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Aber-Wrac'h : L'épave de Stamm récupérée

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Aber-Wrac'h : L'épave de Stamm récupérée

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Spectaculaire et rare opération de remorquage, samedi 11 janvier,  au large de l'Aber- Wrac'h, dans le Finistère. L'équipe de la SNSM locale et le staff de Bernard Stamm ont réussi le rapatriement risqué de l'épave de Cheminées Poujoulat. Retour sur une journée stressante.
 
 
Souvenez-vous : le 23 décembre dernier, Bernard Stamm et son coéquipier Damien Guillou frôlent la correctionnelle en pleine tempête Dirk. À 180 milles à l'ouest de Brest, le 60 pieds du skipper suisse se brise. Les deux hommes sont sauvés in extremis par un cargo norvégien. Mais « Cheminées Poujoulat » disparaît sous la mer en furie... jusqu'à ce vendredi 10 janvier où la coque cassée en deux est repérée par un avion des douanes à environ 20 milles de l'Ile Vierge, au large de Plouguerneau (29). L'épave a dérivé de 100 nautiques en quelque vingt jours ! La Préfecture maritime demande alors à Stamm de la récupérer car elle met en danger la navigation en mer. S'il n'intervient pas, c'est la Marine nationale qui y va et qui envoie la note.
 
 
L'épave vite repérée
 
 
Mais,samedi, après 18 h 30, les autorités étaient rassurées. En effet, à cette heure, la demi-coque de « Cheminées Poujoulat » et son étrave disloquée entrent dans le chenal de l'Aber-Wrac'h pour une mise en sécurité. Ceci sous les yeux éberlués des habitants témoins de l'épilogue d'une journée riche en émotions.
Car tout a commencé très tôt hier matin. Aux aurores, Stamm accompagné de Philippe Legros et Ewen Le Clech ont rejoint les gars du « Présidents Joseph Oulhen » de la SNSM sur les quais de l'Aber-Wrac'h. 
Parti à 7 h 15, le canot a rejoint l'épave du 60 pieds à 8 h 50. « Nous avons vite repéré l'épave grâce à la balise mise en place par la Marine », expliquait Frédéric Poullain, l'un des sauveteurs. Une remorque de 200 m a été installée et le convoi s'ébranlait à 10 h. Peu avant 17 h, il se signalait alors qu'il passait le Libenter, la bouée cardinale indiquant l'entrée de l'Aber-Wrac'h. Deux canots gonflables venaient en renfort, tandis que la remorque était raccourcie à 100 m, puis 50 m. Un passage délicat avec des hauts fonds était franchi sans encombre, avec un léger frottement et Philippe et Ewen montaient alors sur l'épave pour organiser l'amarrage provisoire du bateau.
 
 
« C'est terrible de voir ça »
 
 
« C'est triste d'aller chercher un bateau dans cet état-là. Chaque pièce le composant a été façonnée à main d'homme. On ne sait pas ce qu'il reste en dessous. Ce bateau était un vrai coffre-fort, l'un des plus solides des 60 pieds ! Il va falloir qu'on comprenne ! », lançait Ewen. Mais l'émotion avait une toute autre dimension pour Catherine, l'épouse de Bernard Stamm. « C'est terrible de voir ça, je n'ai pas voulu que nos filles viennent. Heureusement, cela finit bien. Il fallait éliminer ce danger pour la navigation. Ça va être compliqué pour Bernard de porter un autre projet tant qu'il ne connaîtra pas la cause. Est-ce que la fibre a cassé ? Il est important de connaître l'origine de ce naufrage ».Aujourd'hui, une première analyse va être faite. Stamm va plonger pour découvrir ce qui reste en dessous. Puis, en début de semaine, selon le diagnostic, une évacuation sera organisée. Quant aux sauveteurs, si la journée a été longue, ils éprouvaient la satisfaction d'avoir mené à bien leur mission de remorquage. Un remorquage qui a dû se faire à très faible allure, « deux-trois noeuds, pas plus, pour éviter toute casse supplémentaire », indiquaient les autorités maritimes.Pour parer à tout besoin de soutien au « Présidents Joseph Oulhen » de la SNSM de l'Aber-Wrac'h et aux unités du staff de Stamm, la Marine nationale avait également mis en alerte l'Argonaute, bâtiment de soutien qui est resté, hier, dans la rade de Brest, prêt à intervenir.
 
 
Un article de Daniel Dagorn avec Pascal Bodéré, de la rédaction du Télégramme
 
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