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Après deux ans d'immersion, le data center Microsoft analysé

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Après deux ans d'immersion, le data center Microsoft analysé

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Deux ans sous l’eau. Microsoft avait immergé un data center enfermé dans une capsule étanche au large des Orcades (Ecosse), sur le site d’essais de l’European Marine Energy Center (EMEC, servant aussi pour des hydroliennes), le 1er juin 2018. Le module de 12 mètres de long (40 pieds) par près de 3 de large conçu par Naval Group, fort de son expérience sur les sous-marins, dans le cadre du projet Natick de Microsoft Research reposait par 40 mètres de fond. A l’intérieur, 12 racks abritant 864 serveurs pour une capacité de stockage de 27,6 pétaoctets, et un système alimenté par des énergies renouvelables (le réseau des Orcades est alimenté à 100% par l’éolien et le solaire). Objectif : profiter de l’environnement marin pour consommer moins d’énergie en refroidissant naturellement les serveurs. Pendant ces deux années, les performances et la fiabilité des serveurs ont été testés et surveillés.

 

(© MICROSOFT)

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Finalement, la capsule a été remontée cet été avec l’aide de Green Marine (une entreprise des Orcades en charge du déploiement, maintenance, surveillance et récupération du data center), annonce Microsoft. Elle a été nettoyée et conduit au Nigg Energy Park de Global Energy Group, dans le Nord de l’Ecosse, près d’Inverness. Là, Naval Group a ouvert la capsule et sorti les racks de serveurs. L’équipe du projet Natick a prélevé des composants qui ont été envoyé au siège de Microsoft, à Redmond pour analyse.

(© MICROSOFT)

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Mais, déjà, la firme américaine a tiré ses premières conclusions. Le concept est « faisable et pratique logistiquement, écologiquement et économiquement », estime-t-elle. L’équipe du projet Natick juge que l’expérience confirme son hypothèse : « Un conteneur scellé au fond de l'océan pourrait améliorer la fiabilité globale des centres de données. Sur terre, la corrosion due à l'oxygène et à l'humidité, les fluctuations de température et les chocs causés par les personnes qui remplacent des composants en panne sont autant de variables qui peuvent contribuer à la défaillance de l'équipement ».

Le taux de défaillance du data center immergé était huit fois moins important qu’à terre. Les systèmes, éloignés de présence humaine et dans une atmosphère sans oxygène, remplacé par de l’azote, seraient ainsi mieux protégés. Si cette analyse était confirmée, ces conclusions pourraient être appliquées aux data centers terrestres. De plus, alors que la majorité de la population mondiale vivant à proximité des côtes, Microsoft imagine que les villes proches du littoral aient des data centers sous-marins raccourcissant la distance à parcourir pour les données et permettant une « navigation rapide et fluide pour le web, le streaming vidéo et le jeu ».

- Voir notre article détaillé sur ce projet

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.