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Amoco Cadiz : Ces heures où tout a basculé

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Le 16 mars 1978, il a fallu moins de 24 heures pour que le pétrolier géant Amoco Cadiz se fracasse sur les roches de Portsall. Une catastrophe prévisible face à laquelle les autorités françaises se sont pourtant retrouvées impuissantes.

Jeudi 16 mars1978. La France se passionne pour les élections législatives. Les résultats du premier tour, deux jours plus tôt, ont mis en difficulté le gouvernement de Raymond Barre sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. La gauche a signé un programme commun de gouvernement en 1972. Elle s’est pourtant présentée en ordre dispersé au premier tour. Pour la première fois, le Parti Socialiste a devancé le Parti Communiste dans ce type d’élection. 

Dans cet entre-deux tours fiévreux, la gauche se rabiboche autour d’un texte de gouvernement (qui ne suffira pas à la gauche pour l'emporter). Cet accord pourrait lui permettre d’accéder au pouvoir pour la première fois depuis la création de la Ve République. La question d’une possible cohabitation est au coeur des préoccupations nationales. Tous les médias écrits et audiovisuels sont concentrés là-dessus. 

Dans ce contexte d’actualité crispé, personne ne fait attention au coup de vent qui balaie la pointe de la Bretagne en cette fin d’hiver 78. Les prévisions pour la journée du 16 mars tablent sur un vent ouest, sud-ouest de force 9, avec des pointes à 10 en soirée, de la pluie et des averses en rafales, une visibilité « réduite ou bonne », un coefficient de marée de 45. Les courants sont particulièrement faibles ce jour-là. Bref, une bonne tempête comme la pointe bretonne en vit quatre ou cinq par hiver. Rien d’alarmant, certes mais il ne fait pas bon se trouver en mer avec une telle météo. 

C’est dans ces conditions, en ce petit matin du jeudi 16 mars, que le drame va se jouer au large de la Bretagne. Il va se dérouler durant toute la journée sans que le grand public n’en soit informé. L’information en « direct-live » n’existe pas encore. Aucune image ne sera filmée en mer. Il faudra attendre 24 heures pour découvrir, incrédule, le déroulé de la pire catastrophe écologique connue par la région : l’éventrement de l’un des plus gros pétroliers du monde sur les rochers de Portsall, suivi de la pire marée noire mondiale.

Le jour de la catastrophe

9 H. Venant du sud, L’Amoco Cadiz, un immense pétrolier battant pavillon libérien se trouve alors au sud-ouest de l’île d’Ouessant. Il s’apprête à s’engager dans la Manche. 

L’Amoco Cadiz est un navire récent. Il a été construit en 1974 par le chantier naval Astilleros espanoles à Cadix. Il appartient à la société américaine Amoco international oil compagny, située à Chicago. Immatriculé au Liberia, le supertanker figure parmi la dernière génération de pétroliers chargés d’acheminer le pétrole du Golfe Persique vers l’Europe. Sa taille en impose : 330 mètres de long pour 234.000 tonnes de port en lourd. L’Amoco compte parmi les géants des mers, construits au début des années 70 pour répondre aux besoins croissants de la consommation de pétrole. Le 16 mars 1978, son équipage est composé de 43 marins italiens dont le commandant,Pasquale Bardari et de l'épouse d'un officier. 

Début février l’Amoco Cadiz a chargé 121.157 tonnes de pétrole brut en Arabie Saoudite dans le port de Ras Tanura. Il a complété sa cargaison avec 98.640 tonnes sur l’île de Kharg, en Iran. Il quitte le Golfe Persique le 7 février. Destination : le port de Rotterdam, au Pays-Bas, via la baie de Lyme en Angleterre. Une escale classique pour alléger les pétroliers avant leur passage vers la mer du Nord. Le 28 février, le pétrolier double le Cap de Bonne Espérance. Il relâche aux Canaries, à Las Palmas, pour se ravitailler en carburant de propulsion. Il s’engage ensuite, à 9,5 noeuds, dans la voie montante de la ligne qui sépare le trafic maritime et organise la circulation des navires dans la Manche. La météo difficile ne gêne pas sa lente progression.


