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Al Makkah: Comment détruire une frégate toute neuve

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La Marine saoudienne a bien failli perdre une frégate flambante neuve pour sa première parade. Il y a quelques mois, l'Al Makkah, construite à Lorient, s'est littéralement encastrée sur un récif coralien en Mer rouge. Le navire participait à une revue navale et il semble que les officiers, non content de démontrer ses brillantes capacités aux dignitaires du royaume, en aient oublié les plus simples rudiments de la navigation: Un bateau ne s'arrête pas comme une voiture! Lancée à pleine vitesse, soit une trentaine de noeuds, la frégate a heurté de plein fouet le récif, déchirant sa coque sur 70 mètres (sur une longueur totale de 133). Par chance, les saoudiens n'ont déploré aucune victime mais le bâtiment a été sauvé de justesse. Malgré les conseils de Paris, Ryiad a souhaité traiter l'affaire localement. L'entreprise de off shore retenue a donc tenté de déséchouer la frégate sans en avoir manifestement les capacités techniques. Résultat: Non seulement l'Al Makkah est restée fixée sur son rocher, mais en plus, les efforts de traction imposés à la coque n'ont servi qu'à multiplier les voies d'eau. Après plusieures semaines de travail et de black out total, la marine saoudienne s'est finalement décidée à faire appel à un vrai professionnel, en l'occurence, une société néherlandaise qui est parvenu à dégager le malheureux bateau. L'Al Makkah se trouve actuellement en cale sèche à Djeddah, où DCN procèdera vraisemblablement à ses réparations. A bord, les avaries sont considérables, notamment au niveau des machines, plongées plusieures semaines dans l'eau de mer. Les systèmes de combat auraient également beaucoup souffert.
Deuxième d'une sérié de trois navires dérivés des frégates Lafayette, l'Al Makkah a été livrée par DCN en avril 2004. Déplaçant 4500 tonnes à pleine charge, ces bâtiments sont armés de missiles Aster 15 et MM40, d'une pièce de 76mm et de tubes lance torpilles. Le contrat, appelé SAWARI II, a été signé en 94 et son montant, estimé à l'époque, était de 19 milliards de francs. Un prix incluant la formation de 700 ingénieurs et marins, ainsi que la construction de bâtiments de maintenance et d'une école pour la marine saoudienne à Djeddah.