Construction Navale
Alias3D combine scanner laser et ingénierie navale

Focus

Alias3D combine scanner laser et ingénierie navale

Construction Navale

Particulièrement utile pour les études de stabilité, les opérations de rénovation ou d’intégration de nouveaux équipements, le scanner laser se développe dans le secteur naval. Ce système, basé sur la prise de vue sous différents angles par un laser numérique, permet de modéliser en 3D, très rapidement et avec une grande précision, tout ou partie d’un bateau. La rétro-ingénierie à partir de la numérisation par laser scanner évite par exemple les reprises, parfois lourdes, quand ce n’est pas une pièce de dimension appréciable qui n’entre pas dans l’emplacement prévu. « Cela s’est encore récemment vu sur un projet de remotorisation d’une vedette où il a fallu complètement refaire le nouveau châssis, la première structure ayant été produite avec des mesures trop approximatives. Auparavant, on utilisait de petits pointeurs laser et surtout des mètres et niveaux pour prendre des cotes, puis on partait des notes prises sur un cahier pour reproduire un modèle 3D, ce qui est long, n’est pas très précis et pose des problèmes d’alignement, notamment du fait qu’à l'intérieur du navire, il n’y plus de repère de niveau. Avec le scanner laser, on n’est plus dans l’approximation. On obtient un modèle numérique 3D extrêmement précis, avec des erreurs inférieures au millimètre, il n’y a plus d’erreur sur l’horizontalité ou de position relative entre les objets », explique Stephan Vallet, directeur d’Alias3D.

 

Livrable issus des prestations scanner laser d'Alias3D. Il s'agit d'une visualisation directe du nuage de points, donc une juxtaposition de points, très nombreux (dizaines de millions) qui dessinent parfaitement les formes réelles (© ALIAS3D)

Livrable issus des prestations scanner laser d'Alias3D. Il s'agit d'une visualisation directe du nuage de points, donc une juxtaposition de points, très nombreux (dizaines de millions) qui dessinent parfaitement les formes réelles (© ALIAS3D)

(© ALIAS3D)

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Des plans fiables directement utilisables

Créée en 2016, cette société, basée à Plumelec, près de Vannes, s’est notamment faite une spécialité de ces modélisations au profit du secteur naval. « Nous sommes vraiment là pour accompagner des travaux dans des situations où les mesures sont complexes. On apporte des plans fiables et directement utilisables pour la modernisation de navires ou la modification d’équipements ou de locaux. Il y a un enjeu d’autant plus important qu’on se rend compte que les bateaux, qui évoluent pendant leur vie, ne sont pas conformes aux plans. D’ailleurs, même s’ils sont récents et que les plans des architectes sont très bons, on constate régulièrement des différences de 5, 6 cm, parfois 10 cm. D’où l’intérêt de nos machines, qui permettent en quelques heures d’obtenir des fichiers 3D parfaits ».

 

Livrable issus des prestations scanner laser (© ALIAS3D)

Livrable issus des prestations scanner laser (© ALIAS3D)

 

Gagner en sécurité, en qualité de finition et dérisquer les projets

L’intérêt est évident pour les retrofits de navires : « Qu’il s’agisse de l’intégration de scrubbers, d’une remotorisation ou de tout autre ajout de matériel, par exemple à la pêche où les engins s’alourdissent au fil du temps, ce qui implique de refaire des dossiers de stabilité et de remesurer complètement la carène pour obtenir un modèle 3D, ce dispositif permet de gagner en sécurité et en qualité de finition. Il permet aussi de dérisquer les projets, d’éviter les retards et surcoûts liés aux erreurs, voire que ça ne fonctionne pas. La préfabrication est beaucoup plus sûre, les équipements sont ajustés en atelier et il y a très peu de correctifs à faire in situ. Et si parfois il y a un écart infime, une rondelle ou la souplesse d’un châssis sont suffisantes », assure Stephan Vallet.