9 H 45. Un incident est signalé. Les mécanos de l’Amoco constatent une avarie de gouvernail, alors qu’il se situe à 7,5 milles au nord d’Ouessant. L’homme de barre prévient le commandant que « le navire a perdu sa direction ». Le gouvernail est bloqué de telle manière que le pétrolier se dirige vers bâbord. Le commandant décide de stopper les machines et de réclamer une assistance à sa compagnie.


9 H 50. L’Amoco lance un message télégraphique, puis radio, dit de sécurité. Il annonce que « le navire n’est plus manoeuvrable et demande aux autres navires de s’en tenir éloigné ». Aux machines, l’équipage tente en vain de réparer l’avarie de gouvernail. L’enquête du juge américain montrera par la suite, que l’équipage n’a pas reçu de formation qui lui aurait permis de faire face à cette panne. L’équipage ne dispose même pas d’informations concernant la vidange du système hydraulique et le nettoyage des pompes. De plus, les propriétaires du pétrolier n’ont pas respecté les prescriptions du constructeur en matière d’entretien du système hydraulique du gouvernail. Les vidanges n’étant pas faites comme il le fallait, le circuit hydraulique s’est plus ou moins grippé. Sous la pression des vagues, certaines pièces ont rompu. Des réparations dont la nécessité était évidente, n’ont pas été effectuées et il a été constaté des rayures sur les cylindres du système hydraulique. Les fuites d’huile qui résultaient de ce défaut d’entretien n’ont cessé d’augmenter jusqu’à dépasser les dix litres par jour avant l’accident. La barre s’est déjà bloquée à deux reprises avant l’accident. L’avarie qui intervient, ce 16 mars 1978 en pleine tempête aux abords d’Ouessant, était prévisible. Malheureusement pour la Bretagne, elle se déroule au pire endroit, très près des côtes, avec la pire des météos qui soit.

11 H 20. Dans un premier temps, le commandant Bardari cherche à entrer en contact avec le siège de sa compagnie. Cependant, en raison du décalage horaire et d’une absence de permanence, personne ne répond à Chicago. Il ne réussit pas non plus à contacter à Gênes les représentants européens de la compagnie. Constatant que les tentatives de réparation du gouvernail sont infructueuses, Bardari demande alors officiellement l’assistance de remorqueurs, par le biais de Radio Conquet avec qui il vient d’entrer en contact.

 

 

11 H 28. Le Pacific, un remorqueur de haute mer, basé à Brest et affrété par la société Bugsier à Hambourg, entend l’appel de secours de l’Amoco. Le Pacific a quitté le port de Brest le matin. Il se dirige vers le Pas-de-Calais, où il doit prêter main forte à un autre remorqueur pour le transfert d’une plateforme pétrolière vers le golfe de Gascogne. Le Pacific a été construit en 1963. Sa puissance est de 10.000 cv. Il a été positionné à Brest par sa compagnie allemande pour intervenir à la demande sur le secteur Manche-golfe de Gascogne. Au moment de l’appel de détresse, il se trouve devant Portsall, à seulement 13 milles de l’Amoco Cadiz Le Pacific fait aussitôt demi-tour et propose une offre de service de remorquage sur la base du contrat « No cure-No pay » (Si le navire fait naufrage, il n’y a pas de paiement, si le navire est sauvé, l’indemnisation est fixée par un tribunal privé dans le cadre de la Lloyd’s, sans contestation possible). La société de remorquage pressent que le Pacific n’est pas assez puissant pour un tel supertanker.

Elle déroute également un autre bâtiment, le Simson. Lui croise au large de Cherbourg. De son côté, la Marine nationale ne dispose pas de remorqueur pouvant intervenir sur zone. Le Malabar, seul remorqueur en sa possession, se trouve alors à une dizaine d’heures de route de l’Amoco. La Marine ne peut qu’assister, impuissante, au déroulement du drame à travers ses sémaphores.


12 H. Le Pacific arrive en vue de l’Amoco. Il évalue alors la distance séparant les deux navires à 6 milles nautiques. Le pétrolier dérive dangereusement. Son commandant cherche toujours à contacter sa compagnie pour définir les termes du contrat de remorquage.


