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Anvers : un trafic en hausse de 4% grâce aux conteneurs

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Anvers : un trafic en hausse de 4% grâce aux conteneurs

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Le trafic du port d’Anvers a progressé de 4% à 59,1 Mt sur le premier trimestre de l’année. Une hausse qui est tirée par la conteneurisation quand les vracs se stabilisent et le conventionnel s’étiole. Un article d'Hervé Deiss de Ports et Corridors

 

 

Les effets de la crise sanitaire qui touche actuellement la planète ne se sont pas encore faits sentir. Le port d’Anvers a vu ses trafics progresser de 4% sur le premier trimestre grâce notamment aux trafics conteneurisés.

Sur les trois premiers mois de l’année, le port belge a vu son trafic conteneurisé progresser de 9,5% à 3,04 MEVP. Prémices de l’effet Covid-19, les boîtes en provenance d’Extrême-Orient subissent sur les trois premiers mois une baisse de 2,2%. Les autres routes commerciales conservent leur dynamique impulsée en 2019. La hausse du trafic a surtout concerné des trafics de produits pharmaceutiques, des produits pour le e-commerce et des denrées alimentaires. Cette hausse du nombre de conteneurs s’accompagne aussi d’une augmentation du trafic en tonnage dans une proportion quasi équivalente. En effet, en tonnage, les conteneurs augmentent de 9,4% à 35,9 Mt.

La croissance du charbon

Du côté des vracs secs, le trafic est aussi orienté à la hausse avec une progression de 1,2% à 3,2 Mt. Une dynamique portée par la croissance du charbon en raison de sa valeur spéculative. Face à la pandémie, les négociants ont « fait le plein » des stocks pour parer à toute éventualité de changement de température. Dans ces conditions, les volumes de charbon ont triplé sur le premier trimestre 2020. Autre courant en hausse dans les vracs secs, les trafics de ferraille qui se portent bien. Des hausses qui ont pu compenser les pertes affichées sur les trafics d’engrais, de minerais et de sable. Avec la pandémie, de nombreux chantier ont été suspendu en Belgique limitant ainsi la demande en produits pour le BTP.
Les vracs liquides sont restés stables sur le premier trimestre avec 17,2 Mt, soit une hausse de 0,1%. La principale raison est liée au ralentissement de l’économie et la fluctuation des prix pétroliers. Les produits chimiques ont progressé de 4% et ceux des dérivés pétroliers de 1,3%. Parallèlement, cette performance de ces courants a été largement atténuée par la baisse de trafic de pétrole brut de 13,5%.

Le trafic automobile en chute libre

Enfin, le trafic de marchandises conventionnelles continue de décroître. Une tendance qui se dessine depuis le milieu de 2019. Au global, la chute a été de 27,8%. La diminution de trafics de fer et d’acier impactent durement ce secteur. La pandémie actuelle joue un effet lourd sur l’industrie automobile en immobilisant les chaînes de production. Or, l’acier est surtout consommé par cette filière. Le double effet de cette pandémie sur ce secteur se ressent aussi lourdement sur le trafic de voitures neuves. Avec une baisse de 20,3% en tonnage à 1,07 Mt, l’automobile accuse le coup. En nombre d’unités, le nombre de véhicules manutentionnés sur le port d’Anvers a reculé de 18%.

Une reprise rapide de l’industrie?

Fort de ces résultats le port belge reste réaliste sur l’impact que le Covid 19 aura sur ses trafics. Si au cours des trois premiers mois les effets ont été plutôt limités, « ils devraient être sensibles sur les trois mois suivants en raison des suspensions de liaisons maritimes et de la paralysie totale ou partielle de certains secteurs industriels en Europe occidentale comme l’automobile, et la modification des modes de consommation », indique un texte du port. Sur un terme plus lointain, le port d’Anvers s’interroge sur le monde de la logistique de demain avec le déconfinement. Cela dépendra en grande partie de la capacité de l’industrie à se relever rapidement et de la confiance des consommateurs. « La connectivité mondiale et la diversité de flux de marchandises qui caractérisent le port d’Anvers le rendent moins dépendant de marchés spécifiques. La zone portuaire dispose en outre d’une énorme capacité de stockage, véritable zone-tampon pour le secteur économique, qui devrait garantir une reprise rapide de l’industrie et de la consommation en Belgique et dans une grande partie de l’Europe « , a rappelé Jacques Vandermeiren, directeur général du port d’Anvers.

© Un article de la rédaction de Ports et Corridors. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.