Construction Navale
Archi Delion reste multi-secteurs et vise des bateaux plus grands

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Archi Delion reste multi-secteurs et vise des bateaux plus grands

Construction Navale

Le bureau d’architecture navale fondé par Pierre Delion il y a une dizaine d'années connait un succès croissant. 2015 a été très active avec les études des nouvelles vedettes de liaison (VLI) de la Marine nationale, dont la tête de série, construite par Socarenam, a réalisé avec succès ses essais avant de rejoindre Brest. Destiné à assurer le transfert de personnel vers les bâtiments au mouillage, ce bateau à coque aluminium et cabine en composite de 14.9 mètres doit être suivi par une vingtaine de sisterships.

 

La première VLI (© : SOCARENAM)

La première VLI (© : SOCARENAM) 

 

Vedettes pour les pompiers et la SNSM

En dehors de ce premier pas dans les bateaux gris, Archi Delion a également travaillé, toujours avec le site Socarenam d’Etaples, sur les vedettes de pompiers de 12 mètres La Vigilante et La Dévouées, destinées au nouveau terminal méthanier Dunkerque LNG et mises en service en début d’année. Une unité du même type a par ailleurs été commandée par le SDIS 62 pour les pompiers de Boulogne et sera livrée en 2016. Et ce modèle a aussi servi de base au développement d’une nouvelle vedette de sauvetage pour la SNSM. Ce bateau, qui a nécessité beaucoup d’études afin d’intégrer de nombreux équipements et offrir une ergonomie comme une sécurité maximales, sera mis à l’eau l’an prochain et pourrait être le point de départ d’une nouvelle série de vedettes de 12 mètres chez les sauveteurs en mer.

Future vedette de 12 mètres de la SNSM (© : ARCHI DELION)

Future vedette de 12 mètres de la SNSM (© : ARCHI DELION) 

 

De nombreux bateaux de travail et des voiliers

Cette année, le bureau d’architecture a, par ailleurs, planché sur les études d’un second bateau de plongée en alu du type Némo 8.80 réalisé par le chantier AASM de Granville, ainsi qu’une vedette de lamanage de 8 mètres (une autre est en construction) et un bateau de travail de 12 mètres produits à Couëron, près de Nantes, par Alumarine Shipyard. Après la SNSM de Locquirec et Sea Shepherd, le chantier Bord à Bord de Plestin-les-Grèves, dans les Côtes d’Armor, a quant à lui livré un nouveau Dervenis 620, cette fois aux pompiers savoyards du SDIS 73. Le constructeur breton a en outre réalisé le Squid 900, un catamaran de plongée de 9.3 mètres pour Mayotte.

Et il y a également eu pour Archi Delion pas mal de projets dans la plaisance puisqu’un troisième voilier du type Volta 12.20 a été achevé en Martinique par CNAC, alors que le chantier finistérien Marée Haute termine un bateau du type Django 12.70. « Nous avons une activité soutenue dans la plaisance. Nous travaillons en particulier sur un nouveau trawler de 16 mètres en alu, un voilier de croisière rapide de 12 mètres et nous allons prochainement commencer les études d’un grand catamaran de 16 mètres », explique Pierre Delion.

 

Voilier du type Volta 12.20 (© : ARCHI DELION)

Voilier du type Volta 12.20 (© : ARCHI DELION) 

 

Pro et plaisance « se nourrissent l’un l’autre »

Le bureau d’architecture s’est donc fortement développé dans le secteur des bateaux professionnels mais n’entend pas, pour autant, abandonner la plaisance. « Notre objectif en 2016 est de consolider notre activité dans le domaine professionnel mais aussi développer la plaisance. Il ne faut pas que ces deux domaines restent cloisonnés. Ils sont certes distincts mais se nourrissent l’un l’autre. Il ne faut pas oublier que de nombreux marins ou anciens marins sont plaisanciers et qu’ils apprécient les bateaux pros. Certaines choses que l’on trouve chez les professionnels peuvent être appliquées aux plaisanciers pour améliorer la sécurité et la robustesse. Le trawler est par exemple un bateau de travail recyclé en navire de voyage. Et puis il y a l’image. Concevoir des vedettes pour la SNSM, les pompiers ou des pilotes, cela inspire confiance aux plaisanciers ».

