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Antifouling : Douarnenez teste les alternatives

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Antifouling : Douarnenez teste les alternatives

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L'Altaïr, l'un des trois voiliers du Winches-club de Douarnenez, est depuis vendredi dernier équipé de deux appareils électroniques discrets. Un boîtier de commande transmet diverses pulsations ultrasoniques vers un récepteur qui, à son tour, émet une série d'ondes sonores sur la coque. Ces ondes font vibrer l'ensemble de la surface de la carène, créant une couche qui empêche bactéries, algues et autres petits crustacés de venir s'y accrocher...

Antifouling tous les trois ans

Le système n'est pas récent, mais grâce aux progrès il consomme aujourd'hui très peu d'électricité (cinq watts). Pour l'association, cela vaut le coût d'être essayé. « Cela doit permettre d'appliquer de l'antifouling tous les trois ans seulement, ce qui est intéressant au niveau du coût (250 € par an) et surtout de l'environnement car la peinture au cuivre laisse des traces dans l'eau de mer », explique Anne Spiquel, la présidente du Winches-club. Ce système par ultrasons est l'un des dispositifs testés par Nautisme en Finistère pour limiter voire supprimer l'utilisation de l'antifouling. Il mène pour cela avec le Parc naturel marin d'Iroise une vaste expérimentation sur une vingtaine de bateaux comme l'Altaïr, du Conquet à Douarnenez. « L'objectif est de promouvoir l'éconavigation dans une aire marine protégée : nous testons nous-même différentes techniques moins polluantes sur une période deux ans », résume Lucien Perras, de NEF. Une démarche qui part d'un constat : « Même les aires de carénage propre ont des défaillances, et nous savons aussi qu'une forte quantité de toxique part dans la mer, les premiers mois après la pose de l'antifouling », ajoute-t-il.

Un suivi scientifique

Parmi ces alternatives essayées sur les navires volontaires, figurent par exemple le film adhésif qui repousse les micro-organismes marins, l'antifouling qui rejette peu de toxiques, le brossage mécanique régulier... Ou encore le « parefouling », une bâche plastique qui épouse la coque et empêche toute photosynthèse ou oxygénation de venir développer la faune ou la flore. Nautisme en Finistère souhaite aussi louer une station de lavage à flot l'an prochain. « Toutes les techniques testées vont faire l'objet d'un suivi scientifique durant ces deux ans, ce qui va nous donner un état des lieux assez riche », complète Lucien Perras. L'occasion de constater, par exemple, si les utrasons de l'Altaïr ont une vraie efficacité, un impact sur l'environnement et peut-être sur les personnes électrosensibles.

 



Un article de la rédaction du Télégramme