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Amarrage des éoliennes : les fibres synthétiques de l'Ifremer

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Amarrage des éoliennes : les fibres synthétiques de l'Ifremer

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Comment amarrer les futures éoliennes en mer ? Par rapport aux chaînes, les matières synthétiques offrent des caractéristiques et des avantages recherchés par les opérateurs. À l’Ifremer Brest, on teste la résistance dans le temps de ces cordages que l’on aimerait pouvoir immerger pour dix ou vingt ans.

Limiter la maintenance et les opérations de remplacement de matériel : l’enjeu est de taille pour les opérateurs qui imaginent les futurs champs d’éoliennes flottantes amarrées sur le fond. Pas question d’utiliser des chaînes lourdes, encombrantes et compliquées à déployer au vu des quantités à mettre en œuvre sur les plus gros champs à l’étude. Les matières synthétiques, comme le nylon, offrent une alternative aujourd’hui crédible, déjà utilisée sous certaines plateformes pétrolières.

 

 

À condition de tenir dans le temps

« Ces dernières années, un cordage immergé ne durait qu’un ou deux ans dans l’eau », résume Peter Davies, du laboratoire de comportement des structures en mer, à l’Ifremer (*). « Il perdait une bonne partie de ses qualités et cédait rapidement en cas de frottements répétés ». « On a travaillé le tressage et l’architecture de ces cordages avec les industriels (principalement une corderie belge), ainsi que les revêtements. Nous avons considérablement amélioré nos connaissances sur la résistance et la longévité de ce type de fibre ».

Limiter l’usure, les processus d’allongement et le vieillissement de ces cordages soumis à des efforts nombreux et répétés. La souplesse des fibres synthétiques permet également d’absorber les chocs, en diminuant les à-coups qui peuvent fragiliser à terme les machines et avoir un réel impact sur leur rendement. Trouver la bonne fibre pour le bon usage, à un moindre coût… « L’idéal serait d’utiliser une fibre biosourcée mais on peine actuellement à augmenter leur durabilité », reconnaît le scientifique, détaché pour le compte de France Énergies marines.

Le synthétique, c’est encore fantastique

Afin de limiter l’usage de fibres issues de la pétrochimie, qui plus est dans le domaine des énergies renouvelables, la tentation est grande d’avoir recours à des composants moins néfastes pour l’océan. Mais pour l’instant, seuls les produits issus des hydrocarbures répondent à l’exigeant cahier des charges de ces machines qui devront tenir dans le temps, résister aux tempêtes et aux millions cycles de tensions générés par les vagues et le vent.

Utiliser des fibres écologiques, recyclables à l’envi mais devoir les remplacer plus souvent ou tabler sur du nylon à la résistance éprouvée mais toujours issu de la chaîne du pétrole ? Pour les porteurs de projets, le coût de mise en œuvre et le souci de longévité sur des champs géants nécessitant des kilomètres d’ancrage ont aisément dicté leur choix.

Les travaux menés dans le laboratoire de l’Ifremer, à Plouzané (29), avancent à grands pas. « Avec les modifications apportées sur les fibres testées en laboratoire, on est capable de garantir l’efficacité d’un cordage synthétique soumis au « ragage » (frottements) et à des efforts répétés durant plusieurs années ». Sous l’eau, dans les pires conditions de sollicitations. Autant d’avancées qui profiteront un jour au lamanage, au remorquage et, pourquoi pas, aux plaisanciers qui se libéreront aussi de leurs chaînes.

Un article de la rédaction du Télégramme