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Activité perturbée dans les établissements de DCNS

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Activité perturbée dans les établissements de DCNS

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Blocages de coupées, débrayages, manifestations... L'activité est perturbée depuis deux semaines dans les établissements de DCNS, où les personnels protestent contre les propositions de la direction sur les augmentations salariales pour 2011. L'intersyndicale réclame une revalorisation des chiffres avancés dans le cadre de la Négociation Anuelle Obligatoire (NAO). Pour l'heure, la direction reste inflexible sur ses propositions : 2% pour les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise (OETAM) et 2.35% pour les cadres. « C'est nettement inférieur à la NAO de 2010, sur laquelle il y avait eu un désaccord mais avec laquelle, à périmètre égal, les OETAM avaient eu une augmentation globale de 2.6% et les cadres une revalorisation de 2.1 à 2.6%. Nous considérons les propositions de la direction injustes. D'abord, parce que l'inflation a doublé entre 2009 et 2010 et, ensuite, parce que les résultats de DCNS ont été encore meilleurs en 2010 que l'année précédente. Or, ces résultats sont obtenus grâce au travail des personnels auxquels il est demandé toujours plus avec de moins en moins de reconnaissance », affirme un responsable syndical. A titre de protestation, dans certains ateliers, les tableaux de suivi des gains de productivité ont été recouverts de tracts syndicaux. Tout un symbole dans une société où la vie sociale était devenue plutôt calme ces dernières années.

Des actions qui menacent le bon déroulement des programmes

Loin de faiblir, le bras de fer devrait reprendre de la vigueur cette semaine, différentes actions étant prévues dans les établissements. A Brest, notamment, les accès au bassin 8, qui accueille le sous-marin nucléaire lanceur d'engins Le Vigilant, actuellement en refonte, ont été à plusieurs reprises bloqués. A Lorient, c'est l'accès aux frégates multi-missions qui est perturbé, au point que certaines inquiétudes commencent à émerger sur le respect du calendrier pour les premiers essais en mer de l'Aquitaine, tête de série du programme FREMM. « Nous sommes dans l'impasse et il faut sortir de cette situation. Les gens sont très en colère car la direction n'a pas vraiment ouvert de négociations. Les discussions ont à peine duré quatre heures ! », lâche un délégué du personnel, très remonté. Aujourd'hui, les administrateurs salariés enverront une lettre aux autres administrateurs du groupe naval, dans laquelle ils posent comme préalable, pour leur participation au Conseil d'administration prévu le 23 février, l'ouverture de « véritables négociations».
La CFDT, la CGT, l'UNSA et la CFE-CGC ont, par ailleurs, appelés ce même jour à une « grande journée d'action nationale ».

Disparités salariales

Les syndicats sont d'autant plus en colère qu'ils estiment que les disparités salariales d'accentuent au sein de DCNS. « La pression sur la masse salariale est importante et nous avons l'impression qu'on la fait payer aux salariés les plus modestes. Nous constatons des disparités alors qu'auparavant, les pourcentages globaux étaient identiques entre les cadres et les autres personnels », estime-t-on à la CFDT. Du côté de l'UNSA, qui s'est livré à une étude des chiffres du Comité Central de l'Unité Économique et Sociale (CCUES), on accuse la direction de « favoriser l'évolution de salaires des cadres dirigeants et de maintenir l'austérité salariale pour les autres personnels ». Selon l'UNSA : « En trois ans, le nombre de cadres dirigeants a augmenté de 33%. Ils sont aujourd'hui environ 170 et leur masse salariale globale a augmenté de 60% sur la même période. Le montant des primes versées aux cadres dirigeants a été multiplié par 10 entre 2005 et 2009, soit de 275.000 euros à 2.8 millions d'euros ; alors que pour 2011, le montant des mesures NAO proposées par la direction équivaut à 13 millions d'euros pour tous les salariés ».
Pour mémoire, les salariés sous conventions collective, qui dépendent de la NAO, représentent désormais plus de 50% (soit environ 7000 personnes) des effectifs dans anciens arsenaux, transformés en société de droit privé en 2003. La question des salaires est également posée pour les ouvriers d'Etat, le gouvernement ayant décidé fin 2010 du gel de leurs salaires. Pour tenter de remédier à cette situation, la direction a proposé pour cette catégorie de personnels une prime d'intéressement supplémentaire de 200 euros, contre 500 à 600 euros réclamés par les syndicats.

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