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Armement Bigouden : mise à l’eau du chalutier Bara An Arvoriz à Douarnenez
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Armement Bigouden : mise à l’eau du chalutier Bara An Arvoriz à Douarnenez

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Construction Navale

Événement, ce mardi midi au Rosmeur, avec la mise à l’eau du Bara An Arvoriz, dix-septième bateau de la série. Commandé par l’Armement bigouden et construit par le chantier Gléhen, il a été accueilli par une trentaine de spectateurs.
« Bon maintenant, on va voir s’il flotte », pouffe un employé du chantier Gléhen alors que le nouveau Bara vient d’être baptisé à coups de champagne. En ce mardi matin, ils sont une petite trentaine de spectateurs à avoir gagné le terre-plein du Port pour assister à l’événement. Dix-septième bateau commandé par l’Armement bigouden au chantier Gléhen de Douarnenez, le Bara An Arvoriz [pain des gens de la mer, NDLR] s’apprête à être mis à l’eau sous un ciel bien gris. Et à remplacer, du même coup, le Bara’Mann, qui sort de la flotte après trente et un an de bons et loyaux services.

 


Quatorze mois de travaux

Imposant dernier né de la série lancée en 1978 avec le Bara Pemdez, le nouveau chalutier mesure 24,9 m de long pour 8,30 m de large et 3,70 m de haut. Il aura nécessité quatorze mois de travaux et un budget avoisinant les 4 M€. Immatriculé au Guilvinec, le sister-ship du Bara Breizh devrait gagner le port bigouden d’ici la première quinzaine de juillet.

Seules quelques modifications le différencient de son aîné, inauguré en novembre 2017. Parmi elles : une passerelle un peu plus longue et rehaussée, ainsi qu’un sonar « un peu plus performant pour la saison du thon », comme l’indiquait dans nos colonnes Christophe Collin, responsable technique de l’Armement bigouden.

L’équipage se compose de sept hommes. Cinq seront à bord à chaque marée et deux en repos, facilitant la rotation des équipes. Ils pourront bénéficier de cinq cabines climatisées individuelles, deux doubles à l’avant étant destinées aux stagiaires et pêcheurs. « Nous faisons tout pour proposer aux marins les meilleures conditions de vie et de travail possible », souligne Soazig Palmer-Le Gall, patronne de l’armement depuis 2009. C’est son père, Thomas, qui a initié ce long partenariat avec le chantier Gléhen. « Le père des Bara », sourit à son propos Yves Gléhen, président de la SA éponyme.

Un goémonier et six pousseurs pour la Marine nationale

La partie chaudronnerie et les aménagements intérieurs du bateau ont incombé à Yves Gléhen et son fils, Pierre-Yves, responsable des projets depuis 2015 et quatrième génération de l’entreprise familiale née en 1911. Une construction assurée par une dizaine d’employés du chantier naval, mobilisés à temps plein. La coque du Bara An Arvoriz est en acier, les superstructures en aluminium. Le chalutier est notamment équipé d’un sondeur multifaisceaux. Sa jauge est de 210 UMS, contre 100 en 1978. Pour le reste, priorité a été donnée aux entreprises du coin. « Dominique Mao pour la peinture, Technimer pour l’électronique, MBM pour l’électricité, Thomas Froid, Bopp pour les treuils, Méca marine propulsion, énumère Christophe Collin. Et bien sûr, le bureau d’études pont-l’abbiste Coprexma, qui réalise les plans ». « Même si le chantier est toujours partie prenante dans l’architecture, la définition et la réalisation du bateau », précise Yves Gléhen.

« Notre cœur de métier, c’est la pêche », poursuit le président du chantier naval, dont l’activité se concentre sur la construction et la réparation des bateaux. « Nous avons acquis une certaine expérience et un savoir-faire dans le domaine, qui facilite le contact avec les marins ». Mais en 1990, la société entre dans une phase de diversification. Elle est, par exemple, à l’origine de l’Enez-Sun, qui relie l’Île de Sein au continent.

« Passagers, fluviaux, commandes de la Direction générale de l’armement… », le chantier Gléhen varie sa production. Grand absent de la mise à l’eau du nouveau Bara, Pierre-Yves Gléhen assure au même moment la livraison d’un prototype de pousseur pour la marine nationale. Et les employés ne devraient pas avoir le temps de s’ennuyer puisque le chantier planche à présent sur la construction d’un goémonier et des six pousseurs reproduisant le prototype présenté mardi à Brest
 

Un article de Léa Gaumer; de la rédaction du Télégramme

 

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