Construction Navale
Aker Yards vise 50% du marché de la construction de paquebots après 2008

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Aker Yards vise 50% du marché de la construction de paquebots après 2008

Construction Navale

Le groupe Aker Yards affiche des objectifs très ambitieux sur le marché de la croisière, en pleine expansion. L'indutriel souhaite prendre la moitié du marché après 2008. Pour la division Cruise & Ferries, il s'agit d'un véritable challenge qui passera inévitablement par une bataille commerciale très dure avec ses deux principaux concurrents, l'Italien Fincantieri et l'Allemand Meyer Werft. Le premier reste solidement arrimé au groupe américain Carnival, leader mondial de la croisière, pour lequel il doit encore livrer une quinzaine de paquebots. Ces navires seront opérés par les différentes flottes du groupe, Carnival, Costa, Princess, P&O, Cunard ou encore Holland America. Meyer Werft compte également Carnival Corp dans ses clients, au travers de sa filiale allemande AIDA cruises, pour laquelle les chantiers de Papenburg doivent encore réaliser trois paquebots de 68.500 tonneaux.
Meyer Werft dispose également, dans son carnet de commandes, d'une unité pour NCL (94.000 tonneaux), quatre autres pour Celebrity Cruises (118.000 tonneaux) et deux pour Disney (122.000 tonneaux). Cela porte la charge du groupe allemand à 10 navires, soit une unité de plus qu'Aker Yards. Ce dernier, dont les sites finlandais sont également présents sur le créneau des ferries, doit quant à lui livrer 9 paquebots d'ici 2010, dont 6 par Saint-Nazaire. Aux côtés des deux géants du type Genesis (220.000 tonneaux) pour RCCL, Aker construira deux 92.000 tonneaux (Musica) et deux 133.300 tonneaux (Fantasia) pour MSC, ainsi que deux 150.000 tonneaux (Freestyle 3) pour NCL. Une option est également attendue à la fin de l'été ou au début de l'automne pour un troisième F3. En matière de volume et de nombres de cabines, Aker Yards devance donc Meyer Werft et reste le second constructeur mondial de paquebots.

S'assurer les commandes des grands et compléter avec le marché de niches

Pour parvenir à atteindre ses objectifs, Aker Yards doit tenter de reconquérir Carnival, pour lequel il a déjà réalisé 14 paquebots, dont les 8 Carnival Fantasy, les 4 Carnival Splendour et le Queen Mary 2. Le groupe mise également sur le plan de développement de RCCL, qui devra, outre les Genesis, accroître et moderniser sa flotte avec des unités plus petites. Il faudra aussi voir quelle sera la capacité de ses deux autres gros clients, NCL et MSC, pour lancer d'autres constructions neuves. Dans le même temps, les commandes des quatre grands pourraient être complétées par le marché de niche, avec des armements plus petits ou des projets ponctuels. On retiendra, dans les projets potentiels, le paquebot résidentiel Magellan, pour lequel un accord a été récemment signé avec Residential Cruise Line, et un possible plan de développement de la Compagnie des Iles du Ponant, filiale de CMA CGM. Rien qu'en France, le constructeur espère porter son chiffre d'affaires à 1.2 milliard d'euros par an dès 2008. Un effort sera également fait en direction des armateurs pour faire valoir certaines innovations, ce que Jacques Hardelay, directeur général d'Aker Yards France, appelle la création de valeur : « Nous devons sortir du schéma coûts de fabrication + marge = prix de vente du navire, pour aller chercher de la vraie valeur ajoutée qui nous permettra de mieux valoriser notre savoir-faire et notre support au client ». Le constructeur souhaite, en conséquent, apporter des solutions techniques et des innovations permettant d'améliorer les revenus et de baisser les charges pendant l'exploitation des paquebots.

Saint-Nazaire : De 2100 à 5600 personnes en coque et montage armement

Pour l'heure, les quatre grands chantiers d'Aker Yards se concentrent sur un carnet de commande quasiment plein jusqu'en 2010. A Saint-Nazaire, les projets Fantasia et F3 vont entraîner un important pic d'activité. La direction française estime que 1600 personnes seront mobilisées en 2008 sur l'activité coque, contre 600 personnes l'année dernière. Dans le même temps, le montage armement fera un bond de 1500 à 4000 personnes. Pour faire face, l'entreprise a lancé à l'été 2006 un vaste plan de recrutement, tout en peinant à trouver du personnel qualifié, plus particulièrement chez les ouvriers. L'année prochaine, le site tournera à plein régime et devrait avoir retrouvé le niveau d'activité du début des années 2000. Aker Yards profitera de cette montée en puissance et de navires réalisés en série pour améliorer sa compétitivité. De nouveaux procédés industriels, directement inspirés du fonctionnement finlandais, verront le jour avec les paquebots de NCL. Ce sera par exemple le cas pour le découpage des panneaux, qui passera à 20 mètres et permettra de réduire leur nombre de 15%, mais aussi en matière de peinture des blocs. Alors que certaines directions sont externalisées, comme la production de cabines, les ex-Chantiers de l'Atlantique tendront à faire de plus en plus appel à la sous-traitance dite « clé en main ». Cette politique verra le nombre de marchés réduis, avec pour objectif de traiter avec des fournisseurs plus gros, à même de remporter des contrats plus importants et donc de proposer des tarifs plus attractifs.
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- Voir la fiche technique du Norwegian Gem

- Voir la fiche technique du Celebrity Solstice

- Voir la fiche technique du Queen Victoria

- Voir la fiche technique du Carnival Splendour

- Voir la fiche technique du Ruby Princess

- Voir la fiche technique de l'Eurodam

- Voir la fiche technique du MSC Poesia

- Voir la fiche technique du MSC Fantasia

- Voir la fiche technique de l'Independence of the Seas


Meyer Turku (ex-STX FINLAND)