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Au tour du Chevalier Paul d’être modernisé

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Au tour du Chevalier Paul d’être modernisé

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Après son aîné le Forbin, la frégate de défense aérienne Chevalier Paul entre à son tour en arrêt technique majeur afin, notamment, d’être modernisée. Le bâtiment a, dans cette perspective, rejoint les bassins Vauban, à Toulon, où il va passer en cale sèche.

Prévu pour durer une dizaine de mois, cet ATM, le plus important depuis la mise en service de la FDA en 2011, sera similaire à celui dont a bénéficié l’an dernier le Forbin, opérationnel depuis 2010.

 

Le Chevalier Paul aux bassins Vauban le 2 février (

Le Chevalier Paul aux bassins Vauban le 2 février (©  MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le Forbin reprenant la mer en décembre après son arrêt technique (

Le Forbin reprenant la mer en décembre après son arrêt technique (©  JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Conduits par Naval Group, les travaux, en plus du traditionnel carénage, portent sur une remise à niveau complète des équipements, notamment l’appareil propulsif, le système de combat et l’électronique. Le radar de veille lointaine S-1850M sera pour la première fois débarqué pour bénéficier d’une grande maintenance chez Thales aux Pays-Bas. Les radars de navigation seront quant à eux remplacés.

Côté armement, l’autodéfense à courte portée sera sérieusement améliorée, avec l’installation de trois canons télé-opérés de 20mm Narwhal, qui succèdent aux affûts manuels dont disposaient les FDA depuis leurs débuts.

Ce chantier permettra aux deux bâtiments de la Marine nationale, issus du programme franco-italien Horizon, de poursuivre leurs opérations jusqu’à leur rénovation à mi-vie (RMV). Celle-ci est à ce stade prévue vers 2027 mais elle pourrait être avancée afin de coïncider, en termes de calendrier, avec celle des deux frégates italiennes du même type, les Andrea Doria et Caio Duilio.

 

Les quatre frégates franco-italiennes du type Horizon (

Les quatre frégates franco-italiennes du type Horizon (©  MARINE NATIONALE)

 

En attendant la rénovation à mi-vie

Entérinée par l’actuelle loi de programmation militaire, la refonte des FDA françaises doit être notifiée en 2025 mais pourrait être avancée à l’occasion de l’étape de « revoyure » qui verra le ministère des Armées faire en 2021 un point sur la LPM et si besoin ajuster certains programmes.

Le projet de RMV porte sur la rénovation du système de combat et l’ajout de capacités de défense anti-missile balistique (DAMB). Pour cela, vont être conduites des études d’intégration sur ces frégates de missiles Aster 30 Block 1 NT, nouvelle arme adoptée par l’armée de l’Air pour le SAMP-T NG (commande des Aster 30 B1NT à compter de 2022) et que les Italiens veulent aussi mettre en œuvre sur leurs Horizon.

Sea Fire ou Grand Kronos ?

L’idée est donc de rapprocher les calendriers dans les deux pays afin de conduire la RMV des quatre bateaux via un nouveau programme en coopération. Une idée naturelle, puisque ces bâtiments sont des produits franco-italiens très proches en termes de design et d’équipements. Il y a toutefois un gros point bloquant au sujet des radars. Si l’adaptation du S-1850M de Thales (Pays-Bas) aux missions de DAMB ne semble pas poser de problème, il n’en va pas de même pour ce qui est du remplacement de l’actuel radar de poursuite des Horizon, qui disposent depuis leurs débuts d’un EMPAR italien. Alors que l’Italie compte logiquement opter pour son successeur, le Grand Kronos de Leonardo, la France a plusieurs solutions sur la table. Outre celle-ci, la principale est évidemment une adaptation du nouveau Sea Fire développé dans l'Hexagone par Thales et qui va équiper les cinq futures frégates de défense et d’intervention (FDI, ex-FTI). Une option qui serait cohérente pour homogénéiser les moyens de la Marine nationale et, dans le même temps, soutenir le lancement du premier radar plaques français.

Les plus grandes frégates françaises

Chargées notamment de la protection du porte-avions Charles de Gaulle lors de ses déploiements, les Forbin et Chevalier Paul sont les plus grosses frégates de la flotte française. Spécialisés dans la défense aérienne, mais comptant également des moyens de lutte antinavire et ASM, ces bâtiments de 152.9 mètres de long pour 20.3 mètres de large affichent un déplacement de plus de 7000 tonnes en charge. Ils peuvent mettre en œuvre 32 missiles surface-air Aster 30, 16 missiles Aster 15, 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3, deux tourelles de 76mm, des torpilles MU90 et un hélicoptère NH90. Une réserve de place sur la plage avant permettrait, le cas échéant, d’intégrer des lanceurs verticaux pour 16 Aster supplémentaires, ou éventuellement des missiles de croisière navals (MdCN).

 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)