 

Pilotine cherbourgeoise de 12 mètres (© : SIBIRIL TECHNOLOGIES)

Pilotine cherbourgeoise de 12 mètres (© : SIBIRIL TECHNOLOGIES) 

 

Nouvelles pilotines en vue

Les pilotes, justement, Archi Delion y a fait une première percée remarquée en développant avec le chantier Sibiril Technologies de Carantec une vedette de 12 mètres livrée en 2014 à la station de pilotage de Cherbourg. Un bateau plus lourd que les autres pilotines de ce gabarit et avec une carène spécialement dessinée pour affronter des mers formées, de manière à offrir une plage d’utilisation plus large que les habituelles vedettes de cette taille. « Cette pilotine est un vrai succès et nous avons un nouveau modèle de 12 mètres en vue. Ce sera une version améliorée, construite en infusion, auto-redressante et dotée d’une cabine sur silent-block. Nous sommes également en train de développer avec Sibiril un modèle de 14 mètres, que nous irons proposer aux stations de pilotage ».

« Un look soigné et un niveau de confort élevé, c’est important »

Alors que le bureau compte désormais une demi-douzaine d’architectes, dont trois à demeure et deux « free-lance » très réguliers, Pierre Delion joue la carte de la proximité, du développement pas à pas et de la diversité. « Volontairement, nous ne voulons pas nous spécialiser. On travaille sur tous les matériaux, tous types de bateaux et, à chaque fois que nous décrochons un nouveau projet, on y va avec le souci d’apprendre et d’écouter les utilisateurs pour concevoir des bateaux répondant aux besoins exprimés. Quant aux chantiers, nous répondons de la même manière quel que soit leur taille, on ne fait pas de différence. Aujourd’hui, les clients attendent des architectes du sérieux et préfèrent se passer de quelques traits de génie pour avoir des bateaux fiables et livrés à l’heure. La tendance reste aux navires robustes, économes en carburant et ergonomiques pour améliorer la sécurité ». Pour Pierre Delion, le design a également son importance : « Un look soigné et un niveau de confort élevé, c’est important, même pour un bateau professionnel, car c’est plus agréable d’avoir un bon et un bel outil de travail. Et avoir quelque chose de bien dessiné, ce n’est souvent pas plus cher ou plus dur à construire ».

Elargir à d’autres secteurs et concevoir des bateaux jusqu’à 24 mètres

Pour la suite, Archi Delion, dont le carnet de références s’étoffe de plus en plus, attirant de nouveaux clients, aimerait bien s’essayer au secteur de la pêche et va en attendant travailler pour la première fois sur une semi-rigide. « Il s’agit d’un bateau de 6.7 mètres avec des critères de rigidité professionnels ». Pierre Delion souhaite aussi monter en gabarit : « Nous avons fait énormément de bateaux de moins de 12 mètres et nous voulons maintenant trouver aussi des projets plus gros, jusqu’à 24 mètres pour l’instant, car il n’y a pas beaucoup de différences en termes de règlementation. Nous avons hâte de travailler sur des bateaux plus grands car cela nous permettra de progresser encore et d’investir dans de nouveaux moyens d’études » 

Déménagement réussi à Nantes

Au printemps dernier, l’équipe a quitté Paris pour s’installer à Nantes. Un choix que Pierre Delion ne regrette pas. « Pour un bureau d’architecture navale, être à Paris n’a pas vraiment d’importance. A Nantes, en revanche, nous avons désormais le sentiment d’appartenir à une région où règne une réelle dynamique économique dans le secteur maritime. Nous nous inscrivons dans un véritable réseau, au niveau industriel, de la recherche et même de la formation. En ce moment, nous avons ainsi un ingénieur en formation par alternance qui a fait le BTS de Construction Navale à Saint-Nazaire ».