensemble des ports de Cornouaille.

Un investissement supplémentaire d’1 million d'euros. « Des projets qui sont tous interdépendants et globalement cohérents », a précisé Philippe Le Carre, le directeur des ports de Cornouaille.

Un article de la rédaction du Télégramme

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