Construction Navale
Aker Yards : Les syndicats en appellent à Nicolas Sarkozy pour faire barrage aux Coréens

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Aker Yards : Les syndicats en appellent à Nicolas Sarkozy pour faire barrage aux Coréens

Construction Navale

Après l'annonce du rachat de 39.2% du capital d'Aker Yards par le Coréen STX Shipbuilding, les syndicats français des ex-Chantiers de l'Atlantique en appellent au président de la République : « Nous allons solliciter une entrevue auprès de Nicolas Sarkozy. Lorsqu'il était venu à Saint-Nazaire, il avait déclaré qu'il ne laisserait pas tomber les chantiers. Nous voulons voir comment ce message va se traduire aujourd'hui », indique-t-on à la CFDT. La confédération, comme les autres organisations syndicales d'Aker Yards, est particulièrement inquiète concernant l'arrivée des Coréens, qui vont détenir une minorité de contrôle sur le groupe : « Viennent-ils pour prendre la technologie des navires de croisières ? » Pour la CFE-CGC, les intentions du nouvel actionnaire sont limpides : « La construction navale coréenne n'a jamais caché sa stratégie de développement sur les navires à forte valeur ajoutée. Cette acquisition en est l'illustration ». Le syndicat des cadres n'hésite pas à parler de « péril asiatique » pour les sites français, allemands, finlandais et norvégiens d'Aker Yards : « A moyen terme, le risque de transfert de savoir-faire est inévitable. Comment peut-on imaginer un programme de financement de la R&D pour la construction navale, dont les fruits partiraient inéluctablement en Corée ? Par ailleurs, cela pourrait ruiner les espoirs de Saint-Nazaire de se voir confier des parties de programme de construction navale militaire ». En conséquence, les syndicats demandent aux politiques français et européens de se mobiliser pour repousser l'assaut coréen sur l'un des derniers fleurons de l'industrie lourde de l'UE. En attendant une réponse de l'Elysée, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, devrait être interpelée aujourd'hui lors de son déplacement à Nantes. Aker Yards France est en effet l'un des principaux leaders économiques du grand ouest. Les représentants du personnel rappellent que les chantiers de Saint-Nazaire et Lorient, qui réalisent un chiffre d'affaires supérieur à 1 milliard d'euros, emploient près de 3000 salariés et génèrent plus de 6000 emplois induis.

Un cheval de Troie positionné en Norvège

On en sait désormais un peu plus sur le rachat par STX Shipbuiling de 39.2% du capital d'Aker Yards. Un cabinet aurait été mandaté pour négocier directement avec les principaux actionnaires du groupe européen de construction navale l'achat de 33 à 39% des titres. STX s'assurait ainsi une minorité de blocage et donc le contrôle d'Aker Yards, sans avoir à dévoiler sur la place publique son projet d'acquisition. En restant sous la barre des 40% du capital, il n'avait en effet pas besoin de lancer une OPA. Reste la question de savoir comment un groupe étranger a pu, en une nuit, réussir une telle manoeuvre sans avoir à en référer aux Etats concernés et à l'Europe. La réponse tiendrait dans la création d'une société basée en Europe. Baptisée Rambera AS, c'est cette structure, installée en Norvège, qui a mené l'opération d'achat. Sitôt le raid réussi, STX Shipbuilding a annoncé un changement de nom, Rambera devenant STX Norway, filiale à 100% de STX Group. On ne connait, en revanche, toujours pas les noms des actionnaires ayant cédé leurs participations à STX. Ces derniers, en acceptant un prix de vente de 97 couronnes norvégiennes par action (12.6 euros), ont fait une plus value de 44% par rapport à la cotation de lundi . Le titre Aker Yards s'échangeait alors à 67 couronnes (8.7 euros) à la bourse d'Oslo. A la veille de l'entrée de STX dans le groupe, les trois premiers actionnaires étaient UBS, qui regroupait 7.97% du capital, BNP Paribas avec 7.49% et Deutsche Bank avec 6.51%.
Regroupant 18 chantiers, notamment en France, en Allemagne, en Finlande, en Norvège et en Roumanie , Aker Yards compte 20.000 salariés et a enregistré, en 2006, un chiffre d'affaires de 3.2 milliards d'euros. Le groupe compte 140 navires dans son carnet de commandes, dont 9 paquebots.
Présent sur le marché des méthaniers, porte-conteneurs, tankers, vraquiers, ferries et navires militaires, la branche construction navale du groupe STX a, quant à elle, un carnet de commandes s'élevant à 13.5 milliards de dollars. Sur l'année 2006, le Coréen a emporté 1.8 milliard de dollars de contrats.
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- Lire notre article sur le raid de STX sur Aker Yards

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