12 H 55. Le Pacific se trouve maintenant à 50 mètres du pétrolier. Le bâtiment roule fortement sous l’influence du vent qui souffle en rafales de force 8 à 10. Les creux sont de 8 mètres. Les conditions de navigation sont très difficiles. Mais l’Amoco Transport company n’a toujours pas accepté les termes du contrat. A 13 h 15, le Pacific lance pourtant une première remorque. Elle est amarrée aussitôt. Peu après 14 h, le remorqueur commence à tirer lentement. Cependant, le contrat juridique n’est toujours pas accepté. Vers 15 h, les deux navires dérivent petit à petit vers l’est. Ils se rapprochent des côtes bretonnes.


16 H. Le contrat de remorquage est enfin accepté officiellement, l’Amoco Cadiz a obtenu l’accord de Chicago, le siège de la compagnie. Mais, quinze minutes plus tard, la remorque casse, alors que les deux navires sont distants de 1.000 mètres environ et qu’ils évoluent à
environ 5 milles de la terre. Le remorqueur se prépare à une nouvelle tentative. Cependant, la manoeuvre, qui consiste à récupérer la remorque cassée puis à ré-arrimer le pétrolier, prend beaucoup de temps en pleine tempête. Le commandant de l’Amoco fait alors
mettre les machines en arrière, à la puissance maximale permise par le mauvais temps, pour tenter de freiner sa dérive.


19 H. Trois heures après l’échec de la première tentative de remorquage, le Pacific est enfin prêt pour un nouvel essai. Pourtant, cette fois, rien ne se passe comme prévu. Trois remorques sont lancées sur l’Amoco successivement, sans succès. Il faut dire que la nuit est tombée. En pleine tempête, les conditions de visibilité sont exécrables. Une quatrième tentative réussit enfin, mais la remorque lâche une nouvelle fois. Les deux commandants ont du mal à se comprendre et à coordonner leurs efforts pour positionner correctement leurs navires. La situation ne cesse d’empirer. L’Amoco poursuit sa dangereuse dérive vers les rochers.


20 H. L’Amoco mouille son ancre pour tenter de ralentir sa dérive. Une cinquième remorque est passée cette fois avec succès. Cependant, la situation ne cesse de se dégrader. Il devient urgent de le sortir de ce très mauvais pas. Et le second remorqueur, plus puissant, se fait toujours attendre.


20 H 55. Enfin, le remorqueur Pacific commence à tirer le pétrolier qui est toujours mouillé. La dérive se poursuit pourtant. Il n’arrive pas à enrayer le rapprochement des côtes.
 

21 H 04. Le pétrolier touche le fond pour la première fois. Ses machines sont très vite noyées. A 21 h 10, l’éclairage est coupé, le contact radio rompu. La situation se dégrade alors minute par minute. Le remorqueur tente de tirer de plus en plus fort, malgré la pression sur le câble. Mais rien n’y fait.


21 H 43. Pour la première fois, le pétrolier lance des fusées de détresse. Il commence à perdre son pétrole. Les marins sont en danger et la marée noire a commencé. Le Pacific, conscient de la situation catastrophique, demande l’intervention d’hélicoptères pour évacuer au plus vite l’équipage en danger. Le pétrolier peut se fracasser en mille morceaux sur les rochers.

22 H. Les moteurs du Pacific sont portés à pleine puissance pour tenter désespérément de sortir l’Amoco de son mauvais pas. A 22 h 12, la remorque casse. Le pétrolier géant s’échoue définitivement sur les rochers de Portsall. Tout espoir de sauver le navire est abandonné. Le second remorqueur, le Simson, arrive sur les lieux une demi-heure plus tard. Il est 22 h 30. Il n’y a plus rien à faire. 


23 H 45. Impuissantes, les autorités françaises suivent heure par heure le déroulé du drame. Quand l’échouage est avéré et que la pollution est devenue inévitable, le préfet maritime et son collègue du Finistère déclenchent les plans Polmar Mer et Terre. A Paris, une commission interministérielle se met aussitôt en place, en pleine nuit. Elle décide immédiatement l’acheminement de tous les barrages flottants disponibles en France sur les lieux du sinistre. Cette commission se réunira quotidiennement jusqu’au 30 mars pour gérer heure par heure la crise et décider des moyens et initiatives à prendre.


