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75 millions de vêtements chinois bloqués dans les ports européens

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75 millions de vêtements chinois bloqués dans les ports européens

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Le blocus des produits textiles en provenance de Chine. C’est ce qu’a décidé Bruxelles après que les quotas imposés pour 2005 à certains vêtements « Made in China » aient été dépassés. Résultat : 58,6 millions de pull-overs, 16,5 millions de pantalons et plus de 270.000 chemises sont bloqués dans les ports de l’Union Européenne, selon les chiffres communiqués aujourd’hui par le ministère du Commerce extérieur. Rien qu'à Anvers et au Havre, pas moins de 4000 conteneurs seraient en attente. Pour la France, ce sont un million de produits textiles (pour une valeur de 5 à 6 millions d’euros) qui patientent sur les quais avant leur passage en douane.
Cette décision brutale de l’Europe, plutôt habituée à ménager la Chine, intervient après la signature en juin dernier d’un accord avec Pékin, destiné à limiter l’importation de textile chinois. La mesure avait été arrachée après une violente vague de protestation des professionnels européens du vêtement qui dénonçaient le raz de marée de la concurrence chinoise après la suppression des derniers quotas internationaux sur le textile, le 1er janvier 2005. Selon les chiffres de la Commission européenne qui enverra demain une équipe d’experts en Asie, les exportations textiles de la Chine vers les pays de l’Union ont augmenté de 130% au premier semestre par rapport à la même période en 2004. Hier, le gouvernement français reconnaissait que les vêtements chinois représenteraient un tiers du marché européen d’ici 2007, soit une augmentation de 19%.

Relèvement des quotas ou réexpédition ?

Le devenir des millions de pantalons, pull-overs et autres chemises dépendra de la décision de Bruxelles de relever, ou non, les quotas inscrits dans l’accord signé en juin avec la Chine. Plusieurs pays européens, soutenus par les grandes marques de distribution qui ont commandé ces produits , ont déjà fait une demande en ce sens. Dans le cas contraire, la marchandise sera réexpédiée en Chine, avec les coûts que l’on imagine pour les importateurs qui doivent déjà faire face, en attendant, à l’immobilisation des conteneurs. Ces derniers sont gardés dans des entrepôts agréés par les Douanes. En cas d’embouteillage ou d’impossibilité de les débarquer, les affréteurs doivent s’acquitter d’une indemnité de retard quotidienne auprès des propriétaires des navires. Le coût de stationnement d’un conteneur standard dans un port français est, quant à lui, estimé à au moins 500 euros par jour.

Port du Havre