 

(© ALIAS3D)

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Scanner sur pied et scanner « à la volée »

Les scanners sur pied « tournent sur eux-mêmes et envoient des impulsions laser sur une sphère de 360°. A chaque fois que le laser rencontre un objet, il renvoie une information de position dans l’espace et bien d’autres informations sur l’objet, ce qui forme un point unique et qualifié. Le très grand nombre d’impulsions permet d’obtenir pour chaque position de relevé une très haute densité de points, plusieurs millions, qui forment un "nuage de points" et définissent ensemble par juxtapoisition les formes en 3D très précises des objets environants. Pour une carène qui n’a pas trop d’appendices, par exemple, on utilis le scanner sur pied, on fait un côté puis l’autre, six à dix points de vue suffisent. Pour des locaux internes où il y a beaucoup d’équipements et qui peuvent êtres exigus, nous pratiquons en complément  les relevés laser dynamiques, avec un scanner à la main, qui balaye les surfaces visées. Nous l’utilisons typiquement dans des zones confinées et denses, comme une salle des machines afin de relever les moteurs, la tuyauterie, un réservoir, un tableau de commande, un espace situé sous une trappe où l’on passe la main… Les vues recueillies par les deux types de scanners sont ensuite assemblées dans nos ordinateurs et réunies en un seul ensemble livrable, comprenant selon les souhaits du client des zones plus ou moins détaillées. Tout notre savoir-faire consiste à remodéliser des formes, à reconstruiore numériquement des formes complexes, à faire des assemblages entre parties internes et externes.Nous réalisons le scanner sur site et nous transformons cette matière première pour qu’elle soit utilisable directement par les chantiers navals, donc des livrables adaptés à chaque client, du gros industriel à la petite PME ».

 

(© ALIAS3D)

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Rétro-ingénierie pour fournir des livrables complets

Alias3D ne se contente en effet pas d’effectuer des scan 3D et de livrer les dizaines de milliers de points recueillis à ses clients. « Tout le monde sait livrer un nuage de points et il y a plusieurs sociétés qui le font en France. Une de nos valeurs ajoutées, c’est de pouvoir faire de la rétro-ingénierie, de traiter les données et de les restituer sous forme de livrables adaptés, compréhensibles et intégrables dans  les logiciels de conception 3D utilisés par les architectes et chantiers navals, Catia, Rhino, Solidworks et les autres ». L’équipe d’Alias3D rassemble pour cela des compétences en ingénierie et architecture navale, avec aussi des anciens marins, comme Stéphan Vallet, qui a connu une première vie dans la voile de compétition. « Même si nous ne travaillons pas uniquement sur des bateaux, mais aussi des projets terrestres, nous avons un bureau d’ingénierie avec un vrai ADN naval et une appétence claire pour ce milieu. Dans l’équipe, il n’y a presque que des marins, ce qui permet aussi d’avoir une expertise très utile dans ce milieu. La différence se fait souvent sur les détails… »

Bureau d’études pour de nombreux projets terrestres et maritimes

« La compétence ingénierie et architecture est essentielle pour être capable de proposer un produit complet et pertinent de scan 3D mais c’est aussi une activité à part entière ». La PME bretonne a ainsi travaillé sur des projets résidentiels, la rénovation de complexes publiques, la restauration de moulins anciens ou encore le système d’ancrage d’une ferme solaire flottante. Dans le domaine maritime, elle a collaboré par exemple sur un projet d’éoliennes flottantes, la conception d’un châssis de treuil pour sonar remorqué militaire, des foils de voiliers ou la conception intégrale des carènes de bateaux de plaisance de 2 à 25 mètres (Range Boat, Nantucket). Alias 3D a également réalisé l’architecture navale et dirigé les études de faisabilité du Manta II, grand multicoque imaginé dans le cadre du projet TheSeaCleaners visant à développer un navire conçu pour collecter industriellement les déchets plastiques polluant les océans en utilisant 75% d’énergies renouvelables. « Le grand challenge d’avenir des énergies renouvelables dans la marine commerciale nous intéresse tout particulièrement, la voile bien-sûr mais aussi d’autres solutions qui nous semblent plus universelles et industrielles. »