23 H 55. Les hélicoptères Super Frelon de la Marine nationale ont décollé de la base de Lanvéoc-Poulmic. Ils interviennent pour évacuer l’équipage dans des conditions extrêmement difficiles, en pleine nuit et en pleine tempête, sur un bateau, drossé sur les rochers, qui menace à tout moment de se briser. L’opération périlleuse est un grand succès. En moins de deux heures, 42 membres d’équipage sur les 44 sont sauvés et acheminés à Brest. Le capitaine Bardari et un officier restés les derniers à bord seront évacués, en pleurs, vers 5 h du matin.

 

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(© MARINE NATIONALE)

L'Amoco Cadix devant Portsall (

L'Amoco Cadix devant Portsall (© MARINE NATIONALE)

Petit matin du vendredi 17 mars

La Bretagne découvre le drame qui vient de se jouer dans la nuit. Tous les habitants du nord-Finistère se sont réveillés avec la terrible odeur de pétrole évaporé de l’épave. L’air est irrespirable à des kilomètres à la ronde, jusqu’au coeur de Brest. A l’aube, les plages ont déjà été souillées par une marée noire terrifiante, visqueuse, qui rappelle de bien mauvais souvenirs aux Bretons. Toutes les radios, toutes les télévisions bousculent leur programme. Tout d’un coup le second tour des élections législatives qui se déroule le dimanche suivant, passe au second plan. Roger Gicquel, le célèbre présentateur du journal télévisé ne peut masquer son émotion et sa colère. « La Bretagne en a assez d’être un dépotoir », dit-il.

Une question se pose très vite : que faire du pétrolier éventré sur les roches de Portsall ? Une première solution est alors imaginée : le délester de sa cargaison en la transvasant sur de petits pétroliers-allégeurs. Trois bateaux d’une capacité de 100.000, 65.000 et 18.000 tonnes, sont aussitôt affrétés par Shell. Ils arrivent sur zone dans la journée du 17. Problème : il n’existe pas de pompe suffisamment puissante pour transférer le pétrole qui continue de se répandre inexorablement.

Les jours suivants

Le 25 mars, faute de solution de pompage, le pétrolier a déjà perdu près de 90% de sa cargaison. Conséquence : le projet de transvasement est définitivement abandonné. D'autres idées sont imaginées : bombarder le pétrolier ou y mettre le feu. Mais pour diverses raisons techniques, cette dernière solution n’est pas jugée réaliste. Finalement l’épave qui s’est déjà cassée en plusieurs morceaux, est grenadée le 29 mars.  Objectif : purger l’intégralité du pétrole et éviter un suintement lent qui souillerait les côtes durant de longues semaines. Les grenades sous-marines sont lancées autour de l'épave depuis des Super Frelon de la Marine nationale. Les remous provoqués par les explosions achèvent de disloquer le super-tanker.

La proue de l’Amoco Cadiz restera longtemps visible au large de Portsall, tristement dressée vers le ciel, alors que le reste de l’épave s’est enfoncé sous les coups de hachoir de la mer. Au fil des mois, des marées, des coups de vent cette proue pitoyable s’affaisse à son tour. Elle disparaît totalement sous les eaux. Seuls les plongeurs et les poissons peuvent aujourd’hui admirer ce qu’il reste aujourd’hui de l’Amoco Cadiz : un amas de tôles rouillées immergées. Seule une énorme ancre de l’Amoco a été sauvée des eaux. On peut toujours la voir à Ploudalmézeau.

La catastrophe en 10 images

La catastrophe : Le 16 mars 1978 à 21 h 04, le pétrolier géant Amoco Cadiz talonne les hauts fonds de Portsall. A 22 h 12, il s'échoue sur la côte. Pour la Bretagne débute l'un des épisodes les plus sombres de son histoire maritime.

La catastrophe : Le 16 mars 1978 à 21 h 04, le pétrolier géant Amoco Cadiz talonne les hauts fonds de Portsall. A 22 h 12, il s'échoue sur la côte. Pour la Bretagne débute l'un des épisodes les plus sombres de son histoire maritime.

