Construction Navale
Aker Yards confirme être en conflit avec NCL

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Aker Yards confirme être en conflit avec NCL

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Aker Yards, à Oslo, a confirmé hier que sa filiale française, à Saint-Nazaire, était en conflit avec l'armateur américain Norwegian Cruise Line. Au coeur de ce litige se trouve le contrat de 1.47 milliard d'euros signé en 2006 en vue de réaliser deux paquebots géants. Selon le constructeur, la discorde porte sur les coûts de construction du C33, tête de série du projet Freestyle 3 (F3). Ce navire de 155.000 tonneaux et plus de 2100 cabines - le plus gros jamais commandé à Saint-Nazaire, a été mis sur cale en avril dernier pour une livraison en mars 2010.
Si, chez Aker, on parle de problèmes de coûts, du côté de la compagnie, selon les informations que nous avons révélé hier matin, on évoque plutôt « des problèmes techniques » et le fait qu'Aker Yards n'ait « pas respecté le cahier des charges » (*). Au fil des études et de la construction du C33, qui a débuté en octobre 2007, NCL aurait demandé un certain nombre de modifications sur le navire. Mais, devant les exigences de son client, le chantier aurait finalement demandé une enveloppe supplémentaire (un surcoût de 50 millions est évoqué), facture que NCL refuserait de payer.

Vue du C33 diffusée sur le net (© : ???)
Vue du C33 diffusée sur le net (© : ???)

L'annulation du premier navire non démentie

Faute de trouver un accord, la compagnie aurait notifié jeudi dernier, à Aker Yards, l'annulation du contrat portant sur la réalisation du C33. Le second paquebot (D33) serait en revanche maintenu mais devrait comprendre les modifications souhaitées par l'armateur. Cette information, que nous diffusions également hier matin, n'a pas été démentie par Aker Yards. Ce dernier a, d'ailleurs, précisé comme nous l'écrivions que le litige ne concernait pas le second bateau. Alors que NCL se contentait de répondre qu'elle ne « commentait pas les litiges juridiques et commerciaux », Aker Yards a souligné qu'il se situait « dans une démarche visant à trouver des solutions à ce conflit, y compris en dialoguant avec NCL et ses filiales concernées, avec l'objectif de trouver un accord ».
Des négociations, que l'on imagine très délicates, sont en cours entre les deux groupes. Si NCL a probablement quelques centaines de millions de dollars à perdre en pénalités et sans doute à redouter une détérioration de son image, Aker Yards semble devoir jouer beaucoup plus gros.

Vue du C33 diffusée sur le net (© : ???)
Vue du C33 diffusée sur le net (© : ???)

« Notre priorité est de trouver une solution »

Le chantier doit, en effet, éviter à tout prix de se retrouver avec une coque sur les bras. Il faut composer non seulement avec cette menace et ses conséquences sur la situation financière et l'outil de production du chantier, mais aussi sur les répercussions en matière de sous-traitance. Si le C33 n'en est, en effet, qu'à 25% d'achèvement, tous ces composants ont déjà été commandés aux fournisseurs. Quant au D33, dont la réalisation n'a pas encore débuté, les approvisionnements ont là aussi été pour partie lancés. Dans ce bras de fer, NCL semble donc avoir l'avantage. Une aubaine, peut être, pour faire baisser les prix. En attendant le résultat des négociations, Aker Yards affirme que la construction du C33 va se poursuivre. « Dans des projets avec un tel niveau de complexité, nous avons dans notre industrie plusieurs exemples de discussions qui surgissent pendant la réalisation d'un projet. Nous regrettons de nous trouver dans une situation conflictuelle. Tandis que nous nous situons au milieu de ce processus de discussion, il ne serait pas correct de spéculer sur son résultat ou sur ses alternatives possibles. Notre priorité est de trouver une solution incluant la poursuite des travaux planifiés sur notre site de Saint-Nazaire », expliquait hier Jacques Hardelay, directeur général d'Aker Yards France.
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(*) Voir notre article d'hier

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