Marine Marchande
Armateurs de France « La chaîne logistique ne peut pas s’interrompre »

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Armateurs de France « La chaîne logistique ne peut pas s’interrompre »

Marine Marchande

Le gouvernement n’arrête pas de le répéter, il n’y aura pas de pénurie. Une affirmation qui implique que le trafic maritime doit continuer à la même cadence, alors que les relèves de marins sont de plus en plus compliquées voire impossibles, que les équipages fatiguent et que les services portuaires sont sous pression, contraints à la fois par des conditions sanitaires drastiques et la nécessité de poursuivre l’activité.

Jean-Marc Lacave, directeur général d’Armateurs de France interrogé hier par Mer et Marine, le répète : « Notre première préoccupation à l’heure actuelle, ce sont les conditions sanitaires des marins. Nous faisons le maximum pour les relèves, les moyens de protection à bord, pour trouver des solutions qui soulagent à la fois nos navigants au long-cours et ceux qui travaillent dans les ports. Les armateurs sont des chefs d’entreprise et ils sont parfaitement conscients de leur responsabilité et de leur obligation de moyens en matière de protection de leurs salariés ».

En même temps, les armateurs sont au cœur de la chaîne d’approvisionnement. « Nous devons maintenir l’activité économique. Pour toutes les raisons que nous connaissons, la chaîne logistique ne peut pas s’interrompre : les bateaux transportent des marchandises indispensables, des médicaments, de l’alimentation, des matières premières pour l’énergie… »

Pour lui, il est difficile de déterminer la composition d’une flotte stratégique qui serait indispensable au fonctionnement du pays, notamment pour les navires de charge. « Discriminer les marchandises a priori sur un porte-conteneurs, c’est très compliqué. On ne peut pas dire, au milieu de milliers de boîtes, lesquelles sont des marchandises de première nécessité. Ce tri ne peut être fait au chargement, il peut être fait à l’arrivée. Une fois le bateau déchargé, on peut rapidement identifier et expédier les conteneurs les plus urgents. Mais il faut absolument que le navire puisse arriver dans le port ». De la même manière, Jean-Marc Lacave rappelle le rôle primordial des « ferries, des navires alimentant le réseau énergétique, de ceux assurant des missions de servitude indispensables ». Jean-Marc Lacave dit néanmoins entendre aussi avec les professions portuaires « les pilotes et les remorqueurs qui ont dû s’adapter à des conditions de travail très compliquées et qui seraient soulagés par un rythme moins soutenu ».

Si l’heure n’est pas encore tout à fait aux considérations économiques, les armateurs commencent néanmoins à évaluer les impacts de la crise sanitaire. « Les mesures générales ne suffisent pas compte-tenu des spécificités de notre métier. Les modalités de chômage partiel ne s’appliquent pas bien aux navigants. Et les charges fixes des armements sont particulièrement importantes comme souvent le poids de la dette. Nous sommes donc en discussion avec l’Etat, les assurances et les banques pour trouver des solutions adaptées ».

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