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Arrêt technique plus long que prévu pour le BCR Var

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Arrêt technique plus long que prévu pour le BCR Var

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Après les patrouilleurs, voilà un autre type d’unités dont le vieillissement commence à poser problème à la Marine nationale. En arrêt technique majeur à Toulon depuis août dernier, le bâtiment de commandement et de ravitaillement Var ne devrait pas être de nouveau disponible avant début avril, soit deux mois après la date initialement fixée. En cause, explique-t-on à l’état-major, des travaux plus lourds qu’anticipés sur le renforcement d’une chaise de ligne d’arbres, dont l’examen a mis en évidence des signes de fragilité. « Cela montre que le maintien en condition opérationnelle des bâtiments anciens reste un défi permanent, pouvant nécessiter des efforts supplémentaires aussi bien pour les équipages que pour les services de soutien ou l’industriel », explique un officier.

En cale sèche aux bassins Vauban, le Var devrait être finalement remis à l’eau début mars et, à l’issue d’une campagne d’essais techniques, rallier la flotte le mois suivant. Comme les deux autres bâtiments de ce type, son maintien en condition opérationnelle est assuré par la société finistérienne CNN MCO.

 

BCR ravitaillant deux frégates (© MARINE NATIONALE)

BCR ravitaillant deux frégates (© MARINE NATIONALE)

 

Mis en service en janvier 1983, le Var est le doyen des BCR de la Marine nationale, qui a vu ses capacités logistiques fondre des deux tiers en une quinzaine d’années. Seuls le Var, la Marne (1987) et la Somme (1990) sont encore en activité dans la flotte française après la vente de la Durance à l’Argentine en 1999 et le désarmement de la Meuse fin 2015. A cela s’est ajouté le retrait du service du bâtiment atelier polyvalent Jules Verne en 2010, ainsi que ceux des bâtiments de soutien Rhin, Garonne et Loire en 2002, 2003 et 2009. Autant d’unités qui n’ont pas été remplacées.

La marine française espère compenser cette réduction de format drastique par trois nouveaux navires logistiques très polyvalentes, qui doivent être mis en chantier au début de la prochaine décennie dans le cadre du programme FLOTLOG. En attendant, il faudra sans doute encore accentuer les efforts pour maintenir les trois vieux BCR.

Ceux-ci sont en effet indispensables pour garantir l’autonomie et l’endurance d’une force navale ou d’un groupe aéronaval sur un théâtre d’opération, surtout s’il est lointain. Ils sont en effet chargés de faire le lien entre les bases ou points d’appui logistiques et les unités de combat, auxquelles ils délivrent combustible, carburant aviation, munitions, pièces de rechange et vivres pour les équipages. Sans eux, il faudrait par exemple que le porte-avions, lorsqu’il est au combat, rentre chaque semaine au port pour se ravitailler.

 

BCR ravitaillant le Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

BCR ravitaillant le Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

 

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