Marine Marchande
Assurances : Le golfe d'Aden devrait passer en risque de guerre

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Assurances : Le golfe d'Aden devrait passer en risque de guerre

Marine Marchande

Début 2009, le golfe d'Aden devrait être considéré comme zone de guerre par les assureurs maritimes, a-t-on appris auprès de professionnels du secteur. Une telle mesure devrait, logiquement, provoquer une hausse significative des frais d'assurance. Pour l'heure, les polices françaises couvrent, au sein du risque ordinaire (RO) les actes de piraterie, pour peu que ceux-ci soient motivés par l'enrichissement de leurs auteurs et qu'ils soient menés sans motivation politique. S'il y a une motivation politique, l'attaque est rattachée au risque de guerre. Selon les professionnels que nous avons interrogés, la piraterie, quelque soit sa nature, ne serait bientôt plus couverte par les RO mais considérée comme risque de guerre. Ces derniers sont couverts par le fond GAREX, créé en 1980 et dont l'activité est déjà significative. Ainsi, en 2007, les primes brutes de l'exercice de souscription étaient supérieures à 25 millions de dollars, le GAREX étant en risque (que ce soit en assurance directe ou en réassurance) sur plus de 12.000 navires dont plus de 6000 ayant une valeur assurée supérieure à 5 millions de dollars.

Un surcoût estimé à 400 millions de dollars

Pour les armateurs et gestionnaires de navires, une telle mesure signifie une hausse une surprime d'assurance beaucoup plus forte pour les bateaux transitant dans le golfe d'Aden. Ainsi, selon nos informations, pour un tanker de 45.000 tonnes dont la valeur est estimée à une soixantaine de millions de dollars, l'assurance RO est de 220.000 dollars par an. Une prime risque de guerre obligatoire de 20.000 dollars y serait ajouté, ainsi qu'une surprime de 40.000 dollars pour chaque passage dans la zone dangereuse. Route majeure du trafic maritime, notamment pour les liaisons Asie - Europe, le golfe d'Aden voit transiter, chaque année, quelques 20.000 navires marchands. Sans parler des pertes de bateaux et de leurs marchandises, ainsi que des rançons versées par les armateurs, « l'activité accrue des pirates va entrainer une hausse des primes d'assurance de 400 millions de dollars par an », estime un professionnel, selon lequel ce surcoût se répercutera inévitablement sur le coût du transport maritime et, par extension, sur le prix des marchandises transportées.
Il restera également à voir comment seront considérées les autres grands foyers de piraterie, comme le golfe de Guinée, où sévit notamment le mouvement d'émancipation du Delta du Niger.

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