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Alerte anti-missiles balistiques : Ariane 5 met SPIRALE sur orbite

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Alerte anti-missiles balistiques : Ariane 5 met SPIRALE sur orbite

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C'est le premier pas vers un système qui permettrait à la France de disposer, à terme, d'un dispositif de lutte contre les missiles balistiques. Cette nuit, depuis Kourou, en Guyane, une fusée Ariane 5 a placé en orbite les deux microsatellites du Système préparatoire infrarouge pour l'alerte (SPIRALE). Qualifié de « démonstrateur pour l'alerte avancée » par la Délégation Générale pour l'Armement (DGA), le système va collecter pendant un an de nombreuses images infrarouges de la Terre afin d'évaluer les situations possibles de fausses alarmes générées par des phénomènes naturels (par exemple des nuages ou des montagnes enneigées éclairés par le soleil). SPIRALE doit également permettre de modéliser et de proposer à la DGA d'ici octobre 2010 les premières caractéristiques d'un futur satellite (notamment la résolution et la sensibilité de la caméra infrarouge).

Les deux microsatellites (© : EADS ASTRIUM)
Les deux microsatellites (© : EADS ASTRIUM)

L'objectif du futur dispositif est de détecter le tir d'un missile balistique le plus tôt possible après son lancement. Le système repose sur le principe de la détection de la chaleur (signature infrarouge) dégagée par les moteurs pendant la phase de propulsion du missile. Ainsi, la France souhaite disposer, d'ici 2020, d'une capacité de détection et d'alerte des tirs de missiles balistiques. Il s'agit, notamment, de surveiller des tirs d'essais de pays proliférants et de protéger des centres de population, des forces ainsi que des installations identifiées comme cibles, tout en localisant précisément l'origine des tirs de missiles. Pour être complet, le système d'alerte devra aussi comprendre, au sol, des radars à très longue portée capables de détecter et caractériser la trajectoire missile, y compris après l'extinction du propulseur.

Les deux microsatellites (© : EADS ASTRIUM)
Les deux microsatellites (© : EADS ASTRIUM)

Dans le même temps, les réflexions se poursuivent en vue d'acquérir une capacité d'interception mais, pour cela, une coopération européenne semble indispensable compte tenu du coût d'un système de missile anti-missile balistique.
La DGA a confié la maîtrise d'oeuvre de SPIRALE à EADS-Astrium, responsable du centre de contrôle des satellites, de l'exploitation des images et de la définition du futur système d'alerte. Sous-traitant du projet, Thales Alenia Space a conçu et développé les deux microsatellites basés sur la plate-forme Myriade du CNES. Ce programme a fait l'objet d'un plan d'études amont lancé en 2004 par la DGA et doté de 124 millions d'euros.