Construction Navale
Aker Yards : L'avenir des méthaniers en Chine ?

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Aker Yards : L'avenir des méthaniers en Chine ?

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En mars, la livraison du Gaselys risque, probablement, de signer la fin de la construction de méthaniers en France, faute de coûts de production compétitifs. Pour Aker Yards, la réalisation de navires de ce type à Saint-Nazaire ne peut plus s'envisager qu'à l'occasion de développements technologues importants ou pour répondre à la demande d'un armateur pressé et peu soucieux de la différence de prix par rapport aux Coréens et Japonais. Les ex-Chantiers de l'Atlantique vont, toutefois, continuer de travailler cette compétence, notamment au travers du transfert de technologie opéré depuis quelques années en Chine. Au printemps 2001, un accord de coopération a été signé. Le contrat porte sur la réalisation de méthaniers équipés de la technologie Gaz Transport NO 96, dite « Petronas » à Saint-Nazaire, en référence aux cinq navires construits pour la Malaisie au début des années 90. En pleine guerre du Golfe, Alstom avait réussi le tour de force de signer ce contrat très politique, aux dépends du Japon. La fin des aides à la construction navale et le dumping commercial opéré par la Coréens signeront néanmoins le glas de ce marché à partir de 2000 (*). C'est dans ce contexte que l'accord de 2001 a été signé avec la Chine. L'accord de base a été passé avec quatre chantiers : Hudong, Dalian, Wai Goa Qiao et Jiangnan. Un avenant, par projet, est ensuite négocié avec le chantier français. Ce dernier, qui touche des royalties sur chaque navire, propose des prestations à la carte. Ces « options » concernent le soutien pendant la période de construction, avec, par exemple, le contrôle qualité ou la surveillance des travaux. Pour l'heure, seul Hudong est passé au stade de la réalisation, avec un programme de cinq méthaniers destinés au marché national.

Dans l'attente du démarrage des moteurs du premier navire chinois

Le 29 décembre 2005, le premier méthanier de construction chinoise a été lancé aux chantiers Hudong-Zhonghua de Shanghai. Ce navire de 292 mètres de long et 43,35 mètres de large pourra transporter 147 200 m3 de gaz liquéfié. Ses cuves à membranes NO 96 ont été réalisées grâce au transfert de technologie. Pour l'heure, trois méthaniers ont été commandés par les autorités chinoises et deux ou trois autres unités supplémentaires sont espérées, notamment à Dalian. Ces navires seront affectés au ravitaillement en gaz des centrale électrique de Guangdong et Fujian. L'achèvement du premier navire avance lentement, au rythme de l'apprentissage de la technologie par les Chinois, mais se poursuit. Les moteurs doivent, notamment, être prochainement allumés. Pour Aker Yards, dont la division Cruise & Ferries (dont dépend Saint-Nazaire) va bientôt installer un bureau en Chine, les perspectives de développement dans le pays sont réelles. On estime, en effet, qu'une quinzaine de bateaux de ce type devraient être lancés dans les toutes prochaines années. Le transfert de technologie représente-t-il un risque ? Dans ce cas, visiblement pas, notamment dans la mesure où les « secrets » des équipements les plus sensibles ne sont pas dévoilés. Par ailleurs, la technologie NO 96 est déjà ancienne, ce qui permet au groupe européen de conserver une longueur d'avance technologique. Les retombées financières du transfert de technologie, très lucratif, servent d'ailleurs à financer la recherche sur de nouvelle technologies, qui seront, plus tard, vendues à leur tour. Les nouvelles membranes de confinement CS 1, désormais au point, tout comme la propulsion diesel gaz électrique des méthaniers Gaz de France EnergY, Provalys et Gaselys, suivront, sans nul doute, le même chemin.
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(*) Rappelons que la commande des trois méthaniers de Gaz de France est intervenue à une période où les Chantiers de l'Atlantique n'arrivaient plus à décrocher de commandes de paquebots. Après le départ du Queen Mary 2 et du MSC Opera quelques mois plus tard, Alstom Marine ne comptera plus dans son carnet de commande que des contrats signés avec des entreprises publiques ou la marine (méthaniers, SeaFrance Berlioz, BPC et Pourquoi Pas ?)

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