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Alseamar : deux planeurs pour les grandes profondeurs

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Alseamar : deux planeurs pour les grandes profondeurs

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Ils sont le fruit de presque cinq ans de travail. Les planeurs (gliders) sous-marins DeepExplorer et UltraDeepExplorer ont été conçus dans le cadre du projet européen Horizon 2020. Baptisé Bridges (Bringing together research and industry for the developpment of glider environmental services), ce projet s’est achevé fin août 2019. Il a mobilisé 19 partenaires de 8 pays différents pour un budget de près de 8 millions d’euros.

Résultat : deux planeurs initialement prévus pour plonger à 2400 et 5000 mètres, mais qui affichent aujourd’hui jusqu’à 3000 et 6000 mètres. Conçus par Alseamar, qui a déjà développé le planeur sous-marin SeaExplorer pouvant atteindre 1000 mètres, ces drones autonomes, pilotés à distance depuis la terre ont une très longue endurance, de l’ordre de plusieurs semaines, voire plusieurs mois. La société française a mobilisé cinq ingénieurs pendant la durée de ce projet qui lui permet d’élargir sa gamme et conforter sa position dans le domaine des gliders.

 

 

Le DeepExplorer (DXP), capable de plonger à 3000 m avec sa coque en aluminium pèse 200 kg, pour une longueur de 2.7 mètres, une largeur de 1.5 mètre et une hauteur de 85 centimètres; L’UltraDeep Explorer (UXP), dont la coque est en titane, est plus lourd : il pèse 350 kg pour des dimensions identiques. La vitesse moyenne est de l'ordre de 2 noeuds.

 

(© ALSEAMAR)

(© ALSEAMAR)

 

Dans le nez, les planeurs peuvent accueillir dans un volume de 50 litres jusqu’à 8 capteurs et un ordinateur de bord dédié à la prise de mesures. Une autre partie du planeur est occupée par une batterie rechargeable Lithium-ion et le système de ballasts. À l’arrière, se trouvent la propulsion et l’ordinateur de contrôle, le « cerveau » du drone. Ce dernier peut communiquer par GPS, satellite et radio, via une triple antenne.

Ces engins sont équipés d’une propulsion hybride. Ils ont des hélices et remplissent des ballasts pour plonger en se servant de la poussée d’Archimède. Parmi les défis relevés, il s’agissait de faire en sorte que le planeur « descende et puisse rester quelques heures en bas avec une navigation disons rectiligne, ce qui est permis par le mode hybride », explique François-Xavier de Cointet, directeur d’Alseamar. Ensuite, et surtout, il a fallu concevoir des coques capables de supporter les grandes profondeurs. Un problème qui concerne aussi beaucoup de capteurs.

Pourquoi développer ces nouveaux planeurs ? Afin de recueillir à de grandes profondeurs pour un coût réduit de précieuses données pour l’Oil&Gas, la recherche scientifique ou encore l'exploitation des ressources minérales contenues dans les grands fonds (exploitation de nodules qui peuvent contenir de l’argent, de l’or, du cuivre, du manganèse, du cobalt et du zinc).

« Dans le pétrole, il y a un intérêt certain », indique le directeur d’Alseamar, qui envisage de développer une flotte destinée à être exploitée pour le compte de sociétés pétrolières. Les planeurs seront équipés de capteurs en fonction de la demande des clients. Par exemple, pour détecter du gaz rejeté sous l’eau ou des microparticules de pétrole.

Pour les scientifiques, il s’agit d’« aller voir ce qui se passe profond, pour des problématiques climatologiques, d’environnement, de pollution… » Par exemple, détaille François-Xavier de Cointet, « on est en train de qualifier un capteur de micro plastiques pour étudier aussi les conséquences des pollutions ». Il est aussi possible d'embarquer sur les drones des capteurs de température, de salinité, de turbidité, pour des missions océanographiques ou encore pour essayer d’analyser l’évolution de la pêche dans des zones précises.

Dans le domaine de l'exploitation des grands fonds, il s’agit de relever des données classiques (température, pression) mais aussi d’embarquer des capteurs spécifiques de détection des métaux. Les planeurs peuvent aussi contribuer à dresser un état des lieux avant et après des opérations pour « voir dans quel état on laisse le terrain ».

Seul bémol, en raison de difficultés techniques qui ont entraîné des retards dans le planning lors de la conception, tous les essais en mer n’ont pas pu être effectués avant la fin du projet européen. Alseamar cherche maintenant à terminer les qualifications et à industrialiser ces planeurs pour passer des démonstrateurs à un produit de série. La société devrait se concentrer dans un premier temps sur le DXP (3000 m), pour lequel le marché est plus vaste.

 

(© ALSEAMAR)

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