Construction Navale
Aker Yards : Vers un transfert de charge entre la Finlande et Saint-Nazaire ?

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Aker Yards : Vers un transfert de charge entre la Finlande et Saint-Nazaire ?

Construction Navale

Confrontés à d'importantes difficultés liées à une trop forte charge de travail et à des problèmes de recrutement de personnels qualifiés, les chantiers finlandais d'Aker Yards ont enregistré, en 2007, de très mauvais résultats. Si la révision à la baisse des objectifs financiers du groupe, liée à cette situation, est évoquée depuis juin dernier, son ampleur reste inconnue. Hier, la direction d'Aker Yards a annoncé une nouvelle alerte sur résultat, estimant que le bilan annuel pourrait être inférieur aux estimations, déjà revues à la baisse, du mois de décembre. Par conséquent, le constructeur a reporté de quinze jours la date de publication de ses résultats annuels, initialement prévue le 18 février. A la bourse d'Oslo, le titre a immédiatement plongé.
Avec six paquebots et ferries à livrer cette année, les sites de Turku, Rauma et Helsinki ne parviennent pas à tenir la cadence, alors qu'un autre ferry et surtout le premier paquebot géant de la classe Genesis doivent être achevés pour la fin 2009. A l'inverse, Saint-Nazaire, qui monte progressivement en puissance sur les nouveaux paquebots de MSC et NCL, est le seul chantier de la division Cruise & Ferries d'Aker Yards à dégager des bénéfices. Dans ces conditions, la direction norvégienne du groupe peut-elle décider de transférer de la charge en France ? « Il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. On n'en est pas là même si, dans le cadre de nouvelles commandes, le groupe pourrait, comme il ne s'en est jamais caché, optimiser son outil entre les différents sites », explique-ton aux anciens Chantiers de l'Atlantique.

Du travail dans les études et une visée sur les nouvelles commandes du groupe

Séduisante sur le papier, la réalisation à Saint-Nazaire de sections pour le compte des Finlandais pose plusieurs problèmes. Il est, tout d'abord, très délicat voire impossible de modifier un montage industriel si la construction a déjà débuté, sauf à désorganiser le programme et provoquer des surcoûts. La réalisation de simples ensembles métalliques, qui nécessitent ensuite d'être remorqués jusqu'en Baltique, n'est dans le même temps pas une affaire des plus rentables pour un chantier comme celui de Saint-Nazaire. L'expérience fut faite avec la construction d'une partie de la coque du ferry Galaxy 2, livrée au printemps 2007 à Rauma. Si ce marché a permis de combler un creux de charge momentané dans les ateliers d'Aker Yards France, elle n'aurait pas rapporté d'argent à l'entreprise. A l'heure où le site s'apprête à tourner à plein régime, il semblerait donc hasardeux d'occuper des créneaux libres dans la cale de construction, à même de recevoir de nouvelles commandes.
En revanche, les déboires des chantiers finlandais pourraient inciter Aker Yards à confier ses prochains contrats à sa filiale française. Cela permettrait, notamment, de rassurer des clients inquiets des retards de livraison enregistrés au nord de l'Europe.
En attendant, les ex-Chantiers de l'Atlantique aident déjà leurs collègues finlandais en matière d'ingénierie. En septembre dernier, Aker Yards Solutions, leur filiale spécialisée dans les études industrielles, a décroché un contrat de 1000 heures portant sur une prestation d'études de coque métallique pour le Genesis, construit à Turku. « Ce contrat démontre la pertinence de la création de cette société. Cette création d'Aker Yards Solutions, en 2007, avait en effet pour objectif de proposer des prestations à l'ensemble des chantiers du groupe (18 sites, ndlr) et de permettre le lissage de la charge au niveau des études ».

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)