Croisières et Voyages
Affluence record de navires de croisière en Europe. Oui mais...

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Affluence record de navires de croisière en Europe. Oui mais...

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L’été 2013 constitue un nouveau cap historique pour l’industrie de la croisière en Europe, avec  un nombre record de navires déployés cette année de la Méditerranée au Grand Nord. Au début de l’été, pas moins de 96 paquebots ont rejoint l’Europe en provenance des Caraïbes (59), d’Amérique latine (24), mais aussi d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie (13). Ils se sont ajoutés aux 104 bateaux déjà exploitée sur place, permettant d’atteindre la barre des 200 unités croisant dans les eaux européennes (11 de plus qu’à l’été 2012). Ces navires, exploités par 65 opérateurs (+3), desservent quelques 530 destinations. La Méditerranée et ses prolongements (Adriatique, mer Noire) sont toujours la zone la plus prisée, avec 278 destinations, mais on constate un rééquilibrage puisque 256 destinations sont proposées en Europe du nord, dont 80 vers la Norvège et l’Arctique, ainsi que 52 en Baltique. A noter également 26 itinéraires dans les îles Atlantiques (Canaries, Açores, Madère…) « Le nombre de nouvelles destinations, de nouvelles compagnies et de nouveaux navires entrant en service en Europe cet année sont des preuves supplémentaires de la manière dont les croisières se multiplient et continueront à se multiplier dans cette zone, valorisant l’offre unique de l’Europe en termes de richesse culturelle, de diversité géographique, de longue tradition maritime et de savoir-faire dans le domaine de l’hospitalité et du service », affirme Manfredi Lefebvre d’Ovidio, président de CLIA Europe (ex-European Cruise Council), l’association internationale qui représente les professionnels de la croisière.

 

 

Situation toujours tendue sur les prix

 

 

L’optimisme affiché est, néanmoins, tempéré en coulisses par un certain nombre d’acteurs du secteur, relativement inquiets de la situation. Car, après une année 2012 cauchemardesque pour les profits de nombreux opérateurs, l’année 2013 a certes vu les tarifs remonter, mais à un niveau qui demeure très bas. Cela, en raison des conséquences de la crise économique sur le pouvoir d’achat des vacanciers, notamment en Europe. Mais aussi, il ne faut pas se le cacher, en raison d’une surcapacité de la flotte. S’il est vrai que la croisière poursuit sa croissance et que la tendance devrait se maintenir dans les années qui viennent, le potentiel étant encore très important,  le nombre de navires a augmenté trop rapidement au regard du contexte actuel. D’autant que la plupart des nouvelles unités sont de forte capacité. Il en résulte des difficultés à remplir ces bateaux et des prix bradés. Ainsi, il est en ce moment possible de partir en plein été sur des navires très récents pour moins de 400 euros par semaine. La concurrence est donc très vive et les consommateurs l’ont bien compris, jouant pour beaucoup, même quand leur pouvoir d’achat n’a pas particulièrement été touché, la carte des tarifs de dernière minute. Avec pour conséquence un manque de visibilité pour les compagnies et leur réseau de distribution, qui commence d’ailleurs, dans un certain nombre de cas, à rencontrer des problèmes économiques. Une agence de voyage traditionnelle doit, par exemple, passer le même temps qu’avant avec ses clients pour conclure une vente, mais la baisse significative des prix  laisse une marge réduite, obérant d’autant la rentabilité de l’opération. Certaines sont donc contraintes, pour maintenir le chiffre d’affaires, de faire du chiffre, en clair abattre les dossiers plus rapidement, parfois au détriment du conseil. Cette crise qui ne dit pas son nom dans le milieu a déjà, depuis deux ans, entrainé la disparition d’un certain nombre d’agences spécialisées, voire carrément d’opérateurs (comme NDS en France). Et d’autres mauvaises nouvelles pourraient tomber rapidement.  

 

 

Encore 20 navires attendus d’ici 2017

 

 

Par chance, cette année, la saison estivale en Europe a quand même bénéficié de deux facteurs favorables, atténuant les effets de la crise. D’abord, certaines compagnies, comme Royal Caribbean International, ont redéployé une partie de leur flotte vers d’autres régions, ce qui a limité la hausse du nombre de navires. Ensuite, les mises en service ont été « relativement » limitées, avec seulement quatre paquebots, dont trois très gros. Il s’agit des  Norwegian Breakaway (146.600 GT, 2014 cabines), Royal Princess (141.000 GT, 1780 cabines), MSC Preziosa (140.000 GT, 1751 cabines) et AIDAstella (71.300 GT, 1097 cabines), le premier rejoignant dès sa livraison les Etats-Unis. Les deux autres navires neufs livrés récemment sont de petites unités : L’Europa 2 (39.500 GT, 251 cabines) et Le Soléal (10.400 GT, 132 cabines).

Mais d’autres arrivent derrière et, même si quelques compagnies ont ralenti le rythme de leurs programmes de constructions neuves,  la plupart des grands opérateurs attendent de nouveaux bateaux. Ainsi, d’ici 2017, 20 navires sortiront des chantiers, représentant plus de 62.000 lits supplémentaires et un investissement supérieur à 10.5 milliards d’euros. Avec, dans le carnet de commandes, une collection de géants, comme le troisième Oasis of the seas (227.000 GT, 2700 cabines) et les trois Quantum of the Seas (167.800 GT, 2090 cabines) de la compagnie américaine Royal Caribbean International, qui décroche la palme de la « folie des grandeurs » en ayant décidé de prendre livraison à la même période, au printemps 2016, de l’Oasis 3 et le troisième Quantum. Parmi les autres mastodontes en commande, on notera le Norwegian Getaway (143.500 GT, 2000 cabines)  et deux unités agrandies (163.000 GT, 2100 cabines) pour Norwegian Cruise Line ; le Regal Princess (141.000 GT, 1780 cabines) de Princess Cruises et un navire dérivé pour P&O Cruises, le Costa Diadema (132.500 GT, 1850 cabines) de Costa Croisières et le Carnival Vista (135.000 GT, 2000 cabines), ou encore les AIDAmia et AIDAtua (125.000 GT, 1625 cabines). 

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