Construction Navale
Aker Yards dévoile un actionnariat totalement éclaté

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Aker Yards dévoile un actionnariat totalement éclaté

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Douze jours après la cession par Aker ASA de ses parts dans ses chantiers navals, la composition du nouvel actionnariat d'Aker Yards a été dévoilée hier. Alors qu'on s'attendait à une montée en puissance importante des banques et autres fonds d'investissements déjà présents dans le groupe, le capital n'a jamais été aussi morcelé. Même réunis, les vingt premiers actionnaires d'Aker Yards ne représentent que 52.13% du capital, les autres structures ou petits porteurs, dont la part est inférieure à 1.17%, possédant les 47.87% restants. Avec un total cumulé de 11.57%, le groupe suisse UBS (United Banks of Switzerland), au travers de trois filiales, devient le premier actionnaire d'un ensemble fort de 17 chantiers et 20.000 salariés. Le Scandinave SEB, deuxième investisseur privé avant la cession, reste en seconde position. Skandinaviska Enskilda Banken Oslo, Skandinaviska Enskilda Merchant Banking et Skandinaviska Enskilda A/C regroupent 9.18% du capital, en léger retrait par rapport à la situation du 14 mars. Vient ensuite la Banque of New York (4.95%), puis Clearstream Frankfort (3.82%), le Français BNP Paribas (3.76%), le groupe belge Euroclear Bank, les banques américaine State Street Bank (3.09%), JP Morgan (2.81%) et Morgan Stanley (2.54%). On notera, enfin, qu'Aker ASA a racheté 400.000 de ses actions, soit 1.74% du capital.

Les banques débarquent

Les gros fonds de pensions sont donc restés en retrait, du moins pour ce qui concerne une prise de participation massive. Leur politique très axée sur les profits immédiats reste peu en phase avec l'activité très cyclique de la construction navale européenne, fragilisée il y a quelques années (notamment en France et en Finlande) et en plein boom aujourd'hui. Toutefois, la nouvelle physionomie du capital d'Aker Yards laisse quand même apparaître un intérêt non négligeable des établissements bancaires : « Les banques s'intéressent de plus en plus au secteur maritime, notamment en matière de financement et au niveau du fret. Le marché a été incroyablement fructueux ces dernière années, avec des revenus ahurissants des bateaux », analyse un courtier maritime. Du financement à la construction navale, il n'y aurait donc qu'un pas, d'autant que le prix des navires, soutenu par la demande, reste élevé. La démarche est néanmoins prudente, une seule banque, UBS, ayant passé la barre symbolique des 10% de participation. Cette dernière est présente sur le secteur maritime, notamment au niveau des navires de croisière. L'autre grande question posée par le morcellement du nouvel actionnariat réside dans la gouvernance d'Aker Yards. Auparavant, « le patron », pour reprendre l'expression d'un syndicaliste finlandais, « avait une tête ». Il s'agissait d'Aker ASA et de Kjell Inge Rokke, qui possédaient encore plus de 41% des parts il y a deux semaines. Avec un capital aussi émietté, une politique industrielle claire est-elle possible ? « Ce n'est pas forcément un désavantage pour la direction de l'entreprise. Avec un actionnariat éclaté, le management est beaucoup moins soumis à la pression des marchés financiers. On peut même aboutir à une certaine stabilité. En effet, il y a moins de risques d'éclatement boursier puisque le capital est détenu par différents actionnaires », estime un analyste financier. Il reste désormais à voir quel sera le degré d'intérêt des groupes bancaires pour cette industrie navale, pouvant nécessiter de lourds investissements dans l'outil de production et, surtout, régulièrement soumise aux périodes de disette. Le challenge pour Aker Yards est donc clair : Maintenir un carnet de commandes plein et les bénéfices qui vont avec.

Meyer Turku (ex-STX FINLAND)