Construction Navale
Aker Yards : Les élus locaux demandent à François Fillon d'intervenir

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Aker Yards : Les élus locaux demandent à François Fillon d'intervenir

Construction Navale

Dans une lettre commune, les présidents de la Communauté urbaine de Nantes, de la région Pays de la Loire, du Conseil général de Loire Atlantique et de la Communauté d'agglomération de Saint-Nazaire ont demandé à François Fillon d'intervenir dans le dossier Aker Yards. En effet, l'entrée du Coréen STX dans le capital du groupe de construction navale, intervenue le 23 octobre, suscite toujours une vive inquiétude dans le Grand Ouest, où les ex-Chantiers de l'Atlantique sont l'un des tous premiers acteurs économiques. « Les chantiers représentent aujourd'hui 3300 emplois directs, d'une moyenne d'âge de seulement 40 ans, et sont dans une perspective de recrutement d'un millier de personnes supplémentaires. Ils font travailler une centaine de PME dont les effectifs représentent 6000 emplois et devraient, selon les prévisions, atteindre rapidement 7000 emplois », rappellent Jean-Marc Ayrault, Jacques Auxiette, Patrick Mareschal et Joël Batteux. Les élus estiment que « la perspective d'un risque de pillage technologique par l'industrie navale coréenne, à l'instar de ce qui s'est passé dans les années 80 pour les méthaniers, constitue une menace sérieuse ». Et d'alerter le premier ministre sur une activité qu'il connaît bien, ayant été président de la région Pays de la Loire jusqu'en 2002 (*). « Si, à court terme, le chantier est relativement protégé par son carnet de commandes, par sa maîtrise des processus de conception, de planification et d'enchaînement ainsi que par un tissu local de sous-traitants possédant un haut niveau de compétences, il convient de se rappeler que les chantiers coréens ont la capacité de mettre en oeuvre des moyens industriels tout aussi importants, avec de surcroît, la Chine à proximité pour développer des activités de sous-traitance dans des conditions optimales. L'industrie navale coréenne maîtrise parfaitement les techniques de production en série. La construction de deux ou trois navires lui sera suffisante pour comprendre les processus de fabrication des paquebots ».

« Une stratégie industrielle offensive »

Pour le député-maire de Nantes, le maire de Saint-Nazaire et les présidents de la région et du département, l'Etat doit prendre ses responsabilités et « garantir par des actes et un engagement politique fort la sauvegarde et le développement d'une industrie navale française et européenne qui a su se tourner vers l'innovation, la mondialisation et qui ne peut souffrir d'être mise en danger par des mouvements de capitaux entre groupes internationaux pour lesquels l'emploi local n'est pas une priorité ». Les élus locaux demandent à être reçus par le Premier ministre pour « examiner les conditions par lesquelles l'Etat français et ses partenaires pourraient se doter d'une stratégie industrielle offensive, pour garantir l'activité et l'emploi de ce secteur sur le moyen et long terme ».
Propriété d'Alstom jusqu'en 2006, les Chantiers de l'Atlantique ont été repris par le groupe norvégien Aker Yards avant que son principal actionnaire, Aker ASA, ne revende la majorité des titres du groupe à un pool bancaire. Profitant de l'éclatement du capital et de l'absence d'actionnaire industriel de référence, le sud-coréen STX Shipbuilding s'est emparé de 39.2% des parts, s'offrant la minorité de blocage et du même coup le contrôle du leader européen de la construction navale. Fort de 18 chantiers, notamment en France, en Finlande, en Norvège, en Roumanie et en Allemagne, Aker Yards emploie 20.000 salariés. Jusqu'en 2010, la filiale française, Aker Yards France, reste détenue à 25% par Alstom. Certains syndicats et élus exigent que l'Etat reprenne, tant qu'il le peut, le contrôle des ex-Chantiers de l'Atlantique, via la Caisse des dépôts et consignations ou au travers d'un rapprochement avec le groupe naval de défense DCNS.
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(*) Elu à Sablé-sur-Sarthe depuis 1981, ancien député et sénateur UMP de la Sarthe, François Fillon fut président du Conseil Régional des Pays de la Loire de 1998 à 2002. Après son entrée dans le gouvernement Raffarin, comme ministre des Affaires sociales, il conserva la fonction de premier vice-président du CR jusqu'aux élections de 2004, date a laquelle la région a basculé à gauche.

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)