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ACE : une navigation scientifique internationale autour de l'Antarctique

1ÈRE NAVIGATION INTERNATIONALE AUTOUR DE L’ANTARCTIQUE LORS D’UNE MÊME MISSION

L’Institut polaire suisse pilote une grande expédition scientifique qui est partie le 20 décembre d’Afrique du sud afin de mesurer et quantifier l’impact des changements climatiques et de la pollution dans l’océan Austral. Le bateau russe, l’Akademik Treshnikov dédié à la recherche, est parti d’Allemagne, et a débarqué une cinquantaine d’étudiants qui ont participés durant le voyage à une université océanographique pour se préparer à reprendre la mer quelques jours après. Avec un objectif d’une toute autre envergure : faire le tour de l’Antarctique pour effectuer des recherches sur les effets du changement climatique et de la pollution dans l’océan Austral. Ce projet de très grande envergure baptisé ACE (Antarctic Circumnavigation Expedition) va permettre à quelques 55 scientifiques venus du monde entier de mener leurs travaux durant les trois mois de l’expédition. 

EN QUOI CONSISTE LE PROJET ?

22 projets ont été retenus émanant d’équipes suisses bien sûr, mais également britanniques, australiennes, françaises, russes ou canadiennes. Dans des domaines très variés : le lien océan-atmosphère, les espèces virales que l’on peut trouver dans ces eaux froides, le problème des microplastiques qui flottent dans les colonnes d’eau, le comptage des baleines, le cycle du carbone, l’étude de l’habitat des albatros... En ce qui concerne l’IUEM, il s’agit d’un projet franco-américain (Univ de Duke et LabexMER-IUEM) sur le phytoplancton comme régulateur du climat. Cinq scientifiques monteront à tour de rôle à bord du navire océanographique pour y effectuer leurs recherches.

NICOLAS CASSAR INITIATEUR DU PROJET

Le leader du projet est Nicolas Cassar. L’objectif est de travailler sur le rôle des microorganismes marins dans la régulation du climat et la séquestration du carbone. L’idée est de coupler deux méthodes de pointe : d’une part une méthode analytique de chimie (utilisation d’un spectromètre de masse pour mesurer l’export net de carbone, afin de savoir à quel endroit les microorganismes stockent du carbone (activité de photosynthèse) et à quel endroit ils relâchent du CO2 dans l’atmosphère et d’autre part, la génomique environnementale basée sur le séquençage de l’ADN pour étudier les communautés planctoniques. Nicolas Cassar et Yajuan Lin s’occupent de la partie mesure d’activité et Loïs Maignien de l’aspect génomique et bioinformatique.

A QUOI CA SERT ?

L’Océan Austral stocke actuellement 40% du stockage océanique de CO2 anthropogénique et participe donc fortement à la régulation du climat. L’objectif principal est de comprendre quels sont les microorganismes marins qui interviennent dans cette activité de fixation ou d’export du CO2, et leur écologie. Par ailleurs, cet Océan est en évolution rapide avec le changement du climat. Nous avons donc besoin d’un état de référence pour suivre l’évolution de ce système complexe dans les prochaines années. Avec, ces données, nous pourrons affiner les modèles de fonctionnement de cet écosystème et les modèles d’évolution du climat. Pour la 1ère fois, cet océan peu connu va fournir une sorte d’Atlas biologique et génomique des microorganismes marins dans l’océan Austral.

Communiqué de l'IUEM, 6/02/2017