Construction Navale
Aker Yards: Le démantèlement du groupe a-t-il commencé ?

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Aker Yards: Le démantèlement du groupe a-t-il commencé ?

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Le géant européen de la construction navale a annoncé, hier, la cession de trois de ses principaux chantiers de sa branche Navires Marchands. Aker Yards a vendu 70% des parts des sites de Nikolaev, en Ukraine, et de Wismar et Warnemünde en Allemagne. Le nouveau propriétaire est la compagnie d'investissement russe FLC West. L'opération va rapporter 291.9 millions d'euros au groupe norvégien, qui a transféré, avant la vente, le capital des chantiers allemands dans sa filiale Aker Yards Ukraine Holding AS, déjà propriétaire de Nikolaev. Ce chantier n'est autre qu'Okean, racheté en 2006 au groupe Damen pour 10 millions d'euros. Disposant d'une cale sèche de 354 mètres de long pour 60 mètres de large, il emploie 3000 personnes et affiche une capacité de production de 60.000 tonnes par an. Complètement reconstruits dans les années 90 et restructurés en 2002 par Aker, Wismar et Rostock-Warnemünde peuvent, quant à eux, réaliser des navires de plus de 200.000 tonnes de port en lourd.

Le chantier de Warnemünde, en Allemagne (© : AKER YARDS)
Le chantier de Warnemünde, en Allemagne (© : AKER YARDS)

Selon Aker Yards, les chantiers allemands et ukrainiens, ainsi regroupés, devront pouvoir livrer des navires modernes à même de supporter la demande croissante des compagnies russes en matière d'exploration, de production et de transport dans le secteur pétrolier et gazier.
Contrôlé par l'Etat russe, FLC a été créé pour investir dans les industries stratégiques. Avec un portefeuille de 1.5 milliard de dollars, s'est récemment lancé dans l'acquisition d'actifs dans la construction navale et le transport maritime. Basée au Luxembourg, FLC West est détenue à 50% par FLC. Le reste du capital est possédé par la société chypriote Almiar Investment Ltd. La cession des chantiers de Nikolaev, Wismar et Warnemünde doit être effective à l'été 2008.
Après cette operation, seul le chantier de Florø, en Norvège, restera dans la division Navires Marchands d'Aker Yards. Le site dispose d'une visibilité de deux ans avec six chimiquiers dans le carnet de commande, le premier venant juste d'être achevé.

Le chantier de Wismar, en Allemagne (© : AKER YARDS)
Le chantier de Wismar, en Allemagne (© : AKER YARDS)

Si on s'attendait, depuis la fin 2007, à d'éventuelles cessions au sein d'Aker Yards, les observateurs avaient plutôt le regard tourné vers la division offshore & Specialized Vessels. En décembre dernier, lorsque la direction du groupe avait annoncé de mauvais résultats pour 2007, Aker Yards s'était interrogé sur l'avenir de sa branche dédiée à l'offshore et aux navires spécialisés. Le groupe avait alors indiqué qu'une éventuelle cession permettrait d'améliorer la valeur des titres et des dividendes pour les actionnaires. « Afin d'améliorer la valeur pour les actionnaires, le conseil d'administration a décidé d'évaluer la possibilité de séparer la branche d'activité Navires Offshore et Navires Spécialisés. Plusieurs possibilités seront étudiées, parmi lesquelles celle de la céder à des actionnaires existants, celle d'une entrée en bourse séparée, ou d'autres alternatives qui seraient attractives pour les actionnaires », avait souligné le constructeur. Les chantiers concernés se situent en Norvège mais aussi en Roumanie, où Tulcea et Bralia réalisent les coques des bateaux. Un nouveau site, en cours de construction au Vietnam, est également dédié à ce secteur surfant sur l'essor des services à l'offshore pétrolier et gazier. La possibilité de voir la division quitter le groupe avait alors inquiété des représentants du personnel. En marge de l'entrée dans le capital du Sud-coréen STX Shipbuilding, certains y voyaient, en effet, un risque de vente par appartement. On redoutait également une possible manoeuvre de la direction d'Oslo pour sauver ses meubles, en l'occurrence les chantiers norvégiens.

Le chantier d'Helsinki (© : AKER YARDS)
Le chantier d'Helsinki (© : AKER YARDS)


La décision de vendre les chantiers allemands et ukrainiens a-t-elle pour but de renflouer les comptes ou de resserrer l'activité d'Aker Yards sur l'offshore, les tankers et les navires à passagers ? Est-ce le début d'un mouvement plus important ? Les questions restent ouvertes.
La division Cruise & Ferries, qui comprend Saint-Nazaire et les chantiers finlandais de Turku, Rauma et Helsinki n'est, en tous cas, pas concernée par la cession d'Okean, Wismar et Warnemunde. Pour contrer la menace d'une prise de contrôle par les Coréens, l'Italien Fincantieri n'avait pas caché son intérêt pour l'activité paquebots et ferries d'Aker. Une telle opération serait, néanmoins, presque à coup sûr retoquée par Bruxelles. Il est, ainsi, très peu probable que la Commission européenne donne son feu vert à ce qui aboutirait à un quasi-monopole de l'Italien, qui n'aurait plus comme concurrent que l'Allemand Meyer Werft.

Meyer Turku (ex-STX FINLAND)