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Andrasta : Le sous-marin côtier de DCNS évolue

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Présenté pour la première fois en 2010, l'Andrasta, un petit sous-marin spécialement conçu par DCNS pour l'action littorale, a subi plusieurs modifications par rapport à son design initial. Tenant compte des retours de clients potentiels et de nouvelles évolutions techniques, le groupe français a apporté diverses améliorations au bâtiment. Allongé d'environ 1.5 mètre pour atteindre une longueur de près de 52 mètres, le « nouvel Andrasta », dont le déplacement en surface est d'environ 930 tonnes, présente une nouvelle architecture au niveau de la propulsion. L'unique moteur diesel d'origine (équivalent à celui du Scorpène de 1250 kW), auquel était associé un groupe de secours (pour alimenter les auxiliaires et assurer une navigation en surface) a été remplacé par deux moteurs diesels d'une puissance unitaire d'environ 500 kW. Cette disposition permet d'améliorer la redondance et la disponibilité de l'appareil propulsif. Son moteur de propulsion lui assure une vitesse maximale de l'ordre d'une quinzaine de noeuds en plongée.

Ecorchée de l'Andrasta dans sa version initiale (© : DCNS)
Ecorchée de l'Andrasta dans sa version initiale (© : DCNS)

L'autonomie passe à 3 semaines et 4000 milles

Une autre amélioration significative porte sur l'autonomie. Les ingénieurs de DCNS ont, ainsi, augmenté les quantités de vivres et de gasoil pouvant être embarquées, permettant de porter la distance franchissable de 3000 à 4000 milles (à la vitesse de 4 noeuds) et la durée de patrouille à trois semaines au lieu de deux auparavant. L'équipage compte, quant à lui, 21 marins, contre 19 sur la première version. Et l'Andrasta peut toujours, en plus, accueillir 6 commandos pour les opérations spéciales. A ce titre, le bâtiment a la possibilité d'embarquer sur chaque côté des modules abritant des engins destinés aux commandos. Cette capacité fait partie des options pouvant être proposées aux marines grâce à une réserve de masse de l'ordre de 10 tonnes autorisant les évolutions du sous-marin en cours de vie ou l'ajout d'équipements. En dehors des engins pour commandos, ces options peuvent concerner par exemple une capacité de défense anti-aéronefs.

Nouveau design de l'Andrasta  (© : DCNS)
Nouveau design de l'Andrasta (© : DCNS)

Design optimisé

L'Andrasta compte toujours un sonar cylindrique principal situé à l'avant mais cette antenne d'étrave, comme sur les sous-marins du type Scorpène, a été déplacée en position basse, sous les tubes lance-torpilles. Ces derniers, au nombre de six, ne sont plus pénétrants. Ils sont désormais intégrés à la charpente, à l'extérieur de la coque épaisse. Cette solution simplifie les contraintes architecturales. Les six tubes amovibles sont chargés en atelier de torpilles ou de missile, puis embarqués à bord sans avoir à mettre le bateau à sec.
Le design a également légèrement évolué, avec des lignes de coque plus arrondies et fluides, ainsi que des profils de barres redessinés, ce qui engendre des gains en termes d'hydrodynamique. A l'arrière, les quatre barres de plongée sont toujours en forme de croix de Saint-André, avec en plus deux petits ailerons horizontaux permettant d'assurer la stabilité du bâtiment dans le plan vertical. La passerelle vitrée aménagée à l'origine dans le kiosque pour les navigations en surface a, pour sa part, disparu.

La version d'origine avait une passerelle vitrée   (© : DCNS)
La version d'origine avait une passerelle vitrée (© : DCNS)

Les premières commandes pour bientôt ?

Grâce à l'ensemble des améliorations techniques ainsi apportées, DCNS s'attend à ce que l'Andrasta, qui sera présenté dans sa nouvelle version en octobre au salon Euronaval, rencontrera bientôt ses premiers contrats à l'export. Simple, robuste et peu coûteux en entretien comme en acquisition, l'Andrasta suscite de l'intérêt dans plusieurs régions du monde, notamment en Europe du Nord, Amérique latine, en Asie et au Moyen-Orient. Malgré le fait que son allonge ait été améliorée, ce bâtiment reste conçu avant tout pour les opérations littorales, où sa petite taille et sa grande manoeuvrabilité sont des atouts indéniables. Il est donc complémentaire du Scorpène, qui est lui parfaitement adapté aux missions océaniques et dispose, à cet effet, d'une endurance et d'une capacité d'emport d'armes supérieures.

Sous-marin du type Scorpène  (© : DCNS)
Sous-marin du type Scorpène (© : DCNS)

Naval Group (ex-DCNS)