Construction Navale
Aker Yards : Le patron de la division Cruise & Ferries veut rassurer les salariés français

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Aker Yards : Le patron de la division Cruise & Ferries veut rassurer les salariés français

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Juha Heikinheimo a passé trois jours à Saint-Nazaire. Le président de la division Cruise & Ferries d'Aker Yards, à laquelle sont rattachés les ex-Chantiers de l'Atlantique, a fait le point sur l'activité du site et en a profité pour livrer sa vision de l'avenir aux cadres et aux salariés. Car, en France, le personnel reste inquiet face à l'entrée de STX Shipbuilding dans le capital d'Aker Yards. Malgré la levée de boucliers des syndicats et quelques tentatives avortées à l'échelle européenne pour repousser le raid boursier asiatique, le groupe sud-coréen détient désormais 39.2% des parts d'Aker. Faut-il s'en inquiéter ? « Nous avons eu tendance à imaginer le pire ces derniers mois, sans voir les opportunités qui pouvaient se dégager. Avoir un partenaire coréen peut être un avantage pour faire face à la concurrence asiatique avec Daewoo et Samsung. Il faut savoir que STX n'a pas d'équipe dédiée aux navires de croisière, comme c'est le cas chez Daewoo et Samsung qui, eux, constituent une réelle menace », explique Juha Heikinheimo. Le président de la branche Ferries et Croisière d'Aker se veut donc optimiste, ce qui est évidemment normal.
Si on ne l'imagine bien évidemment pas dire que l'entrée de STX est une catastrophe majeure, Juha Heikinheimo étaye ses propos et argumente pour convaincre les sceptiques qu'STX n'est pas forcément un désastre pour le groupe. Il revient notamment sur une participation qui, à 39.2%, constitue une prise de contrôle. « Effectivement, STX détient près de 40% de nos actions mais se veut un partenaire constructif sur le long terme. Il ne se place en pas en position menaçante. D'ailleurs, la composition de nouveau conseil d'administration confirme cet état de fait avec la présence d'un seul Coréen (sur 8 membres, ndlr) ». Malgré l'optimisme affiché du « grand patron » de la division, les organisations syndicales restent prudentes. « Tout le monde n'a pas été convaincu », explique un délégué du personnel. « On a toujours des doutes mais, maintenant qu'on n'a plus le choix, il faut quand même aller de l'avant tout en restant extrêmement vigilant sur l'attitude des Coréens et le risque de pillage de notre savoir-faire », affirme un autre. Même s'il reconnaît lui aussi qu'il faudra rester « attentif au comportement » de STX, un cadre estime quant à lui que « la seule garantie c'est d'être plus performants. Car, si nous ne le sommes pas, de toute façon, les armateurs finiront par faire construire leurs navires en Asie ».

  Juha Heikinheimo(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Juha Heikinheimo(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

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