Marine Marchande
Achevé par la tempête, le vraquier Ice Prince coule entre Cherbourg et Portland

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Achevé par la tempête, le vraquier Ice Prince coule entre Cherbourg et Portland

Marine Marchande

Désemparé depuis dimanche soir suite à une avarie totale de propulsion, le vraquier grec Ice Prince a finalement coulé hier matin, à mi-chemin entre Cherbourg et Portland. La position de l'épave est délicate, le navire ayant sombré dans l'axe du dispositif de séparation du trafic des Casquets. En raison des très mauvaises conditions météorologiques et de la gîte de 45 degrés prise lundi par le cargo, aucune opération de remorquage n'a pu être entreprise. L'envoi d'une équipe à bord, via hélitreuillage, afin d'évaluer la situation du bateau et de passer la remorque a, en effet, été jugée trop dangereuse. L'Abeille Liberté, dépêchée sur zone par la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, n'a pu qu'assister aux derniers instants de l'Ice Prince, dont l'étrave a disparu sous les flots vers 11H30. Le navire se trouvant dans la zone de responsabilité britannique, les opérations de sauvetage ont été coordonnées par la Maritime and Coast Guard Agency. Après avoir évacué dimanche les 20 membres d'équipage du vraquier, la MCGA a dépêché l'Anglian Earl, qui est arrivé sur place hier. Avec la Liberté, ce remorqueur est, pour le moment, chargé de baliser la zone et d'assurer la sécurité du plan d'eau. Située à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest du cap de la Hague, l'épave ne repose, en effet, que par 55 mètres de fond. Son mât et ses superstructures se trouvent, par conséquent, relativement proches de la surface, présentant un danger pour les nombreux bateaux de commerce navigant dans ce secteur.

423 tonnes de fuel lourd et plus de 5000 tonnes de bois scié

Si l'Ice Prince, construit en 1990, n'était pas une unité gigantesque, avec une longueur de 130 mètres et un port en lourd de 6467 tonnes, il présente quand même un danger potentiel pour l'environnement. Ses soutes renferment 423 tonnes de fuel lourd et 120 tonnes de gasoil. Si ce dernier de dissout bien dans l'eau de mer, le fuel lourd est un polluant nettement plus nocif et difficile à éliminer. Afin de déterminer la marche à suivre pour traiter l'épave, une réunion s'est tenue hier entre les autorités britanniques, les représentants de l'armateur grec (Elmar Shipping) et la société de sauvetage SMIT. Pour l'heure, aucune pollution n'aurait été constatée, notamment lors du vol de reconnaissance effectué hier par un hélicoptère Dauphin de la Marine nationale. « Nous ne sommes pas encore dans une situation ou le Manche Plan (plan de lutte contre la pollution, ndlr) pourrait être déclenché. L'épave ne présente pas de danger dans l'immédiat pour le littoral français », indiquait-t-on hier soir à Cherbourg. Des calculs de dérive du fuel de propulsion et du bois de charpente, qui constituait la cargaison, ont été cependant lancés à partir des prévisions de Météo France. Le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord a, dans le même temps, mis le bâtiment anti-pollution Argonaute à disposition des Britanniques. Basé à Brest, le navire est paré à appareiller.
Le Centre Régional Opérationnel de Secours et de Sauvetage (CROSS) diffuse, de son côté, des mises en garde aux bateaux croisant dans la zone du naufrage. Les navires sont invités à passer plus au sud. En dehors de la présence de l'épave, qui pourrait constituer un écueil, la cargaison de l'Ice Prince s'est, également, partiellement dispersée en mer. Composé de 5258 tonnes de bois de charpente, le chargement était en partie entreposé sur le pont du vraquier. En tout, quelques 1200 tonnes seraient tombées à la mer et, hier en fin de matinée, des planches de bois flottaient autour de la position de l'épave.

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