 

La marée noire : Au lendemain du naufrage de l'Amoco, le nord de Bretagne est sous le choc. La saison touristique commence dans quelques semaines. Nombreux sont celles et ceux qui envisageaient de faire de la région leur destination estivale... les images diffusées par la presse et la télévision les font changer d'avis. Le pétrole se déverse sur le rivage. 1.300 km² de côte ont été touchés, dont 800 km² de surface rocheuse.

La marée noire : Au lendemain du naufrage de l'Amoco, le nord de Bretagne est sous le choc. La saison touristique commence dans quelques semaines. Nombreux sont celles et ceux qui envisageaient de faire de la région leur destination estivale... les images diffusées par la presse et la télévision les font changer d'avis. Le pétrole se déverse sur le rivage. 1.300 km² de côte ont été touchés, dont 800 km² de surface rocheuse.
 

Le Nettoyage impossible : Face à l'immensité de la tâche, la première réaction des habitants est souvent le découragement. Le travail est harassant, le pétrole gluant.

Le Nettoyage impossible : Face à l'immensité de la tâche, la première réaction des habitants est souvent le découragement. Le travail est harassant, le pétrole gluant.
 

Une mobilisation exceptionnelle : 10.000 hommes vont participer aux opérations de nettoyage des côtes bretonnes, parmi lesquels des milliers d'appelés du contingent. Dans un premier temps, les habitants des terres viennent prêter main forte à ceux du littoral. Les images diffusées par les journaux télévisés accélèrent la mobilisation. Des volontaires affluent de toute la France et même de Belgique et d'Allemagne pour se joindre aux efforts des Bretons.

Une mobilisation exceptionnelle : 10.000 hommes vont participer aux opérations de nettoyage des côtes bretonnes, parmi lesquels des milliers d'appelés du contingent. Dans un premier temps, les habitants des terres viennent prêter main forte à ceux du littoral. Les images diffusées par les journaux télévisés accélèrent la mobilisation. Des volontaires affluent de toute la France et même de Belgique et d'Allemagne pour se joindre aux efforts des Bretons.

 

Les oiseaux mazoutés : Les images de la catastrophe font le tour des médias. Les oiseaux englués à l'agonie marquent les esprits.

Les oiseaux mazoutés : Les images de la catastrophe font le tour des médias. Les oiseaux englués à l'agonie marquent les esprits.
 

Les politiques débarquent en Bretagne : Le Premier ministre de l'époque, Raymond Barre, arrive en Bretagne 48 heures après le sinistre. 'Cela a calmé les esprits', se souvient Marc Bécam, ancien maire de Quimper, secrétaire d'Etat au moment des faits. 'Vu de la capitale, il y avait des choses apparemment plus importantes. Je me suis rendu compte que mes collègues n'avaient pas pris la mesure de la catastrophe. Il y avait un réel décalage entre Portsall et Paris'. Le président Giscard ne viendra en Bretagne qu'en août...

Les politiques débarquent en Bretagne : Le Premier ministre de l'époque, Raymond Barre, arrive en Bretagne 48 heures après le sinistre. 'Cela a calmé les esprits', se souvient Marc Bécam, ancien maire de Quimper, secrétaire d'Etat au moment des faits. 'Vu de la capitale, il y avait des choses apparemment plus importantes. Je me suis rendu compte que mes collègues n'avaient pas pris la mesure de la catastrophe. Il y avait un réel décalage entre Portsall et Paris'. Le président Giscard ne viendra en Bretagne qu'en août...

 

Grenadage de l'Amoco, l'ultime solution : Le 25 mars, faute de solution de pompage, le pétrolier a déjà perdu près de 90 % de sa cargaison. Conséquence : le projet de transvasement est définitivement abandonné. D'autres idées sont imaginées : bombarder le pétrolier ou y mettre le feu. Mais pour diverses raisons techniques, cette dernière solution n’est pas jugée réaliste. Finalement l'épave qui s'est déjà cassée en plusieurs morceaux, est grenadée le 29 mars. Objectif : purger l'intégralité du pétrole et éviter un suintement lent qui souillerait les côtes durant de longues semaines. Les grenades sous-marines sont lancées autour de l'épave depuis des Super Frelon de la Marine nationale. Les remous provoqués par les explosions achèvent de disloquer le super-tanker.

