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Atalante : l’EU-NAVFOR passe sous commandement portugais

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Atalante : l’EU-NAVFOR passe sous commandement portugais

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Le commodore portugais Jorge Palma a pris, le 6 avril, le commandement de la force navale européenne (EU-NAVFOR) déployée dans le cadre de la mission Atlante de lutte contre la piraterie au large de la corne d’Afrique. Il succède dans cette fonction au contre-amiral espagnol Pedro Garcia de Parades, qui était à la tête de la force européenne depuis le 6 décembre 2012 et était embarqué avec son état-major sur la frégate Mendez Nuñez. La passation de pouvoir s’est déroulée au cours d’une cérémonie à Djibouti. « La période qui vient sera un challenge pour notre opération. Oui, les chiffres sont bons. Oui, notre action a été efficace. Mais la piraterie demeure. Aujourd’hui, un certain nombre de groupes pirates sont encore actifs, représentant une menace réelle », a rappelé à cette occasion le contre-amiral Eric Dupont, commandant en second de l’opération Atalante depuis le QG de Northwood, au Royaume-Uni. Ces quatre derniers mois, l’EU-NAVFOR a intercepté quatre groupes pirates, deux autres étant parvenus à s’enfuir vers la Somalie. En tout, 29 individus ont été interpellés, 21 d’entre eux ayant pu être remis à la justice après un complexe travail de collecte de preuves réalisé par les marins européens.

 

 

Le Mendez Nuñez assistant un tanker venant d'être libéré par les pirates (© : EU-NAVFOR)

Le Mendez Nuñez assistant un tanker venant d'être libéré par les pirates (© : EU-NAVFOR)

 

 

Ne pas baisser la garde

 

 

L’action de l’EU-NAVFOR et des autres forces navales déployées dans le golfe d’Aden et en océan Indien pour protéger le trafic maritime a, clairement, mis à mal le développement de la piraterie au large de la Somalie, avec une chute significative des détournements. Un résultat obtenu grâce à une importante présence militaire, mais aussi du fait que les navires de commerce et les bateaux de pêche suivent une série de bonnes pratiques qui permettent de déjouer les attaques. La piraterie devant la corne d’Afrique est aujourd’hui contenue. Toutefois, ce phénomène, pour lequel la seule solution durable est le retour d’un Etat de droit en Somalie, peut à tout moment reprendre de la vigueur si les marines militaires baissent la garde. « La mauvaise nouvelle est que les pirates sont toujours là, prêts à se saisir d’une proie pour réclamer une forte rançon pour le bateau et les otages. Ils détiennent toujours 60 marins innocents dans des conditions déplorables. Des pirates bien connus peuvent se déplacer en toute liberté et impunité dans beaucoup d’endroits en Somalie, d’où ils peuvent préparer et lancer leurs assauts. Nous devons donc être sûrs que notre engagement ne souffre d’aucune faiblesse. Cette situation doit aussi être connue du grand public et soulignée auprès de l’industrie maritime afin que les efforts de mise en œuvre des bonnes pratiques se poursuivent. Autrement, si nous ne continuons pas avec la même détermination qu’aujourd’hui, la situation pourrait facilement se retourner », estime l’amiral Garcia de Parades.

 

 

La frégate portugaise Álvares Cabral (© : MARINE PORTUGAISE)

La frégate portugaise Álvares Cabral (© : MARINE PORTUGAISE)

 

 

7 bâtiments engagés actuellement

 

 

L'EU-NAVFOR compte actuellement 7 bâtiments. Alors que la frégate espagnole Mendez Nuñez (type F100) a quitté le dispositif le 6 avril, elle est remplacée dans son rôle de bâtiment amiral par la frégate portugaise Álvares Cabral (type Vasco de Gama), qui embarque le commodore Jorge Palma et son état-major. La flottille européenne compte également la frégate néerlandaise De Ruyter (type LCF), la frégate française Courbet (type La Fayette), la frégate espagnole Numancia (type FFG 7 - Santa Maria), la frégate allemande Augsburg (type 122), le patrouilleur espagnol Rayo (type BAM) et le bâtiment de commandement suédois Carlskona.

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