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Alerte au mercure dans les poissons…

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Le taux de mercure contenu dans les espèces aquatiques ne cesse d’augmenter et pourrait bien devenir dans les prochaines années un véritable problème de santé publique. Toutes les mers du globe sont concernées et les scientifiques attribuent la présence de ce produit aux conséquences des activités humaines. On estime que les trois quarts de l’apport de mercure aux systèmes aquatiques provient de la combustion de pétrole et de charbon, ainsi qu’à l’exploitation des minerais et l’incinération des déchets. Le reste est en grande partie issu de l’industrie du chlore, du plomb et du zinc. Certaines espèces de poisson sont particulièrement touchées. Ainsi, en 2002, l’agence canadienne d’inspection des aliments conseillait de limiter à une fois par semaine la consommation d’espadon, de requin ou de thon (frais ou congelé). Pour les jeunes enfants, la note parlait même d’une seule fois par mois (*).
En France, le problème a été soulevé l’année dernière et l’AFSSA. L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, invitait les consommateurs à ne pas abuser des gros poissons de mer. Les parents doivent notamment veiller à ce que les enfants n’en mangent pas plus de 60 grammes par semaine. Les femmes enceinte doivent faire encore plus attention avec une limite fixée à 150 grammes par mois.

La Réunion: Des quantités deux fois supérieures à la normale

Le problème refait surface cette semaine, non pas en métropole, mais à la Réunion. Selon le quotidien local Clicanoo (**), les derniers prélèvements effectués autour de l’île montrent que la quantité de mercure trouvée dans un tiers des espadons (9 sur 27 pêchés) est deux fois supérieure à celle autorisée par l’Union Européenne. Une situation qui ne va sans poser problème puisque ce poisson est très prisé dans la gastronomie locale. Selon Clicanoo, « Il apparaît donc que l’espadon commercialisé à la Réunion, quelle que soit sa zone de provenance, présente des concentrations en mercure (…) 1,5 à 2 fois supérieures à la teneur maximale fixée par la Commission européenne ». Les retombées sanitaires de cette concentration sont évidemment difficiles à établir mais la découverte a été jugée suffisamment sérieuse pour que la cellule interrégionale d’épidémiologie demande à l’AFSSA de rédiger une recommandation particulière pour l’espadon.

Le mercure dans l’eau

Le mercure existe sous deux formes différentes, la forme organique et la forme inorganique. Dans le milieu aquatique, le mercure se retrouve le plus souvent sous la forme de méthylmercure. Cette forme organique se lie étroitement aux protéines des tissus du poisson. La plupart des espèces présentent des traces de méthylmercure. La quantité varie en fonction de la teneur en mercure du milieu aquatique, de la taille de l’animal et de sa place dans la chaîne alimentaire. Le mercure a en effet tendance à s’accumuler, de sorte que les poissons prédateurs en renferment habituellement des quantités plus élevées que les espèces non prédatrices, qui occupent les niveaux inférieurs de la chaîne.
Les dangers du méthylmercure ont été mis en évidence à partir de données expérimentales obtenues chez l'animal de laboratoire, le recueil de données cliniques observées à l'occasion d'exposition accidentelle (Minamata et Niigata au Japon dans les années 1960, intoxication massive dans les années 1970 en Irak), et les données épidémiologiques relevées ces quarante dernières années.

(*) inspection.gc.ca
(**) Clicanoo.com