Défense
Able UK commence la découpe de l'ex-porte-avions Clemenceau

Actualité

Able UK commence la découpe de l'ex-porte-avions Clemenceau

Défense

La société britannique Able UK a débuté cette semaine la découpe de la coque de l'ex-porte-avions Clemenceau. Remorqué depuis Brest, le Q790 a rejoint en février dernier le Teesside Environmental Reclamation and Recycling Centre (TERRC), à Hartlepool, au nord-est de l'Angleterre. Le site a été spécialement aménagé pour le démantèlement des navires. Il dispose d'une immense darse, l'une des plus grandes du monde, longue de 360 mètres pour une largeur de 290 mètres. D'une profondeur de 15 mètres, ce gigantesque bassin s'étale sur une superficie de 10 hectares. Creusée dans les années 70 pour pouvoir accueillir des plateformes offshores, la darse a fait l'objet d'un important chantier et d'un assèchement progressif ces derniers mois. Désormais à sec, elle accueille non seulement l'ex-Clemenceau, mais aussi quatre anciens bâtiments logistiques de l'US Navy, ainsi que deux bateaux britanniques désarmés.

La moitié des déchets amiantés extraits

Depuis 9 mois, Able UK a mené d'importants travaux sur la coque de l'ex-Clemenceau. Les matériaux amiantés situés dans les locaux accessibles ont été retirés, de même que de nombreux équipements, comme les câbles électriques. Selon la société britannique, 55% de l'amiante contenue dans l'ancien porte-avions a été extraite. Le reste du désamiantage, qui concerne des parties ne pouvant être atteinte sans découper la tôle, va être mené au fil de la déconstruction de la coque. Pour l'heure, les déchets amiantés sont stockés à bord, dans des locaux protégés. Ils seront ultérieurement transférés vers le centre d'enfouissement situé à proximité du chantier. Ce n'est qu'au moment de leur retraitement que la quantité exacte de matériaux amianté pourra, d'ailleurs, être connue. Selon Able UK, la fin du chantier de déconstruction interviendra à l'été 2010.

Un chantier sous étroite surveillance

Si le Q790 est maintenant en Grande-Bretagne, les autorités françaises suivent de près son démantèlement. Ce dernier, notamment au niveau des déchets toxiques, fait l'objet d'une surveillance très stricte, la marine ayant d'ailleurs imposé une traçabilité complète de tous les matériaux quittant le bord. En plus du service de contrôle d'Able UK, l'agence de l'environnement britannique surveille le chantier, de même que les ingénieurs de la Marine nationale et le Bureau Veritas (qui a réalisé à Brest la cartographie des matériaux toxiques de la coque). Marins et experts du BV réalisent des contrôles plusieurs fois par mois. « Pour le moment, cela se passe bien. La priorité absolue est la qualité et le suivi du processus industriels. Le cahier des charges est extrêmement précis et couvre notamment la sécurité des travailleurs, la protection de l'environnement et la traçabilité des déchets. L'Etat français étant propriétaire de la coque jusqu'à la fin du démantèlement, nous contrôlons avec une minutie extrême le suivi et le processus industriels », explique-t-on à l'état-major de la Marine nationale.
Dans un souci de transparence, les associations brestoises, notamment de défense de l'environnement, se rendront d'ailleurs au TERRC à la fin du mois pour visiter le chantier (dans le cadre du Comité local d'information).

Marine nationale | Toute l’actualité de la marine française