Grenadage de l'Amoco, l'ultime solution : Le 25 mars, faute de solution de pompage, le pétrolier a déjà perdu près de 90 % de sa cargaison. Conséquence : le projet de transvasement est définitivement abandonné. D'autres idées sont imaginées : bombarder le pétrolier ou y mettre le feu. Mais pour diverses raisons techniques, cette dernière solution n’est pas jugée réaliste. Finalement l'épave qui s'est déjà cassée en plusieurs morceaux, est grenadée le 29 mars. Objectif : purger l'intégralité du pétrole et éviter un suintement lent qui souillerait les côtes durant de longues semaines. Les grenades sous-marines sont lancées autour de l'épave depuis des Super Frelon de la Marine nationale. Les remous provoqués par les explosions achèvent de disloquer le super-tanker.
 

Après le drame, la colère : Touchée par une série de marées noires, la Bretagne exprime sa colère. L'Amoco est la catastrophe de trop. La cible ? Le pouvoir parisien et les géants pétroliers. A Brest, l'inquiétude se mue en début de révolte. A Portsall, où s'est échoué le supertanker, une autre mobilisation se révèle très tendue. Un cordon de gendarmes et des gardes mobiles l'encadre. 

Après le drame, la colère : Touchée par une série de marées noires, la Bretagne exprime sa colère. L'Amoco est la catastrophe de trop. La cible ? Le pouvoir parisien et les géants pétroliers. A Brest, l'inquiétude se mue en début de révolte. A Portsall, où s'est échoué le supertanker, une autre mobilisation se révèle très tendue. Un cordon de gendarmes et des gardes mobiles l'encadre. 

 

Combat juridique à l'international : Après la catastrophe, le combat se déplace sur le terrain juridique. débute alors un combat de 14 ans qui va mener les protagonistes jusqu'aux Etats-Unis. Sur cette photo, on peut voir les maires et les responsables politiques bretons en délégation dans les rues de Chicago lors du procès contre la standard Oil, devenue Amoco corporation.

Combat juridique à l'international : Après la catastrophe, le combat se déplace sur le terrain juridique. débute alors un combat de 14 ans qui va mener les protagonistes jusqu'aux Etats-Unis. Sur cette photo, on peut voir les maires et les responsables politiques bretons en délégation dans les rues de Chicago lors du procès contre la standard Oil, devenue Amoco corporation.
 

Et maintenant ... La Bretagne a pansé ses plaies. La Standard oil a versé 23 millions de francs aux communes bretonnes. L'Etat français a déboursé 100 millions. Ce n'était pas le 'jackpot' espéré ! par ailleurs, le dommage écologique n'a pas été pris en compte dans les réparations. C'est le grand oublié du procès. Aucune leçon n'aurait donc été tirée ? Faux. Le naufrage de l'Amoco Cadiz a marqué un changement de cap important dans l'histoire de la sécurité maritime. A la suite de la catastrophe, l’État français a déployé un arsenal pour sécuriser les côtes bretonnes et, plus largement, le littoral français. L'ancre de l'Amoco, exposée à Portsall, est toujours là pour que le souvenir de la catastrophe ne s'efface pas.

Et maintenant ... La Bretagne a pansé ses plaies. La Standard oil a versé 23 millions de francs aux communes bretonnes. L'Etat français a déboursé 100 millions. Ce n'était pas le 'jackpot' espéré ! par ailleurs, le dommage écologique n'a pas été pris en compte dans les réparations. C'est le grand oublié du procès. Aucune leçon n'aurait donc été tirée ? Faux. Le naufrage de l'Amoco Cadiz a marqué un changement de cap important dans l'histoire de la sécurité maritime. A la suite de la catastrophe, l’État français a déployé un arsenal pour sécuriser les côtes bretonnes et, plus largement, le littoral français. L'ancre de l'Amoco, exposée à Portsall, est toujours là pour que le souvenir de la catastrophe ne s'efface pas.
 

Un article de la rédaction du Télégramme