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Australie, Pakistan, Bulgarie : DCN espère décrocher deux contrats sur trois

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Australie, Pakistan, Bulgarie : DCN espère décrocher deux contrats sur trois

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Lors de la présentation des résultats de l'entreprise, vendredi dernier, Jean-Marie Poimboeuf, président de DCN, a indiqué que son groupe comptait remporter au moins deux des trois contrats actuellement en cours de négociation. En Australie, DCN, allié à ADI (filiale de Thales) est en compétition avec Navantia pour la construction de deux porte-hélicoptères d'assaut (1 milliard de dollars). Le Français propose une version agrandie du bâtiment de projection et de commandement Mistral, avec un déplacement porté à 27.000 tonnes. En face, l'Espagne aligne son Buque de Proyección Estratégica (BPE), dont le premier exemplaire, le Juan Carlos I, est en cours de construction pour l'Armada. Après la remise des offres commerciales fin 2006, l'Australie doit choisir le lauréat cette année.
Au Pakistan, DCN livre une farouche bataille avec l'Allemand TKMS en vue de moderniser la flotte sous-marine du pays avec des bâtiments du type Scorpène ou Marlin. Islamabad souhaite acquérir quatre nouveaux sous-marins pour remplacer les Daphné, aujourd'hui désarmés. Menant actuellement pour ce pays le programme Agosta 90B, DCN semble avoir des cartes à jouer, d'autant que le troisième sous-marin de la série, premier à être équipé du système de propulsion anaérobie MESMA, débutera ses essais mer cette année. La pression commerciale allemande reste néanmoins très forte.
Enfin, le groupe français espère une bonne nouvelle du côté de la Bulgarie. Le pays pourrait acheter quatre corvettes du type Gowind, auxquelles s'ajouteraient éventuellement deux unités pour la Géorgie. La commande de ces bâtiments, si elle se concrétise, se fera néanmoins en échange d'un partenariat industriel. A cette occasion, DCN pourrait sous-traiter aux chantiers bulgares la réalisation de tronçons destinés aux frégates multi-missions (FREMM).

Moyen-Orient, Amérique du sud et continent africain

Pendant que l'ex-Direction des Construction Navale concentre l'attention sur ces trois gros programmes, évoqués depuis déjà un moment, ses commerciaux s'activent dans d'autres régions du monde. Paris regarde notamment vers le Moyen-Orient, où l'industrie navale tricolore (hors CMN) n'a pas vendu de navires depuis le contrat Sawari II. Ce programme, datant de 1989, avait vu la commande par l'Arabie Saoudite de trois frégates dérivées des La Fayette en 1994 et 1997. DCN tente de revenir sur le marché du riche royaume, qui projette de construire une ou deux nouvelles séries de bâtiments de surface. A côté du Combat Littoral Ship (LCS) de l'Américain Lockheed Martin, les Français ont notamment proposé, l'an dernier, des corvettes Fastwind (dérivées des Gowind, mais en plus rapide). Dans la région, certains pays se montreraient également intéressés par l'acquisition de sous-marins. Avec son submersible de poche, le SMX 23, DCN veut convaincre les marines dépourvues de cette arme de se lancer sur ce type de produit. L'argument commercial peut porter : Le SMX 23 est simple, robuste, bien armé, deux fois moins cher qu'un bâtiment classique et surtout beaucoup plus facile d'utilisation pour des néophytes. Sur le marché des sous-marins, d'autres pistes sont également explorées. Après le veto de l'Elysée sur la vente de Scorpène au Venezuela, DCN a retiré son offre. Or, fin 2006, on apprenait que Navantia, qui réalise le sous-marin en coopération avec DCN, était toujours en course. Ce contrat énorme de 9 sous-marins et plusieurs milliards de dollars, aurait d'importantes retombées économiques et sociales s'il se concrétisait. Dans la même région, le Brésil a également émis le souhait de remplacer sa flotte sous-marine. Très récemment, le nouveau chef d'Etat major de la marine indiquait, toutefois, qu'il souhaitait, en parallèle de la commande, une aide européenne pour réaliser le premier sous-marin nucléaire d'attaque brésilien. Par rapport à ses concurrents, seul le français maîtrise cette compétence. Enfin, d'autres pistes seraient explorées, notamment en Afrique du nord sur le marché des navires de surface. DCN fonde également de grands espoirs du côté des BPC, dont il existe deux petites versions export de 14.000 et 17.000 tonnes. La prospection continue enfin en Asie, où le groupe a installé une filiale fin 2005. Créée pour soutenir la marine singapourienne (programme Formidable), DCN Services Far East Pte Ltd doit aussi servir de base avancée sur le marché asiatique.

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