Construction Navale
Aker Yards et les Coréens : Quelles perspectives pour le groupe européen ?

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Aker Yards et les Coréens : Quelles perspectives pour le groupe européen ?

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Juin 2007. Un an après la reprise des Chantiers de l'Atlantique, le Norvégien Aker ASA, contrôlé par l'homme d'affaires Kjell Inge Rokke, se désengage de ses chantiers navals. Après avoir baissé sa participation de 75 à 41%, le Norvégien revend ses parts, au plus fort de la vague. Dépourvu d'actionnaire industriel de référence, éclaté entre une multitude de banques et de fonds d'investissements, le capital d'Aker Yards devient, dès lors, instable. Les syndicats s'inquiète immédiatement de cette vulnérabilité, sans pour autant imaginer qu'un groupe asiatique pourrait s'engouffrer dans la brèche. A la surprise générale, le 23 octobre, STX Shipbuilding annonçait l'acquisition de 39.2% d'Aker Yards, suffisamment pour disposer d'une minorité de blocage et donc contrôler le leader européen de la construction navale. Deux semaines après l'annonce, les salariés nazairiens et lorientais du groupe européen sont dans l'expectative : « Nous ne savons toujours pas quelles sont les intentions exactes du nouvel actionnaire », explique un responsable syndical. Du côté de la direction, le silence radio est de rigueur. Là encore, on semble manquer d'informations sur le nouveau venu. La Chambre Syndicale des Constructeurs de Navires (CSCN), dont Aker Yards France est un des principaux adhérents, se veut quant à elle rassurante : « STX ne demande aucun administrateur au conseil ni aucune assemblée générale ». STX Shipbuilding semble donc, pour l'heure, jouer la carte de « l'actionnaire bienveillant », pour reprendre les termes d'une source ministérielle. Côté syndical, on se veut aussi méfiant que lucide : « Qui peut croire qu'ils resteront inactifs ? Nous croyons assez modérément dans leur volonté de ne pas siéger, tôt ou tard, au Conseil d'Administration », explique un responsable. Opposé à ce nouvel arrivant, la CFE-CGC estime comme « inévitable » une fuite du savoir-faire européen vers l'Asie. Cette position est partagée par les autres organisations : « Quelles sont les intentions de ce groupe coréen, viennent-ils pour prendre la technologie des navires de croisières ? », se demande la CFDT. « Est-ce le moyen pour la Corée de piller le savoir-faire et les technologies de notre entreprise ? », s'interroge pour sa part la CGT, qui estime que « la présence de ce pays sur le marché des paquebots risque à moyen terme de devenir une véritable menace pour toute la construction navale européenne ». En signe de protestation et pour sensibiliser les pouvoirs publics, les cinq organisations syndicales d'Aker Yards France ont appelé les salariés à se mobiliser, demain à Saint-Nazaire.

Aucun risque à moyen terme pour Saint-Nazaire

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