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Attentat de Karachi : Plainte contre Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux

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Attentat de Karachi : Plainte contre Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux

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L'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a été visé hier par une plainte pour « violation du secret de l'instruction », dans le cadre des enquêtes sur l'attentat de Karachi au Pakistan en 2002 (qui avait provoqué la mort de 15 personnes dont 11 salariés de l'ex-Direction des Constructions Navales travaillant au Pakistan dans le cadre du programme des sous-marins Agosta 90B) et une possible corruption lors de la campagne présidentielle de 1995, peut-être liée.
Cette plainte avec constitution de partie civile a été déposée devant le doyen des juges d'instruction de Paris par maître Olivier Morice, avocat des familles de victimes. Elle vise l'ancien président, son ex-conseiller en communication Franck Louvrier et l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux. Elle concerne un communiqué de l'Elysée publié le 22 septembre 2011 qui se voulait une contre-attaque aux accusations formulées alors contre Nicolas Sarkozy dans la presse. "S'agissant de l'affaire dite de Karachi, le nom du chef de l'Etat n'apparaît dans aucun des éléments du dossier. Il n'a été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier (...). Cela apparaît dans les pièces de la procédure", pouvait-on lire dans ce communiqué. Cette déclaration montre, selon les plaignants, que Nicolas Sarkozy et ses proches ont eu accès à la procédure, ce qui est illégal, puisqu'ils n'y sont pas parties. Cette infraction violerait selon eux le principe d'indépendance de la justice, dont le président de la République est le garant.
L'Elysée avait contesté à l'époque avoir vu le dossier. Cette plainte n'intervient qu'aujourd'hui puisque l'immunité du président de la République, qui a expiré vendredi, avait déjà conduit par le passé au classement d'une plainte similaire. « Il faut maintenant laisser aux juges d'instruction (...) le temps de démêler ce qui a été fait dans le cadre de la fonction de président de la République ou dans la fonction ministérielle pour voir si ces personnes doivent être entendues par la (Cour de justice de la République) ou devant les juges de droit commun », a dit Sandrine Leclerc, l'une des porte-parole des six familles des victimes qui se joignent à cette plainte. La Cour de justice est une juridiction spéciale seule compétente pour traiter des actes ministériels. Elle pourrait être concernée par le cas de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget (1993-1995) au moment des faits.
Les juges d'instruction enquêtent sur un possible détournement de commissions légales convenues en marge de la vente de sous-marins au Pakistan (84 millions d'euros) et de frégates à l'Arabie saoudite (200 millions d'euros) dans les années 1990. L'attentat à Karachi pourrait y être lié. Plusieurs proches de Nicolas Sarkozy sont déjà mis en examen. Le nom de l'ancien chef de l'Etat figure au dossier, car il aurait approuvé la création de structures off-shore au Luxembourg liées à l'affaire, ce qu'il nie. Une audition, voire des poursuites, sont possibles.