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AUSS : Quand Thales entreprend de révolutionner les drones sous-marins

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AUSS : Quand Thales entreprend de révolutionner les drones sous-marins

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Surveillance, renseignement, contre-terrorisme, guerre des mines, lutte ASM, monitoring de champs offshore, recherche d’épaves… Qu’il s’agisse d’applications militaires ou civiles, le groupe français, via sa branche dédiée aux systèmes de lutte sous la mer, Thales Underwater Systems, frappe un grand coup avec un tout nouveau drone hybride capable de naviguer en mode sous-marin mais aussi au-dessus de la surface. Une innovation, ou plutôt un concentré d’innovations puisque l’engin en intègre une dizaine, provenant de Thales et de 19 PME françaises associées à ce projet, mené dans le plus grand secret pendant plus de trois ans.

S’affranchir des contraintes des AUV

Pour désigner ce drone qui n’a pas d’équivalent, le terme d’Autonomous Underwater and Surface System a été inventé. Avec l’AUSS, Thales a voulu corriger les défauts, ou du moins les limitations, des AUV (Autonomous Underwater Vehicle, ndlr) actuels. « Depuis 10 ans, nous avons beaucoup travaillé dans le domaine des drones spécialisés dans la guerre des mines. Nous souhaitions développer un engin capable de remplir des missions très variées et, pour cela, il fallait aller plus loin que ce qui se fait. Aujourd’hui, les AUV ont des limitations assez contraignantes. Ils n’ont par exemple pas de capacité à s’arrêter, doivent contourner les obstacles sur leur lancée et se reposer sur le filet d’eau pour maîtriser leur altitude sous la surface. Il leur faut une vitesse relative pour planer dans l’eau grâce à leurs ailerons. En somme, ils manquent d’agilité, sans oublier la problématique de la stabilité en surface. Pour réaliser des missions ISR (intelligence, surveillance et reconnaissance, ndlr) par exemple, il faut des drones très lourds pour sortir un mât, des choses d’au moins 5 tonnes », explique Jean-François Ghignoni, directeur Marketing et Stratégie des Systèmes de lutte sous la mer de Thales. 

 

L'AUSS (© : THALES)

L'AUSS (© : THALES)

 

Le domaine clé de l’ISR

Le domaine de l’ISR fut précisément la base du développement de l’AUSS. Car, si dans le domaine de la guerre des mines par exemple, le profil d’emploi des AUV rend ces engins performants, les capacités sont bien plus discutables lorsqu’il s’agit de faire venir les drones en surface afin de remplir leurs missions de surveillance et de renseignement. Car la flottaison des engins est complexe et leur stabilité relative selon les états de mer. Or, le marché des drones dédiés à l’ISR est en plein développement, qu’il s’agisse d’engins mis en œuvre depuis la terre ou déployés via des bateaux-mères, aujourd’hui des bâtiments de surface et, demain, des sous-marins. Ces derniers, grâce à l’emploi de drones sous-marins, pourront en effet enrichir significativement la tenue de situation tactique et leurs capacités de surveillance, tout en restant discret ce qui, par la même, évitera une mise en danger par une présence du sous-marin dans des zones à risque.

Léger, stable et d’une agilité sans équivalent

Dans cette perspective, il fallait donc imaginer un drone léger (de 500 kg à 1 tonne selon la charge utile) et très agile dans sa navigation, capable de réaliser des manœuvres précises dans un espace réduit et de déployer un mât comprenant différents senseurs (radar, système électro-optique, intercepteurs de communications ou d’émissions électromagnétiques, système de communication radio ou satellite…). Un drone offrant une réelle stabilité, même lorsque la mer est mauvaise, mais aussi une grande endurance et  une capacité de réaction face à la menace. « L’objectif était de rassembler tout

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