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Aéronautique navale : Les Nord 262 seront retirés du service à l'été 2009

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Aéronautique navale : Les Nord 262 seront retirés du service à l'été 2009

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C'est ce qu'on appelle pudiquement, dans le jargon militaire, une « rupture capacitaire temporaire ». Au 31 juillet 2009, la Marine nationale sera contrainte de retirer du service ses vénérables Nord 262 E, prévus initialement pour voler jusqu'en 2011. Au nombre de 10, tous basés à Nîmes-Garons au sein de la 28 F, ces avions servent à la surveillance maritime des approches méditerranéennes. Ils interviennent notamment dans la lutte contre l'immigration clandestine, le narcotrafic ou la pollution, ainsi qu'en soutien des opérations de sauvetage en mer. Mais les Nord 262 servent aussi à l'entrainement des élèves de l'Ecole du Personnel Volant, implantée à Nîmes. Mécaniciens, détecteurs, navigateurs, radios, ainsi que les jeunes pilotes, passent à bord de ces machines pour se former. En raison du potentiel désormais limité de la flottille 28 F, les Nord 262 n'assureront d'ailleurs plus, à partir du 1er janvier 2009, que cette mission de formation. Faute de moyens propres, la marine sous-traitera, à partir de l'été, la formation du personnel volant à la société nîmoise Avdef, qui l'assurera à bord de ses avions civils sur une période de deux ans renouvelables.
Il reste néanmoins à traiter le problème du trou capacitaire engendré par le retrait des Nord 262 en matière de surveillance maritime. Initialement, les appareils devaient être remplacés, en même temps que les Gardian basés outre-mer et, à terme, les Falcon 50 M, par un nouvel avion. Mais ce projet, baptisé AVSIMAR (avion de surveillance et d'intervention maritime) et espéré pour 2014, n'a pas été inscrit à la nouvelle loi de programmation militaire. En clair, la marine ne peut guère espérer un successeur avant la fin de la prochaine décennie, à la fois pour les 10 Nord 262, mais aussi pour les 5 Gardian, dont le programme d'entretien s'arrête en 2015.

Nord 262  (© : MARINE NATIONALE)
Nord 262 (© : MARINE NATIONALE)

Une solution intermédiaire est donc à l'étude. La Marine nationale a, ainsi, fait part de son souhait de pouvoir récupérer les 5 Falcon de la République. Ces appareils, qui servent au transport des personnages officiels, devraient en effet être prochainement remplacés. S'ils sont versés à l'aéronautique navale, quelques modifications seront nécessaires, comme par exemple la mise en place d'un système de déploiement de chaînes SAR pour le sauvetage en mer, un radar, une boule FLIR et une capacité de transmission d'images par le réseau satellitaire Inmarsat. Aucune décision n'a, pour le moment, été prise et, si acquisition des Falcon de la République il y a, l'ensemble des équipements dont sont actuellement dotés les Falcon 50 M ne seront peut être pas installés, par souci d'économie.
Un solution d'appoint est, en tous cas, vivement souhaitée. Dans l'attente de nouveaux avions, les marins craignent en effet de devoir mobiliser plus que de raison les avions de patrouille maritime Atlantique 2 pour de « simples » missions de surveillance. Or, ces appareils, peu nombreux et nettement plus onéreux, sont avant tout conçus pour la détection et la lutte anti-sous-marine, ainsi que la lutte antinavire. Leur mission prioritaire est sûreté des approches maritimes et des zones de transit des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE). Augmenter leur temps affecté à la surveillance maritime pourrait donc poser un sérieux problème, d'autant que les ATL2 sont également sollicités en Afrique. Ils y assurent notamment, depuis Djibouti, des opérations de surveillance au nord de l'océan Indien et une fonction de PC volant, de reconnaissance et de désignation d'objectif au profit de l'armée de l'Air et des troupes terrestres.

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