Marine Marchande
Aquarius : Relâche à Marseille et incertitude sur l’avenir

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Aquarius : Relâche à Marseille et incertitude sur l’avenir

Marine Marchande

Il est arrivé vendredi matin à Marseille, salué par des badauds venus l’accueillir. L’Aquarius de SOS Méditerranée est amarré dans le port phocéen, où il a effectué sa relève et son avitaillement après que son escale technique ait été refusée par Malte. Sa halte marseillaise est prévue pour durer quatre jours, après lesquels le bateau devrait remettre le cap sur la Méditerranée centrale dans une atmosphère de tension politique extrême autour des migrants.

Le sommet européen sur la question du droit d’asile, qui s’est tenu la semaine dernière, est parvenu à un accord dont il est encore difficile de voir toutes les conséquences : les âpres négociations devraient aboutir à la mise en place de centres d’accueil des migrants, dans des pays volontaires, les autres devant contribuer financièrement à cet accueil. Mais rien n’a été décidé sur le cadre d’action du sauvetage en mer, et notamment sur l’intervention des ONG, qui vont être persona non grata en Italie tout l’été.

 

L'Aquarius vendredi à Marseille (© EMMANUEL BONICI)

L'Aquarius vendredi à Marseille (© EMMANUEL BONICI)

 

Les dirigeants européens semblent continuer à privilégier l’intervention des garde-côtes libyens. Un centre de coordination des sauvetages en Libye vient d’ailleurs d’être reconnu par l’Organisation Maritime Internationale, ce qui va également dans le sens d’une légitimation et d’un renforcement des capacités libyennes. Un état de fait dénoncé par Francis Vallat, président de SOS Méditerranée, qui estime que ces positions du Conseil européen et de l’OMI « ajoutent aux contradictions et incohérences du cadre dans lequel s'effectuent les secours en Méditerranée centrale. Il est urgent de revenir à une lecture stricte du droit comme unique et seul fondement à l'assistance des personnes en danger ». Pour mémoire, le droit maritime international prévoit l’obligation, pour n’importe quel navire en haute mer, de porter assistance à une embarcation en détresse. Il prévoit également que les naufragés doivent être débarqués dans le port sûr le plus proche. Deux points sur lesquels les interprétations divergent fortement en ce moment, notamment en Italie et à Malte.

Pendant ce temps, la semaine passée a, de nouveau, été meurtrière en Méditerranée. Au moins 200 personnes se sont noyées vendredi dernier.

 

L'Aquarius vendredi à Marseille (© EMMANUEL BONICI)

L'Aquarius vendredi à Marseille (© EMMANUEL BONICI)

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