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Aspet : Vers un gros  casse-tête pour le port de Nantes Saint-Nazaire?

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Aspet : Vers un gros casse-tête pour le port de Nantes Saint-Nazaire?

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Le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire se retrouve avec ce qui ressemble de plus en plus à un véritable boulet. On se demande bien, effet, ce que va devenir le cargo géorgien Aspet (propriétaire nord-coréen et exploitant turc), immobilisé depuis la fin du mois de juillet à Saint-Nazaire. Victime d'une voie d'eau, le navire, qui effectuait une liaison entre la Grande-Bretagne et la Turquie, a été mis au sec dans la forme 3, au fond du bassin de Penhoët. Depuis, aucune réparation n'a été entreprise par l'armateur. Quant aux membres d'équipage, ils réclament trois mois d'arriérés de salaire et leur rapatriement. A leur demande, le tribunal de commerce de Saint-Nazaire a autorisé, le 10 septembre, la saisie conservatoire de l'Aspet. Le montant de la caution est fixé à 100.000 euros. Reste maintenant à savoir si l'armateur va payer cette somme et, dans le cas contraire, ce qu'il adviendra du cargo, qu'il semble impossible, faute de réparation, de remettre à flot. « C'est déjà un coup de chance qu'il soit parvenu jusqu'à Saint-Nazaire. Il y a des trous dans la coque et il ne flotte plus. En l'état actuel des choses, il est incapable de sortir », affirme un professionnel de la navale.
En attendant les décisions de justice, le port ne souhaite pas s'exprimer sur le sujet. On imagine cependant aisément qu'au GPMNS, on craint de se retrouver à gérer le devenir de l'Aspet. Car, si l'armateur fait par exemple faillite, ou refuse de payer la facture, il faudra bien trouver une solution pour libérer la précieuse forme qu'il occupe. Réparations et/ou démantèlement... L'addition retomberait inévitablement sur l'établissement public.

L'activité de réparation navale perturbée

D'ores-et-déjà, la présence de l'Aspet constitue un beau casse-tête pour le port et les entreprises travaillant sur le secteur de la réparation navale. La forme 3, où le bateau est en attente, doit servir au carénage décennal de l'escorteur d'escadre Maillé Brézé. Transformé en musée à Nantes en 1988, ce dernier doit être remorqué à Saint-Nazaire début octobre. Faute de pouvoir disposer de la forme 3, des solutions alternatives sont à l'étude, mais elles ne sont pas simples. Alors que la forme 2 devrait être occupée le mois prochain par un arrêt technique, la forme 1, beaucoup plus large, se prête mal à l'accueil du Maillé-Brézé. Avec sa coque très effilée, le vieux bâtiment doit, en effet, être accoré, c'est-à-dire soutenu par des rondins de chêne pour être maintenu en équilibre une fois au sec. Outre ce problème, Saint-Nazaire ne semble pas, de plus, en mesure de répondre pendant plusieurs semaines aux éventuelles sollicitations pour des réparations d'urgence de navires. D'habitude, la forme Joubert peut servir de cale sèche pour des réparations. Seulement voila, le sas sud, par lequel les navires accèdent d'ordinaire au bassin de Penhoët (sauf les plus grandes unités) est depuis mardi et jusqu'au 18 octobre en maintenance. Le passage par le sas sud n'étant plus possible, c'est donc la seule forme Joubert qui fait office d'écluse.

Port de Nantes Saint-Nazaire