Construction Navale
Aker Yards : Bientôt trois semaines de grève de la faim pour trois sous-traitants grecs

Actualité

Aker Yards : Bientôt trois semaines de grève de la faim pour trois sous-traitants grecs

Construction Navale

Le 14 février, Boris, Nicos et Leonidas débutaient une grève de la faim à Saint-Nazaire. Employés par la société allemande Elbe, fournisseur de l'entreprise Freeze, elle-même sous-traitante d'Aker Yards, ces trois salariés grecs réclament le versement de leurs salaires après une rupture de leur contrat de travail. Soutenus par la CGT et des associations, les trois grévistes ont, notamment, occupé la mairie de la ville pour faire valoir leurs revendications. Réclamant 8000 euros à leur ex-employeur, ils se sont vus proposer 1900 euros et un billet d'avion pour rentrer en Grèce. Mais les négociations, sous l'égide de la préfecture, ne donnent rien. Aker Yards, bien que non impliqué directement dans le conflit, a mis la pression sur ses sous-traitants pour éviter que l'affaire dégénère et fasse, une nouvelle fois, passer Saint-Nazaire pour le berceau de l'esclavagisme moderne.

Les Prud'hommes comme seule solution ?

Alors que la situation semble s'enliser, à la demande de la CFDT, une rencontre du bureau de l'Instance de Dialogue Sociale de Site (IDSS) d'Aker Yards s'est tenue hier. Ce bureau réunissait la direction du constructeur et les représentants des unions locales CFDT, CGT, CGC et CFTC. A la CFDT, on s'interroge sur la ligne tenue par les grévistes et leurs soutiens. « Il est apparu qu'une action vers les Prud'hommes ne semble pas être la voie choisie. Quelles sont les causes réelles qui empêchent ce recours devant les prud'hommes ? » se demande le syndicat. Alors que la CGT a manifesté des craintes sur un délai d'audience trop long et des problèmes de compétences juridictionnelles dans une affaire qui concerne une société étrangère, la CFDT affirme que « les Prud'hommes, instance de juges (patrons et salariés) traitent ce type de conflit et situations régulièrement et rapidement. L'inspection du travail comme les pouvoirs publics ont d'ailleurs préconisé de traiter le différend devant cette instance ». Pour la CFDT : « Rendu à ce niveau de conflit et après les échecs des réunions de négociations, un référé devant la justice Prud'homale est un passage obligé ».

La bordée d'Aker contre la CGT

Au cours de la réunion de l'IDSS, un éclairage des irrégularités dont est suspectée la société Elbe a également été demandé. Il s'agit notamment de savoir si l'employeur des trois salariés grec a respecté les délais et modalités légales de licenciement, tout en faisant la lumière sur le respect, ou non, des horaires et des niveaux de salaires. S'exprimant le 19 mars dans un communiqué, Aker Yards a, pour sa part, critiqué les méthodes de la CGT. « Devant ce type d'opposition entre un employeur et des salariés, une voie normale existe : le Conseil des Prud'hommes, qui peut être saisi rapidement en référé. La grève de la faim ne constitue qu'un moyen médiatique pour mettre en valeur l'USM-CGT mais ne rend pas du tout service aux trois ressortissants Grecs qui, outre le fait de risquer des soucis de santé, se placent dans une situation qui rend impossible le règlement de leur situation ». Et le constructeur de conclure ainsi : « L'USM-CGT ne peut se prévaloir de fixer l'indemnité due à ces salariés en lieu et place du Conseil des Prud'hommes ».

Chantiers de l'Atlantique | Toute l'actualité des chantiers de Saint-Nazaire