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Aéronavale : Une nouvelle commande de Rafale attendue en 2008/2009

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Aéronavale : Une nouvelle commande de Rafale attendue en 2008/2009

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Après trois commandes de 13, 48 et 59 avions de combat, l'armée de l'Air et la marine attendent, fin 2008 ou début 2009, une nouvelle notification pour une soixantaine de Rafale. A terme, 294 de ces appareils polyvalents doivent être livrés par Dassault Aviation, dont 234 à l'armée de l'Air. Cette flotte est à comparer aux 687 avions en ligne, dans les armées, en 1995. Le programme sera, néanmoins, scruté à la loupe dans le cadre du futur Livre Blanc sur la Défense. La quatrième commande doit, en effet, être intégrée à la prochaine loi de programmation (2008/2013). Elle prendra le relais, à partir de 2012, des deux précédents contrats, le premier étant en cours de livraison. Le prix d'un Rafale étant estimé à 50 millions d'euros, le ministère de la Défense devra donc trouver quelques 3 milliards d'euros pour financer ce noouveau lot. Il y a quelques années, une première coupe avait été opérée pour l'aéronavale, por laquelle une version biplace navalisée avait été abandonnée. Le futur parc aérien de la marine avait été ramené de 86 à 60 Rafale. Bien que réduites de plus de 20% par rapport aux plans initiaux, les flottilles de chasses devraient, avec 60 appareils, être en mesure d'équiper en permanence au moins l'un des deux porte-avions dont le pays doit être doté en 2014. Le Charles de Gaulle n'embarquera que 24 à 25 Rafale et le second porte-avions (dont le coût est évalué entre 2.5 et 3 milliards d'euros) 32 avions de ce type. Toutefois, les indisponibilités pour maintenance et pannes, l'entraînement des pilotes et les pertes prévisionnelles sur 30 ans de service imposent de prévoir une capacité près de deux fois supérieure au nombre de machines devant être projetées.
Le Rafale Marine a été déployé pour la première fois au large de l'Afghanistan, en 2001. A ce jour, 14 avions sont en service, le M14 ayant été livré par Dassault en juin. Les quatre derniers sont au standard F2, c'est-à-dire capables de mener à la fois des missions d'interception en vol comme des attaques au sol. Dans cette configuration, le baptême du feu du Rafale Marine est intervenu au printemps, lorsqu'une bombe a été tirée sur les talibans par un appareil ayant décollé du Charles de Gaulle. Le soixantième Rafale Marine devrait rejoindre la base de Landivisiau à l'horizon 2016. Les premiers exemplaires seront progressivement mis à niveau du standard F3, capable notamment de tirer des missiles Exocet AM39, Scalp EG et ASMP-A.

Un programme à 25 milliards d'euros et 1000 entreprises en jeu

Aventure technologique française, le Rafale a été accusé, à plusieurs reprises, d'être un gouffre financier pour le contribuable. Sur près de trente ans, le programme devrait coûter aux alentours de 25 milliards d'euros dont, selon Dassault, un peu plus de 7 milliards pour les études et le développement : « C'est à comparer aux 21 milliards d'euros que coûtera le développement de l'Eurofighter ou encore aux 100 millions de dollars annoncés pour le prix d'un JSF, soit deux fois plus que le prix de vente du Rafale », se défend-t-on chez l'avionneur français, où on affirme avoir jusqu'ici maîtrisé les coûts. Sur 25 ans, la dérive budgétaire du Rafale n'aurait, en effet, été que de 3%. Côté français, on déplore également les occasions ratées par les Européens en matière de coopération : « Quand on regarde le programme JSF, totalement contrôlé par les Américains, on constate que les pays européens ont déboursé dans les études l'équivalent de 80% du coût de développement du Rafale avant même d'avoir commencé à payer la réalisation du premier avion ». Malgré cette stature de « bon élève », Dassault et les armées concernées savent que le programme n'est pas à l'abri des difficultés budgétaires du ministère de la Défense. Alors que l'Elysée souhaite maintenir les dépenses à leur niveau actuel (soit environ 2% du PIB), la montée en puissance de nombreux programmes majeurs impliquerait, s'ils sont suivis, une hausse d'au moins 20% des crédits d'équipement. Chars, avions, navires, étalement voire suppression de programmes, réduction de la voilure sur les opérations extérieures, masse salariale, fermeture de bases... Le livre blanc devra déterminer où les économies peuvent être réalisées.
Pour limiter les ardeurs des grands économes de l'Etat, dans le secteur aéronautique, comme dans l'industrie navale, on n'hésite pas à mettre en avant l'enjeu technologique des grands programmes, tout comme les problématiques sociales. Ainsi, le Rafale ferait travailler, selon Dassault, un millier d'entreprises pour un total de 20.000 emplois.

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